La Bijouterie du Spectacle est une société culturelle qui prolonge l’histoire de l’association La Biographie du Spectacle et de sa publication La Lettre des Comédiens dont les activités ont pris fin en 2000. Elle est chargée de la conservation d’une des plus importantes collections privées de bijoux de scène et de cinéma. Elle s’est fixée également d’autres missions : étudier l’histoire des bijoux, notamment ceux de théâtre, accroître et restaurer ses collections, organiser des expositions. Elle gère en outre un ensemble de bijoux disponibles à la location.

mercredi 20 juin 2007

Bijoux et costumes de l'époque Romantique



Les 7 et 14 juin, France 3 a diffusé Dombais & fils une fiction réalisée par Laurent Jaoui et adaptée d'un roman de Charles Dickens écrit en 1848. Tournés durant l'été 2006, à Meudon, Senlis et en Normandie, les deux épisodes de cette série ont permis aux spectateurs de se plonger dans l'histoire familiale d'un grand négociant français de l'époque de Louis-Philippe. Admirable travail de reconstitution salué par la critique unanime. Evidemment, c'est aux costumes et à leurs accessoires que nous nous sommes le plus intéressés. C'est à la chef costumière Anne Brault que Laurent Jaoui – qui avait déjà travaillé avec elle sur plusieurs autres téléfilms – a confié le soin d'habiller acteurs et figurants. Une partie des vêtements de Dombais & fils a été fabriquée, sur ses indications, aux Ateliers du Costume, à Paris. Le reste a été loué chez Tirelli, à Rome, et Sands Films, à Londres. Les bijoux (loués ou fabriqués tout spécialement par Madame Bijoux, à Paris) ont été particulièrement bien choisis. Dans la seconde partie, la nouvelle épouse de Monsieur Dombais (Déborah François) est sentimentalement attachée à un collier de jeunesse : une hirondelle tenant dans son bec une perle. On la voit aussi s'insurger contre son époux (Christophe Malavoy) et manifester son indépendance en jetant sur la table tous les éléments de sa parure (sa bague, deux bracelets, ses boucles d'oreilles, et la barrette de sa coiffure). Au sommet de sa colère elle arrache même son collier de trois rangs de perles.

Ce n'est pas la première fois qu'Anne Brault reconstitue un ensemble de vêtements des années 1830 pour le grand écran. On lui doit aussi les très beaux costumes du film Il ne faut jurer de rien, d'Eric Civanyan (2004). Nous avions remarqué, à l'époque, l'amusante épingle de cravate, en forme de ciseaux, qu'elle avait fait fabriquer pour Gérard Jugnot (qui interprétait un maître tailleur parvenu à s'élever dans la haute société). Anne Brault a débuté sa carrière, en Italie, comme assistante de Gabriella Pescucci (Oscar du meilleur costume pour Le temps de l'innocence de Martin Scorsese). De retour en France, elle a poursuivi ses activités de costumière aux côtés d'Yvonne Sassinot de Nesle (théâtre et opéra) puis en travaillant avec différents metteurs en scène. En 2003, elle a été sélectionnée aux Molières pour les costumes de la pièce Etat critique (déjà avec Gérard Jugnot) mise en scène par Eric Civanyan.