La Bijouterie du Spectacle est une société culturelle qui prolonge l’histoire de l’association La Biographie du Spectacle et de sa publication La Lettre des Comédiens dont les activités ont pris fin en 2000. Elle est chargée de la conservation d’une des plus importantes collections privées de bijoux de scène et de cinéma. Elle s’est fixée également d’autres missions : étudier l’histoire des bijoux, notamment ceux de théâtre, accroître et restaurer ses collections, organiser des expositions. Elle gère en outre un ensemble de bijoux disponibles à la location.

lundi 21 avril 2008

Les joyaux de la Couronne de Bohême


Les joyaux de la Couronne de Bohême sont exposés du 19 au 29 avril dans la salle Vladislas du Château de Prague. Un événement, car cela n’arrive que dans des occasions extraordinaires. Cette année, ce sont les 90 ans écoulés depuis la fondation de la Tchécoslovaquie et la réélection du président de la République, Vaclav Klaus.

Cela faisait cinq ans qu’ils étaient cachés dans l’ombre du coffre-fort de la Chambre de la couronne de la chapelle Saint-Venceslas, à la cathédrale Saint-Guy. Il n’en sortent vraiment pas souvent : neuf fois au cours du XXe siècle et deux fois depuis le début de ce siècle. Charles IV, roi de Bohême et empereur du Saint Empire romain au XIVe siècle qui a commandé les joyaux de la Couronne de Bohême pour son couronnement et fait construire le château de Karlstejn pour les abriter, avait émis le vœu qu’ils ne soient exposés que dans les grandes occasions.
Retour sur l’histoire de ces joyaux avec l’historien et directeur du bureau du tourisme de l’administration du Château de Prague, Frantisek Kadlec :
« L’objet le plus important est la couronne. Elle est très ancienne et a été fabriquée avant 1347, probablement en 1346. La pomme impériale et le sceptre sont plus récents. Les originaux que Charles IV tenait dans les mains sont aujourd’hui au château de Hoffburg à Vienne. Au XVIe siècle, Ferdinand 1er commanda une nouvelle pomme et un nouveau sceptre. Le manteau de couronnement est des plus précieux. Il a été commandé par Ferdinand IV pour son couronnement en 1653. L’épée de couronnement est l’objet le plus ancien de la collection. Elle est appelée épée Saint-Venceslas. »

Sortir les joyaux de la Couronne de Bohême de leur cachette bien gardée n’est pas si simple que cela, comme l’explique Petr Chotebor, employé au service de la protection des monuments historiques du Château de Prague qui a participé, vendredi, à l’ouverture de la Chambre du couronnement et de son coffre-fort :

« C’est un lieu fermé au commun des mortels qui ne peut être ouvert, tout comme le coffre-fort, que par sept clés différentes. Les dignitaires qui en ont la garde sont le président de la République, le chef du gouvernement, le président du Sénat, le président de la Chambre des députés, l’archevêque de Prague, le prévôt du chapitre métropolitain et le maire de Prague. »

Les joyaux de la Couronne de Bohême sont comme tous les trésors entourés de légendes. L’une d’elle dit que quiconque usurpera le droit de poser la couronne sur sa tête mourra dans l’année d’après. On raconte que le protecteur du Reich allemand en Bohême Moravie, Reinhard Heydrich, posa la couronne sur sa tête un soir de novembre 1941. Le 4 juin 1942, il décédait des suites d’un attentat réalisé par la Résistance tchèque.

Aucun commentaire: