La Bijouterie du Spectacle est une société culturelle qui prolonge l’histoire de l’association La Biographie du Spectacle et de sa publication La Lettre des Comédiens dont les activités ont pris fin en 2000. Elle est chargée de la conservation d’une des plus importantes collections privées de bijoux de scène et de cinéma. Elle s’est fixée également d’autres missions : étudier l’histoire des bijoux, notamment ceux de théâtre, accroître et restaurer ses collections, organiser des expositions. Elle gère en outre un ensemble de bijoux disponibles à la location.

jeudi 31 juillet 2008

Deux blogs consacrés aux costumes du XVIe siècle

La période estivale permet de flâner davantage sur le net, toujours à la recherche d’informations nouvelles sur l’histoire du costume et des bijoux. C’est ainsi que nous venons de découvrir les deux blogs d’Andelot.
Le premier est consacré aux Derniers Valois http://derniersvalois.canalblog.com/. Il s’agit d’un recensement explicatif des portraits de cette famille royale dans la seconde moitié du XVIe siècle. Remarquablement illustré et documenté il constitue une somme incontournable sur ce sujet.

Le second blog, intitulé Le costume historique http://lecostume.canalblog.com/ s’intéresse aux vêtements sous l’ancien régime en France et en Europe. Du même niveau de qualité que le précédent et doté, lui aussi, d’une abondante iconographie, ce site explique l’évolution de pièces d’habillements tels que le col, la fraise ou le haut-de-chausse, principalement au XVIe siècle. Deux excellentes bases pour toutes les costumières qui auront à travailler sur cette époque.
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Henri III (Musée Condé, Chantilly)

vendredi 11 juillet 2008

La reine Elizabeth 1ère au cinéma

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Pour en revenir à l’article que nous avons publié le 8 juillet, outre l’australienne Cate Blanchett qui a interprété le rôle d’Elizabeth dans les deux films de Shekar Kapur : Elizabeth (1998) et Elizabeth : l’âge d’or (2002), nombreuses sont les comédiennes qui ont eu le redoutable privilège d’incarner cette célèbre souveraine à l’écran.
D’une façon assez inattendue, la première est une française, en l’occurrence la grande tragédienne Sarah Bernhardt, à qui Henri Desfontaines et Louis Mercanton confièrent ce rôle dans un film muet intitulé Les amours de la Reine Elisabeth (1912). Un an plus tard, Violet Hopson coiffe la couronne dans Drake’s love story de Hay Plumb. Puis Aimée Martinek, dans The Life of Shakespeare de Franck R. Growcott (1914). En 1923, Elizabeth apparaît dans deux films : sous les traits de Ellen Compton dans The Loves of Mary, Queen of Scots de Denison Clift et sous ceux de Diana Maners dans The Virgin Queen de J. Stuart Blackton. En 1936, c’est Athene Seyler qui reprend ce rôle dans Drake of England de Arthur B. Woods et, l’année suivante, Florence Eldridge dans Mary of Scotland de John Ford. Retour en France, en 1937, où Yvette Pienne endosse – entre autres – les habits de la reine dans Les perles de la couronne de Sacha Guitry.
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Bette Davis
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En poursuivant ce recensement (non exhaustif) on trouve aussi Jean Simmons dans Young Bess de George Sidney (1953) (sorti en France sous le nom de La Reine vierge), Irene Worth dans Seven Seas to Calais (1962), ou Judith Anderson dans la série américaine Elizabeth The Queen (1968). Enfin, plus récemment, n’oublions pas les prestations de Judi Dench dans Shakespeare in Love de John Madden (1998) et d’Anne-Marie Duff dans The Virgin Queen un feuilleton télévisé de Coky Giedroyc (2005).
Glenda Jackson dans Elizabeth R
Pour compléter cette liste, signalons que Cate Blanchett n’est pas la seule à avoir prêté son visage, au moins à deux reprises, à la reine vierge. Il y a d’abord eu l’inoubliable Bette Davis qui composa une étonnante Elizabeth dans The Private lives of Elizabeth and Essex de Michael Curtiz, en 1939, puis dans The Virgin Queen de Henry Koster, en 1955. Ensuite, l’inquiétante Flora Robson dans Fire Over England de William K. Howard, en 1937, et dans The Sea Hawk de Michael Curtiz, en 1940 (sorti en France en 1947 sous le nom de l’Aigle des mers). Puis Glenda Jackson, en 1971, dans le film Mary, Queen of Scots de Charles Jarrott et dans une série très remarquée de la BBC Elizabeth R, où elle se métamorphose aux différents âges de la reine d’une manière surprenante. L’une des meilleures compositions à nos yeux et dont nous gardons encore aujourd’hui un agréable souvenir.


L'une des robes portées par Glenda Jackson dans Elizabeth R
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Mention particulière à Helen Mirren qui, après joué dans Elizabeth I, un téléfilm en deux parties de Tom Hooper (2005), s’est glissé avec la même facilité dans le rôle d’Elizabeth II pour The Queen de Stephen Frears (2006). Double performance recompensée successivement par un Emmy Award et un Oscar.

Helen Mirren dans Elizabeth I

jeudi 10 juillet 2008

Les trésors de la famille d’Orléans aux enchères

Christie’s vient d’annoncer qu’il va mettre en vente, le 14 octobre prochain, près de six-cents lots d’objets ayant appartenu au comte et à la comtesse de Paris. L’ensemble, provenant de l’appartement que le couple habitait rue de Miromesnil, à Paris, est estimé entre 600.000 et un million d’euros.
Parmi ces souvenirs, un portefeuille brodé par Marie-Antoinette lors de sa captivité au Temple et donné par la reine elle-même à Madame de Tourzel, gouvernante du dauphin; une boîte ornée d’une miniature représentant le jeune Louis XVII (un des rares portraits connus de l'enfant en captivité - daté du 24 décembre 1794 - et provenant de sa sœur Madame Royale); une mèche de cheveux de Louis XVI ou les alliances de mariage de Philippe Égalité, duc d'Orléans, et de Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre. Parmi les bijoux, quatre bracelets romantiques, ornés de miniatures, de la collection de Marie-Amélie des Deux-Siciles, dernière reine des Français, des broches, des boîtes en or. Mais aussi de l’argenterie, une soixantaine de sceaux en or, ivoire ou pierre dure aux armes des Orléans, ainsi que des objets plus personnels, comme le rasoir du roi Louis-Philippe (estimé entre 150 à 200 €), la paire de gants de la reine Amélie du Portugal, en passant par la plume avec laquelle le roi Louis-Philippe signa l'acte d'abdication du 24 février 1848.
L'exposition de toutes ces pièces aura lieu du 10 au 13 octobre, à Paris.

mardi 8 juillet 2008

Les costumes d’Elizabeth 1ère, reine d’Angleterre

Le film Elizabeth : l’âge d’Or, sorti sur les écrans en décembre 2007, est à présent disponible en DVD.
C’est l’occasion de voir, ou de revoir, cette deuxième partie de la saga que le réalisateur Shekhar Kapur a consacrée à la grande reine. Le premier volet, paru en 1998, évoquait la jeunesse de la souveraine. Cette fois, nous sommes en 1585 et Elizabeth règne sur l’Angleterre depuis près de trente ans. Cate Blanchett incarne à nouveau, avec majesté et talent, la reine; même si elle avoue avoir longtemps hésité à reprendre le rôle.
Les costumes ont évidemment une grande place dans cette superbe réalisation. Ils sont l’œuvre d’Alexandra Byrne (née en 1962) qui s’est déjà illustrée dans le premier Elizabeth (1998) ou d’autres films historiques comme Hamlet (1997) et Le fantôme de l’Opéra (2005). Cette fois ci, sa prestation – très remarquée – lui a valu l’Oscar des meilleurs costumes, en février 2008. La costumière avoue avoir voulu créer des vêtements qui impressionnent le public, comme c’était sans doute le cas au temps d’Elizabeth, dont les tableaux d’époque nous rapportent les tenues étonnantes. En fait, plutôt que d’essayer d’approcher la vérité historique, la créatrice a surtout cherché à restituer l’esprit de la souveraine, autant dans sa vie privée que publique. N’hésitant pas, au besoin, à prendre certaines libertés pour les rendre plus confortables et d’un accès plus facile. A cette occasion, sa principale source d’inspiration fut le styliste espagnol Christobal Balenciaga, lequel, dans les années cinquante, élaborait ses créations à partir de tableaux contemporains du règne d’Elizabeth. Quant aux bijoux, ils sont en harmonie avec les costumes. Plus proches du cinéma de bollywood que de ceux portés au XVIe siècle. Qu’importe qu’Alexandra Byrne ait préféré l’imagination à l’authenticité, ce n’est pas le but du film. On peut tout pardonner quand ce genre de cinéma nous fait rêver.
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