La Bijouterie du Spectacle est une société culturelle qui prolonge l’histoire de l’association La Biographie du Spectacle et de sa publication La Lettre des Comédiens dont les activités ont pris fin en 2000. Elle est chargée de la conservation d’une des plus importantes collections privées de bijoux de scène et de cinéma. Elle s’est fixée également d’autres missions : étudier l’histoire des bijoux, notamment ceux de théâtre, accroître et restaurer ses collections, organiser des expositions. Elle gère en outre un ensemble de bijoux disponibles à la location.

samedi 10 mars 2012

Dessins de costumes aux enchères


Projets de costumes pour un opéra (lot n°286)
Cinq gouaches sur carton de Charles Betout
 22 x 30 cm. Estimation : 200/300 € Non adjugé



Vendredi 16 mars, à Drouot-Richelieu (Salle 2, 14h00), la maison de ventes aux enchères Million va procéder à la dispersion de la collection du décorateur Guillaume Monin (1908-1978).
Outre des livres, autographes, photographies, objets de curiosité, dont quelques costumes de ballets et d’opéra, de nombreuses gouaches de décors et de costumes, d’origines très diverses, seront proposées aux acheteurs. En voici quelques unes.

Département Arts et Spectacles
Gwenola de Cremiers
19, rue de la Grande Batelière 75009 Paris
Tél. : +33 1 48 00 99 44 - Port. : +33 6 34 27 58 96
gdecremiers@millon-associes.com


Costume de Peter Ustinov pour le film Lola Montés de Max Ophüls (lot n°276)
Gouache sur papier de Georges Annenkoff
Signée en bas à droite, 26 x 45 cm. Estimation : 400/600 € Adjugé 1300 €




Costume d’Anne Roussel pour la série télé Princesse Alexandra (lot n°290)
Gouache sur papier de Claude Catulle, avec échantillonnage et photographie jointe
Signée en bas à droite, 22 x 38 cm. Estimation : 150/200 €
Non adjugé
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Costume pour le film Le secret du chevalier d'Eon (lot n°295)
Gouache sur papier de Rosine Delamare
Signée en bas à droite, 30 x 50 cm. Estimation : 150/200 €
Non adjugé


Costume de Viviane Romance pour le film Le collier de la Reine de Marcel Lherbier (lot n°277)
Gouache sur papier de Georges Annenkoff
Signée en bas à droite, 35 x 50 cm. Estimation : 800/1200 € Adjugé 2000 €


Costume pour la série télé La chambre des dames (lot n°289)
Gouache sur papier de Claude Catulle, avec échantillonnage
Signée en bas à droite, 32 x 47 cm. Estimation : 150/200 €
Non adjugé


Projets de costumes pour un film, datés de 1919 (lot n°283)
Trois gouaches sur carton de GK Benda
Signées, 22 x 29 cm. Estimation : 120/150 €
Non adjugé


Retrouvez l'ensemble de la vente en images sur : www.millon-associes.com


mercredi 29 février 2012

Le « Beau Sancy » va être vendu aux enchères

Crédits photo : Jasper ''Yogi'' Gough/Sotheby's


   Le 15 mai prochain, la maison Sotheby’s va mettre aux enchères, à Genève, le Beau Sancy, un prestigieux diamant ayant appartenu à plusieurs maisons souveraines d’Europe.

   Son histoire débute à la fin du XVIème siècle, époque où il fut acheté à Constantinople par Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy, brillant ambassadeur français, grand financier et homme de guerre, mais aussi fin connaisseur et collectionneur de gemmes. D’où provenait ce diamant ? Probablement des mines de Golconde, en Inde, région d’où sont également issus d’autres pierres célèbres, tels le Hope ou le Régent. Il fut baptisé le Beau Sancy, en référence à son premier propriétaire, ou encore le Petit Sancy pour le distinguer du Grand Sancy, autre pierre magnifique acquise par ce même diplomate.

   Après l’avoir laissé en gage en Suisse, de 1589 à 1595, pour financer les troupes royales, Nicolas de Harlay tenta ensuite de le vendre au duc de Mantoue puis au roi d’Angleterre, moyennant 35.000 écus. En vain. Ce fut finalement Marie de Médicis, l’épouse d’Henri IV, qui l’acheta en 1604, pour 25.000 écus, prix bien inférieur à sa valeur réelle. La reine le conserva parmi ses joyaux personnels et l’utilisa, notamment, pour orner le sommet de sa couronne le jour de son sacre, le 13 mai 1610. Elle emporta la pierre lorsqu’elle quitta furtivement la France, en 1631, pour se réfugier à Bruxelles. Au terme d’une dizaine d’années d’exil elle mourut à Cologne, le 3 juillet 1642, criblée de dettes et dans le plus grand dénuement. Cependant elle avait gardé le Beau Sancy. Lorsqu’on vendit ses biens pour rembourser ses créanciers, la pierre fut alors achetée par le prince Frédéric-Henri d’Orange pour 80.000 florins.

   En novembre 1677, Guillaume III d’Orange-Nassau, qui avait hérité du diamant, l’offrit en cadeau de mariage à son épouse, Marie Stuart. Le couple monta sur le trône d’Angleterre et s’éteignit sans descendance. Le Beau Sancy passa alors par héritage à Frédéric III, prince électeur de Brandebourg qui, à partir de 1701, devint roi de Prusse sous le nom de Frédéric 1er. Dès lors, il fut conservé parmi les joyaux de cet Etat. Frédéric le Grand, qui l’avait trouvé fixé sur la couronne royale, l’utilisa par la suite comme principal ornement d’une broche de diamants. Son neveu et successeur Frédéric-Guillaume II, pour sa part, préféra l’utiliser comme pendentif d’un collier constitué de vingt-deux diamants taillés en roses. Au début du XXe siècle, on retrouve la pierre montée sur un autre collier, formé de vingt-deux brillants; enfin, dans les dernières décennies, on fera le choix d’une simple monture pour ne la porter qu’en pendentif isolé. Jusqu’à ce jour, elle est restée la propriété de la maison de Hohenzollern, princes de Prusse.

   Magnifique diamant blanc de 34,98 carats, taillé en poire-pendeloque en double rose, le Beau Sancy mesure 22,4 mm de hauteur, 19,5 mm de largeur et 11,1 mm d’épaisseur. Sa partie centrale présente la forme d’une étoile de huit facettes en forme de losanges. Au cours des cinquante dernières années, il n'a été présenté au public que quatre fois : en 1972, à Helsinki, aux côtés du Grand Sancy; en 1985, à Hambourg; en 2001, une nouvelle fois avec le Grand Sancy, au Musée national d'histoire naturelle de Paris et enfin, en 2004, à Munich. Avant d’être proposé aux enchères il va être exposé dans plusieurs capitales, notamment chez Sotheby’s, à Paris, les 24 et 25 avril prochains. Il est estimé entre deux et quatre millions de dollars.

Bibliographie : Bernard Morel, Les joyaux de la couronne de France, Albin Michel, 1988, p.137


samedi 7 janvier 2012

Les adieux à la reine


Les adieux à la reine, le nouveau film de Benoît Jacquot, sortira en France le 21 mars prochain. Auparavant, le 9 février, il sera projeté lors de l’ouverture du Festival de Berlin. Adapté du roman historique de Chantal Thomas, ce long métrage se situe à Versailles, autour du 14 juillet 1789, dans les premiers jours de la révolution française. En ces heures où tout va basculer, la cour est encore isolée du reste de la France, éloignée du tumulte qui bientôt va la submerger. La narratrice de ces événements est Sidonie Laborde (interprétée par Léa Seydoux), lectrice adjointe de la reine. Mais le personnage emblématique de cette histoire est bien entendu Marie-Antoinette elle-même, jouée par Diane Kruger. On retrouvera aussi Virginie Ledoyen (Madame de Polignac), Noémie Lvovsky (Madame Campan) et, dans le rôle d’un Louis XVI bedonnant et caricatural, le réalisateur Xavier Beauvois.
Produit par GMT Productions et doté d’un budget d’environ 7 millions d’euros, le film a été tourné entre le 23 mai et le 11 juillet 2011, en grande partie au château de Versailles et à Chantilly.
Les premières images de Les adieux à la reine ont commencé à circuler sur le net. Occasion d’avoir un aperçu du travail de Christian Gasc, le créateur des costumes. Fidèle à Benoît Jacquot, avec qui il travaille depuis plusieurs années (Au fond des bois, au cinéma, Les faux monnayeurs, Gaspard le bandit, à la télévision, Werther, à l’Opéra-Bastille), le costumier aux trois Césars est un fin connaisseur du XVIIIème siècle. En dépit d’une interprétation souvent très personnelle de la mode de l’époque, de quelques erreurs historiques (coiffures, robes), et d’un certain parti-pris dans le choix des couleurs, on ne peut que saluer, une fois de plus, la qualité de son travail. La sobriété des bijoux est un choix judicieux par rapport à ce qui nous a souvent été donné de voir.
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