La Bijouterie du Spectacle est une société culturelle qui prolonge l’histoire de l’association La Biographie du Spectacle et de sa publication La Lettre des Comédiens dont les activités ont pris fin en 2000. Elle est chargée de la conservation d’une des plus importantes collections privées de bijoux de scène et de cinéma. Elle s’est fixée également d’autres missions : étudier l’histoire des bijoux, notamment ceux de théâtre, accroître et restaurer ses collections, organiser des expositions. Elle gère en outre un ensemble de bijoux disponibles à la location.

jeudi 10 janvier 2008

Les bagues de Monsieur, frère du roi

Il y a quelques jours, à propos de Louis XIV, nous avons souligné que le monarque ne portait pas de bagues. Bien sûr, si de nouveaux documents venaient infirmer cette allégation nous ne manquerons pas d'en faire état.
Par contre, son frère Philippe dit Monsieur, en possédait beaucoup. Curieux prince, qui raffolait des joyaux et était, en la matière, un arbitre des élégances. Voila le portrait qu'en fait Saint-Simon : « C'était un petit homme ventru, monté sur des échasses tant ses souliers étaient hauts, toujours paré comme une femme, plein de bagues, de bracelets et de pierreries partout, avec une longue perruque toute étalée devant, noire et poudrée et des rubans partout où il pouvait mettre, plein de sortes de parfums et en toutes choses la propreté même. »
A sa mort, en 1701, on dressa l'inventaire de tous ses biens lesquels comprenaient, entre autres, pour 1 621 522 livres de joyaux divers. Parmi ceux ci, un certain nombre de bagues dont voici la description.
La plus importante était composée d'un grand diamant provenant du cardinal de Richelieu ainsi décrite : "Une bague d'un grand diamant brillant à douze pans d'eau bellissime dit le Cardinal de Richelieu, prisé la somme de vingt mil livres" (il pouvait peser de 12 à 15 carats). Suivaient une bague ornée d'un beau rubis d'Orient et de deux roses aux côtés estimée 1200 livres, une bague d'un rubis d'Orient et de deux diamants de 800 livres, une d'un rubis cabochon en cœur entouré de douze diamants en table estimée 110 livres, une d'un spinelle à huit pans et de six roses, estimée 300 livres, une d'une topaze d'Orient et de six diamants pour 600 livres, une d'un très beau saphir violet et de deux brillants pour 400 livres, une d'un petit saphir et de seize petits brillants pour 50 livres, une d'une émeraude cabochon et de six diamants pour 160 livres, une d'une turquoise de vieille roche avec dix-huit diamants pour 260 livres, puis deux bagues, l'une d'un diamant triangle avec [un morceau] de la Vraie Croix dessous entouré de petits diamants et l'autre d'un diamant plat avec un chiffre dessous, estimées 500 livres et, enfin, dix-huit bagues de toutes sortes de pierres de couleur de peu de conséquence, dont quelques-unes n'avaient que des portraits, et estimées 120 livres.

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