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mardi 29 septembre 2009

Un diamant de 500 carats découvert en Afrique du Sud


Le consortium Petra Diamonds a annoncé aujourd’hui la découverte d'un diamant de plus de 500 carats et d'une qualité exceptionnelle, dans sa mine de Cullinan, située à 40 km à l'est de Pretoria, en Afrique du Sud.

"La mine de Cullinan offre à nouveau au monde un diamant spectaculaire, superbe et important", a déclaré dans un communiqué John Dippenaar, le directeur général de ce groupe panafricain. Le précieux caillou de 507,55 carats a été découvert jeudi 24 septembre. Il pèse environ 100 grammes et est d'une couleur et d'une clarté exceptionnelle, selon le communiqué.

Ce diamant "est considéré comme l'un des vingt plus gros diamants bruts de qualité au monde" a précisé le groupe. Il fait actuellement l'objet d'une expertise afin de déterminer précisément sa couleur et sa clarté.

Cette pierre a été découverte avec un autre diamant de 168 carats et deux pierres de 58,5 et 53,3 carats.

Le site de Cullinan, ouvert en 1902, a d’abord appartenu au groupe De Beers, premier producteur mondial de diamants, qui l’a cédé en 2007 au consortium Petra Diamonds, pour près de cent millions d’euros. Il était alors considéré comme arrivant en fin d'exploitation.

Cette mine est aujourd’hui la seule à produire des quantités significatives de diamants bleus, assez rares, qui se distinguent par une phosphorescence de longue durée. Mais elle est surtout connue pour avoir livré, en 1905, une pierre de 3.106 carats, qui demeure à ce jour le plus gros diamant brut découvert. Fractionné en une centaine de pièces, polies et taillées, ce dernier a notamment donné naissance au «Great star of Africa», le deuxième plus gros diamant taillé du monde. Blanc, en forme de poire, ce joyau de 530,2 carats orne depuis 1907 le sceptre d'Edouard VII, exposé à la tour de Londres.

Depuis l’annonce de cette découverte, le titre de Petra Diamonds, coté à la bourse de Londres, s’est envolé de 4,75% à 67,75 pences.

jeudi 26 février 2009

Une boîte à portrait de Louis XIV entre au Louvre


Le 25 février dernier, lors de la vente de la collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, chez Christie's, le département des Objets d'Art du Louvre a préempté une importante et très rare boîte à portrait de Louis XIV. Estimée entre 200.000 et 300.000 euros, elle a finalement été emportée pour 481.000 euros.
Haute de 7,2 cm, elle est composée d'une miniature représentant Louis XIV en armure de parade, portant le cordon de l'ordre du Saint-Esprit, entourée d'une monture ovale formée de dix diamants taillés en rose et de quarante petits diamants, et surmontée d'une couronne de cinq diamants à neuf facettes et vingt-trois petits diamants. Le revers est émaillé du chiffre royal et de rinceaux feuillagés, roses et noirs, sur un fond blanc. Réalisée dans les années 1680, elle est l'œuvre de Jean Petiot (1607-1691) pour la miniature et de Pierre ou Laurent Le Tessier de Montarsy, pour la monture.
A l'origine, les boîtes à portrait étaient conçues avec des coffrets pour être offertes comme cadeaux diplomatiques. On sait que plus de trois-cents boîtes, destinées à cet usage, ont été fabriquées au cours du règne de Louis XIV. Seules quelques unes sont parvenues jusqu'à nous. Des trois boîtes à portrait du roi, que l'on connait actuellement, l'exemplaire acquis par le Louvre est de loin le plus complet.

mercredi 14 janvier 2009

L'assassinat d'Henri IV : De l'importance des costumes dans les reconstitutions historiques

Hier, France 2 nous a fait voyager dans le temps avec le premier numéro de la collection Ce jour-là tout a changé. C’est avec beaucoup de curiosité que nous avons suivi L’assassinat d’Henri IV, proposé par Jacques Malaterre, à la fois directeur artistique de la série et réalisateur de ce docu-fiction. Intérêt d’autant plus grand que le tournage, « minutieusement préparé » selon le dossier de presse, s’est appuyé sur les précieux conseils de Janine Garrisson, spécialiste de l’histoire politique et religieuse du XVIe siècle et auteur de plusieurs ouvrages sur Henri IV.
Cette tragique journée du 14 mai 1610, reconstituée d’une manière assez nouvelle à la télévision, promettait d’être passionnante. Nous attendions surtout de voir les costumes et coiffures du XVIIe siècle restitués grâce à "une importante recherche iconographique" de la chef costumière, Amandine Catala.

Il faut dire que, un peu renseignés par les photos du tournage et une bande annonce en circulation depuis plusieurs mois, nous espérions que de ce côté-là cette œuvre allait être très novatrice. Ce que nous avons vu hier ne nous a malheureusement pas convaincu. Beaucoup de vêtements « sonnaient » un peu faux (couleurs, formes, matières). Combien d’entre eux ont été fabriqués spécialement pour ce tournage ? Avec quelle documentation ? On pouvait reconnaître de nombreux modèles anglais loués chez Angels The Costumiers, à Londres. Il ne s'agit pas, bien évidemment, de juger le travail d'Amandine Catala pour qui L'Assassinat d'Henri IV était, à notre connaissance, une première dans le domaine de la reconstitution historique. Une petite critique constructive nous a paru nécessaire, essentiellement limitée à l'aspect "costumes" de ce téléfilm au sujet duquel, au demeurant, il y aurait encore beaucoup à dire.

Venons-en maintenant à l'apparence vestimentaire d'Henri IV, ce 14 mai 1610. Voici quelques observations, à caractère anecdotique, et que nous serons sans doute les seuls à formuler. Dans ce film, le roi apparait habillé d'un pourpoint bleu à passements dorés, de chausses et de bottes noires. Or, les témoignages de ceux qui ont assisté à ses derniers instants, même s'ils sont assez pauvres en détails, nous apprennent que le jour de son assassinat Henri était vêtu d'un habit de satin noir, esgratigné *, sans passement. Nos recherches approfondies dans les comptes de son argenterie – pour une série d'articles à venir – confirment que la garde robe royale ne comptait, en 1610, aucun vêtement de couleur bleue. Le noir y tenait une place éminente, suivi par le gris, le brun et, plus modestement, le blanc. C'est donc un Henri IV, tout habillé de noir – comme il est représenté sur un tableau de Pourbus – qu'il aurait fallu montrer. Portant l'ordre du Saint-Esprit, sous la forme d'une croix en métal émaillé, suspendue à son cou par un ruban bleu, d'une part, et d'une autre croix en broderie d'or et d'argent, cousue au revers de son manteau. A l'extérieur, sur la tête (et non pas à la main) un chapeau de castor noir avec ou sans panache. Les mains protégées par des gants de peau (cerf, chamois, loup-marin…). Les bottes à entonnoir, qu'il porte tout au long du film, n'existent pas encore à cette époque. Henri IV n'enfile que des bottes souples en cuir de vache, moulant le mollet et la cuisse coupées au genouil (genou) garnies de velours et à trois semelles, ou à grandes genouillères et à quatre semelles. On s'étonne, par ailleurs, de le voir ainsi chaussé pour monter en carrosse. Il ne se fait botter que lorsqu'il va à cheval. Plus vraisemblablement, il porte des bas de soie noirs, assortis à ses chausses, et des souliers de maroquin de Flandre. Chaussures à bouts légèrement arrondis, ouvertes sur les côtés, dont le système d'attache - sur le dessus du pied - est couvert d'une rose de taffetas noir garni de dentelles. En descendant dans la cour du Louvre, le roi est enveloppé d'un manteau de velours ou de drap noir. Comme il fait beau ce 14 mai, il le retire avant de monter en voiture. Sous son pourpoint, il a aussi une chemise (en fine toile de Hollande) plissée aux manches et terminée au col par une fraise ou un collet de batiste. On sait que, peu après le décès du roi, le chirurgien Bérard lui retira cette chemise percée et sanglante et que Dominique de Vic, gouverneur de Calais, la demanda et l’emporta.

En ce qui concerne le personnel domestique que l’on voit autour du roi (habillé dans le téléfilm en jaune !) il était vêtu, en réalité, d’une livrée aux couleurs des Bourbons : incarnat (rouge), blanc et bleu.

Quant aux bijoux, le téléfilm aurait gagné à faire dans la simplicité. Pourquoi ces grosses chaînes et croix dorées portées par les ecclésiastiques ? Et ce curieux Ordre de la Toison d’or au cou d’Epernon ? Nous possédons l'inventaire complet des joyaux personnels de la reine, rédigé précisément au début de 1610. Les diamants y occupent une place prédominante puisqu'ils totalisent le chiffre, incroyable pour l'époque, de 11.538 pierres de toutes dimensions et formes. Elle possédait, entre autres, six colliers ornés de diamants, onze chaînes de formes variées, quatre enseignes de diamants, des croix, des chapelets, des bouquets, des bracelets, des pendants de ceintures, des boucles d'oreilles, des bagues, etc. A cela il convient d'ajouter 5878 perles, pour la plupart rondes et de belles dimensions. D'un point de vue historique, il eût été préférable de représenter l'épouse d'Henri IV avec un rang de grosses perles, comme on peut la voir sur beaucoup de tableaux et gravures de cette époque, plutôt que de la parer de colliers de modèles inconnus au début du XVIIe siècle.

A l’attention de Janine Garrisson qui confiait à propos de l’Assassinat de Henri IV : J'ai effectué plusieurs relectures du scénario; il y avait quelques détails erronés, mais cela n'allait pas plus loin qu'un revers de bottes mal tourné ou une expression anachronique nous signalons, en toute sympathie, quelques oublis. En 1610, le roi n’aurait pas dit venez dans mon bureau mais plutôt dans mon cabinet ou entrez en carrosse à la place de allez, au carrosse. Détail très peu connu : il était obligé de porter des lunettes pour lire. Enfin, à propos des scènes où on le représente mangeant avec ses courtisans, il faut savoir que, à l’exception de la reine (qui déjeune le plus souvent de son côté), Henri IV n’admet aucun de ses sujets à sa table ; ainsi le veut le protocole. Et quand il a des convives, ceux-ci s’installent autour d’une ou plusieurs tables séparées de la sienne.

* Egratigné : signifie donner une certaine façon à un tissu de soie ou de satin avec la pointe d’un fer. Dans le langage du gaufreur, c'est découper un tissu (satin ou taffetas) avec un petit canif ou encore, selon le glossaire de Victor Gay, c’est probablement en effiler les bords.

Henri IV (vers 1610)
Frans Pourbus le jeune

vendredi 25 avril 2008

Un des bijoux de la Couronne acquis par le Louvre



Un Grand nœud de diamants ayant appartenu à l'Impératrice Eugénie, qui avait été vendu en 1887 avec de nombreux autres bijoux de la couronne, vient enfin d'être racheté par le Musée du Louvre qui avait déjà vainement tenté de l'acquérir chez Sotheby's en 2002. Il devrait prochainement retrouver les autres pièces, de provenances royales ou impériales, exposées dans la galerie d'Apollon.
A l'origine, ce nœud de ceinture aux deux glands, crée par le joaillier François Kramer, avait été offert par Napoléon III à l'Impératrice Eugénie à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1855. En 1864 il a été adapté en broche de devant de corsage (22,5 x 11cm) avant d'être aliéné, vingt plus tard, par la République.
Le louvre, par l'intermédiaire de Christie's à New York, a racheté ce joyau pour 6,72 millions d'euros. Ce montant a pu être réuni en grande partie grâce à la mise à la disposition par les Amis du Louvre de 5 millions d'euros provenant du legs universel consenti par M. et Mme Michel Rouffet.

vendredi 7 mars 2008

Diamants de divas

Collier et boucles d'oreilles Bulgari portés par Sophia Loren
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Du 11 avril au 8 juin prochain, le Musée du Diamant d’Anvers, en Belgique, ouvrira ses portes à une exposition organisée par l'Antwerp World Diamond Centre (AWDC) intitulée « Diamond Divas » http://www.diamonddivas.be/

On pourra y admirer, entre autres, divers bijoux portés par les princesses Mathilde et Marie Bonaparte, les impératrices Joséphine et Eugénie, et de nombreuses grandes dames du cinéma, du théâtre ou de la chanson. En autres, les bracelets de Gloria Swanson, le collier serpent de Maria Felix, les bagues et le "collier de chien" que portait Monica Bellucci dans la trilogie futuriste The Matrix, le célèbre collier "Moon of Baroda" - un diamant jaune-canari de 24.04 carats originaire des Indes - porté par Marilyn Monroe pendant la campagne de promotion du film Gentlemen Prefer Blondes (Les hommes préfèrent les blondes), le collier et les boucles d’oreilles Bulgari choisis par Sophia Loren en vue d'une séance photos dans Vogue, ou la tiare portée par Madonna le jour de son mariage avec le producteur de cinéma Guy Ritchie.
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Devant de corsage porté par Catherine Deneuve
dans le film "Le Temps retrouvé"

En ce qui concerne plus particulièrement le monde du spectacle français, outre une broche-pince, en platine, or blanc et diamants, de la maison Cartier (1944), achetée par Madeleine Renaud, on remarquera aussi le bracelet Lézard, du même bijoutier, ayant appartenu à Josette Day, de même qu’un bracelet et une bague dessinés par Alphonse Mucha et crées en 1899 par Georges Fouquet pour Sarah Bernhardt. Sans oublier le magnifique devant-de-corsage en platine et diamants, créé par Cartier (pour la baronne de Gunzburg) en 1909, qui fut porté par Catherine Deneuve dans le film Le Temps Retrouvé, quatre-vingt-dix ans plus tard.
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vendredi 8 février 2008

Les bijoux d'Anne d'Autriche (suite)

Ci-dessus voici un nouveau tableau représentant la reine avec son fameux collier de perles rondes (Ecole française du XVIIe siècle, Château de Versailles)
Outre celui-ci, Anne d’Autriche porte une paire de boucles d’oreilles de perles poires, une croix de six grosses perles poires, et deux bracelets dont - celui qui est visible – est orné d’un grand diamant rectangulaire taillé en table.
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Sur ce portrait la reine Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV, porte elle aussi le célèbre collier d’Anne d’Autriche (Ecole française du XVIIe siècle, Château de Versailles). On remarquera les boucles d’oreilles constituées d’une grosse perle poire suspendue à un diamant, la broche de poitrine en diamants avec une perle poire et les guirlandes de diamants et de perles.
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Sur cet autre tableau d’Anne d’Autriche, encore jeune (Rubens, Musée du Louvre), la souveraine ne porte pas son collier préféré mais une somptueuse parure de diamants et de perles. Notamment un diadème formé d’un rang de diamants taillés en table alternés avec des perles en poire, des boucles d’oreilles composées de trois petits diamants auxquels est accrochée une perle poire. Au devant de corsage, maintenu par un nœud d’étoffe noire, un bijou de poitrine orné d’un très grand diamant taillé en pointe carrée serti dans un cercle de fil d’or où pend une énorme perle en poire. D’une épaule à l’autre se balance une imposante chaîne de grands diamants taillés en table rectangulaires, parmi lesquels se mêlent deux pointes octogonales à faces, tous séparés par deux grosses perles. Enfin, la ceinture se compose d’une ligne alternant diamants taillés en rose et perles. On ignore si ces bijoux ont réellement existé où s’ils sont dus à l’imagination du peintre.

On remarquera que la ceinture se ferme par un flot d’étoffe terminé par deux ferrets métalliques. Ce ne sont pas les fameux « ferrets de la reine » chers à Alexandre Dumas, somptueux joyaux évoqués dans Les trois mousquetaires, mais de simples garnitures d'aiguillettes. En réalité, les ferrets sont des bijoux de second ordre. A sa mort, Anne d’Autriche en possédait trois séries : six avec petits diamants d’une valeur de 700 livres, six avec perles et diamants de 700 livres également, et 18 en or et acier évalués à seulement 60 livres.

jeudi 10 janvier 2008

Les bagues de Monsieur, frère du roi

Il y a quelques jours, à propos de Louis XIV, nous avons souligné que le monarque ne portait pas de bagues. Bien sûr, si de nouveaux documents venaient infirmer cette allégation nous ne manquerons pas d'en faire état.
Par contre, son frère Philippe dit Monsieur, en possédait beaucoup. Curieux prince, qui raffolait des joyaux et était, en la matière, un arbitre des élégances. Voila le portrait qu'en fait Saint-Simon : « C'était un petit homme ventru, monté sur des échasses tant ses souliers étaient hauts, toujours paré comme une femme, plein de bagues, de bracelets et de pierreries partout, avec une longue perruque toute étalée devant, noire et poudrée et des rubans partout où il pouvait mettre, plein de sortes de parfums et en toutes choses la propreté même. »
A sa mort, en 1701, on dressa l'inventaire de tous ses biens lesquels comprenaient, entre autres, pour 1 621 522 livres de joyaux divers. Parmi ceux ci, un certain nombre de bagues dont voici la description.
La plus importante était composée d'un grand diamant provenant du cardinal de Richelieu ainsi décrite : "Une bague d'un grand diamant brillant à douze pans d'eau bellissime dit le Cardinal de Richelieu, prisé la somme de vingt mil livres" (il pouvait peser de 12 à 15 carats). Suivaient une bague ornée d'un beau rubis d'Orient et de deux roses aux côtés estimée 1200 livres, une bague d'un rubis d'Orient et de deux diamants de 800 livres, une d'un rubis cabochon en cœur entouré de douze diamants en table estimée 110 livres, une d'un spinelle à huit pans et de six roses, estimée 300 livres, une d'une topaze d'Orient et de six diamants pour 600 livres, une d'un très beau saphir violet et de deux brillants pour 400 livres, une d'un petit saphir et de seize petits brillants pour 50 livres, une d'une émeraude cabochon et de six diamants pour 160 livres, une d'une turquoise de vieille roche avec dix-huit diamants pour 260 livres, puis deux bagues, l'une d'un diamant triangle avec [un morceau] de la Vraie Croix dessous entouré de petits diamants et l'autre d'un diamant plat avec un chiffre dessous, estimées 500 livres et, enfin, dix-huit bagues de toutes sortes de pierres de couleur de peu de conséquence, dont quelques-unes n'avaient que des portraits, et estimées 120 livres.

vendredi 4 janvier 2008

Louis XIV et Versailles


Annoncé depuis plusieurs semaines, le documentaire-fiction Versailles, le rêve d’un roi a enfin été diffusé avant-hier sur France 2. Réalisé par Thierry Binisti (co-production Les films d'ici et France 2) durant l'été 2007, il retrace l'histoire de Louis XIV et, parallèlement, toutes les étapes de la construction du château de Versailles.
Spectacle magnifique, décors somptueux, rigueur des informations et des faits historiques, rien n'a manqué à ce film de télévision pour combler le spectateur le plus exigeant.
Il serait mesquin de juger le travail de la créatrice de costumes (Valérie Adda) dont nous ne pouvons que saluer l'excellent résultat, compte tenu des moyens mis à sa disposition. Les costumes royaux, entre autres, ont été reconstitués avec beaucoup de réalisme. Et l'acteur choisi pour incarner le roi, Samuel Theis – dont c'était le premier rôle à la télévision – nous a paru posséder la morphologie de l'illustre monarque. En effet, contrairement à une idée encore largement répandue, Louis XIV était grand, même très grand par rapport à ses contemporains. Il mesurait cinq pieds huit pouces, c'est-à-dire 1,84 m.
Les bijoux, les fameux bijoux du roi. C'est peut-être le seul aspect de ce docu-fiction qui nous a laissé sur notre faim. Tout au long des 90 minutes du film, le comédien qui incarne Louis XIV arbore sur son habit la même plaque de l'ordre du Saint-Esprit, comme si le souverain n'en changeait jamais, et la même épingle de cravate, en faux diamants. C'est trop peu pour illustrer le raffinement dont ce monarque a toujours fait preuve dans le choix de ses bijoux. Mais le plus surprenant, pour nous, a été de découvrir aux doigts de Samuel Theis pas moins de cinq bagues, assez anachroniques d'ailleurs. En réalité, Louis XIV n'en a jamais porté, il suffit d'observer la plupart de ses portraits. D'ailleurs, Saint-Simon le confirme dans ses Mémoires : "Il était toujours vêtu de couleur plus ou moins brune avec une légère broderie, jamais sur les tailles, quelquefois rien qu'un bouton d'or, quelquefois du velour noir. Toujours une veste de drap ou de satin rouge, ou bleue ou verte, fort brodée. Jamais de bague, et jamais de pierreries qu'à ses boucles de souliers, de jarretières, et de chapeau toujours bordé de pont d'Espagne avec un plumet blanc. Toujours le cordon bleu dessous, excepté des noces ou autres fêtes pareilles qu'il le portait par dessus, fort long avec pour huit ou dix millions de pierreries."
On sait que Louis XIV avait une passion pour les pierres précieuses. Il en a acheté pendant toute sa vie. L'inventaire de l'ensemble des diamants et pierreries de la couronne de France, en 1691, permet d'imaginer la splendeur et l'inestimable valeur de sa collection. Parmi ceux-ci, le Sancy, estimé 600 000 livres (qu'il portait généralement au chapeau), le Diamant Bleu, évalué 400 000 livres et le Grand Saphir, 40 000 livres, montés chacun sur un bâtonnet d'or émaillé, dont il se servait comme épingles pour fixer sa cravate de dentelles. Il possédait plusieurs parures de diamants, composées de centaine de boutons, de fleurons, de boutonnières, pour ses vestes et justaucorps, de crochets de joaillerie pour orner ses chapeaux, de boucles pour ses jarretières et ses chaussures. Enfin, le roi avait aussi plusieurs croix de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit dont il portait généralement deux exemplaires, l'un accroché sur le côté gauche de son justaucorps et l'autre suspendu à un cordon bleu qui lui barrait la poitrine. C'est sous son règne que ce type de décoration fut exécuté pour la première fois en joaillerie. Une de ces croix, fabriquée en 1663, était composée de 112 diamants, une autre, fournie en 1672, en comptait 120.

samedi 29 décembre 2007

Divine Emilie (Madame du Châtelet)

Ce soir, le XVIIIe siècle était invité sur France 3, avec Divine Emile, une comédie historique inédite d'Arnaud Sélignac. Tourné en Lorraine au printemps dernier, en décors naturels, ce téléfilm retrace la biographie d'Emilie du Châtelet, maîtresse de Voltaire et rare femme savante de son époque. Léa Drucker interprète avec talent et naturel cette scientifique en jupons du siècle des lumières, tandis que Thierry Frémont est un Voltaire parfaitement crédible.
Dans cette production, les magnifiques costumes créés par Sophie Dussaud ont, en l'occurrence, une place de premier plan qui méritait qu'on s'y attarde. Hommes et femmes – Emilie change souvent de tenues – sont tous habillés avec grand soin. La scène du bal à la cour du roi Stanislas en est la plus belle illustration.


 

Les bijoux s'accordent parfaitement aux costumes et, dans l'ensemble, on a noté assez peu d'anachronisme. Ne disait on pas, en son temps, que Madame du Châtelet avait "un goût pour les diamants aussi fort que pour les démonstrations d'Euclide !" Aussi, dans la première partie du téléfilm, Emilie porte une rivière de diamants, offerte par son époux, et qu'elle manque de perdre au jeu (pour 200 louis). Elle arbore ensuite un collier de grosses perles (un peu court) maintenu par un ruban, puis un collier de diamants et de perles et, lors du bal, une parure constituée d'une rivière de trois rangs (photo) et d'une grande broche de diamants. On la voit aussi porter une broche avec une pierre rouge et une bague ornée d'une pierre rectangulaire verte. La plupart des autres dames sont parées de colliers de perles et, surtout, de tours de cous décorés de dentelles, de médaillons ou de bouquets de fleurs. Monsieur du Châtelet apparaît, un court instant, vêtu d'un uniforme rehaussé d'une plaque de l'ordre du saint-Esprit en broderie de paillettes et de cannetille.



mercredi 12 décembre 2007

Les perles de Marie-Antoinette

Aujourd'hui, à Londres, la maison Christie's a mis aux enchères un collier composé de perles ayant appartenu à Marie-Antoinette. Le bijou était estimé entre 350.000 et 400.000 livres (525 à 600.000 euros). Celui-ci n'a pas trouvé acquéreur, faute d'une offre suffisamment élevée.

L'histoire de ces joyaux est bien connue. En 1791, après leur fuite avortée, Louis XVI et sa famille furent ramenés à Paris et emprisonnés. Détenue au couvent des Feuillants, Marie-Antoinette "sans vêtement ni argent" était devenue entièrement dépendante de la charité de ses amis. C'est alors qu'Elizabeth Leveson-Gower, épouse de lord Sutherland, ambassadeur d'Angleterre en France, qui avait un fils du même âge que le dauphin, lui fit porter des vêtements et des draps.

Peu avant que lady Sutherland ne quitte la France, en août 1792, Marie-Antoinette lui confia en garde un sac contenant des perles et des diamants. Hélas, la reine mourut sur l'échafaud l'année suivante.

Revenue en Grande-Bretagne, l'épouse de l'ambassadeur conserva ce précieux trésor pendant de nombreuses années. Les diamants furent utilisés dans la composition d'une parure. Quant aux fameuses perles, en 1849 elle furent montées sur un collier que lady Sutherland offrit à son petit-fils à l'occasion de son mariage. Il est composé de vingt-et-une grosses perles grises en forme de poires (remontant aux environs de 1780), chacune retenue par une attache surmontée d’un diamant de taille ancienne. L'ensemble est fixé à un ruban parsemé de diamants lui-même suspendu à un tour de cou orné de rubis et de douze autres perles grises montées en boutons.

Resté dans la même famille depuis plus de deux-cents ans, ce bijoux exceptionnel devra encore attendre avant de trouver un nouveau propriétaire.