mercredi 12 novembre 2008

L'évasion de Louis XVI

Voici, en exclusivité, les premières photos du docu-fiction réalisé par Arnaud Selignac racontant la fuite de Louis XVI à Varennes. Elles ont été prises à Provins, par Jacques Morell, le 22 octobre dernier.
En attendant le retour en France de Sophie Dussaud, la costumière, qui nous parlera de son travail sur ce film, voici la distribution : Louis XVI (Antoine Gouy), Marie-Antoinette (Estelle Skornik), Madame Royale (Sophie Nounouhi), Madame Elisabeth (Adelaïde Bon), Madame de Tourzel (Catherine Aymerie).
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jeudi 6 novembre 2008

Calligraphies de cinéma

Dans le message précédent, nous avons évoqué le tournage du docu-fiction sur l’assassinat d’Henri IV, réalisé par Jacques Malaterre. Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir encore, notamment en ce qui concerne les costumes. Mais c’est au sujet de certains accessoires, réalisés spécialement pour ce film, que nous avons jugé à propos d’ouvrir cette parenthèse. En effet, dans le souci d’accentuer l’authenticité de certaines scènes, de nombreux objets ont tout spécialement été commandés à une artiste à laquelle nous sommes très heureux de rendre hommage. Parmi ceux-ci, un tableau représentant Henri IV, où le visage de l’acteur Arnaud Bedouet a été substitué à celui du monarque (photo ci-dessus), une affiche illustrée d'une gravure du roi, de même qu'un camée où Charlotte de Montmorency apparait sous les traits de l’actrice Priscilla Bescond. Tous ces vrais-faux portraits sont l’œuvre de Catherine Mouligné, peintre en décor et graphiste qui, depuis plus d’une dizaine d’années, s’est spécialisée dans la calligraphie de documents pour le cinéma et la télévision. Nous vous conseillons d’aller visiter son site pour mesurer la palette de son talent. A son actif, des centaines de pièces, dans tous les genres, créées pour des films comme Roger Salengro, d’Yves Boisset, 8 Contes de Maupassant, La Jeune fille et les loups, de Gilles Legrand, Les Rois Maudits, Milady, Les Misérables, Honoré de Balzac, Monte Cristo, de Josée Dayan, Le Grand Meaulnes, de J.D. Verhaeghe, Les Ames Grises, d’Yves Angelo, Palais Royal, de Valérie Lemercier, Napoléon, d’Yves Simoneau, Marie-Antoinette, de Sofia Coppola, Les blessures assassines, de J.-P. Denys...
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mardi 4 novembre 2008

En direct de France 2 : l'assassinat d'Henri IV



Une fois encore, France 2 va donner rendez à tous les amateurs d'histoire et de films en costumes. En effet, après le récent et passionnant Nicolas Le Floch ou le docu-fiction Versailles, le rêve d'un roi, la chaîne du service public vient de lancer une nouvelle collection à vocation pédagogique intitulée En quelques jours, tout a changé… L'objectif de cette nouvelle série, produite par Boréales et Télécran, est de faire voyager les téléspectateurs dans le temps, plus précisément en leur faisant revivre, heure par heure, une de ces journées clés de l'histoire de France, au terme desquelles son destin a basculé.
D'ores et déjà, deux épisodes ont été tournés. Le premier, réalisé par Jacques Malaterre, retrace la journée qui a précédé l'assassinat d'Henri IV, le 14 mai 1610. Ce jour là, la tragédie va se jouer au cœur de Paris, dans un espace situé entre le palais du Louvre et la rue de la Ferronnerie, entre six heures du matin et le milieu de l'après midi. Pour ce réalisateur que nous apprécions particulièrement – nous avons participé à sa première fiction il y a dix-neuf ans – ce fut une aventure ardue mais passionnante. Avec le souci permanent de coller au plus près de la réalité, il a longuement et minutieusement préparé ce tournage qui a duré moins d'une vingtaine de jours. Choisissant notamment des comédiens issus du théâtre, peu connus du grand public, mais très proches physiquement des personnages qu'ils incarnent. En tête de cette distribution, Arnaud Bédouet, très convainquant dans le rôle d'Henri IV, Jean-Baptiste Malartre, dans celui de Sully, ou Tibo, dans l'habit vert de Ravaillac. La partie costumes (fabrication et location) a été confiée à Amandine Catala. La reconstitution de l'assassinat - rue de la Ferronnerie à Paris - a été tournée, du 19 au 22 mai, dans le centre historique de la ville du Mans. Le reste du tournage, principalement les scènes qui se déroulent au Louvre, a eu lieu au château de Fontainebleau, au mois de juin dernier.
Le second film de cette série nous transporte le 21 juin 1791, jour de l'arrestation du roi Louis XVI à Varennes. Le réalisateur en est Arnaud Selignac qui, après Divine Emilie (que nous avons évoqué sur ce blog le 29 décembre 2007) se plonge à nouveau dans une histoire qui se déroule au XVIIIème siècle. Et bien entendu, c'est toujours à Sophie Dussaud - qui commence à s'habituer à cette époque - qu'il a fait appel pour s'occuper des costumes. La ville de Provins a prêté son cadre très pittoresque, en octobre dernier, à la reconstitution de cette dramatique journée.
Enfin, un troisième volet dédié au sacre de Charlemagne, actuellement encore en écriture, devrait venir s'ajouter à cette collection dans le courant de l'année prochaine. L'assassinat d'Henri IV et l'arrestation de Louis XVI à Varennes seront programmés sur France 2 durant le premier trimestre 2009.

vendredi 31 octobre 2008

Angels vend ses surplus

Angels The Costumiers organise, le 6 décembre prochain à Londres, sa première vente grand public d'une quinzaine de milliers de costumes en tout genre. Objectif : faire de la place, éliminer les doublons, après que ce plus grand loueur de costumes au monde (pour le cinéma, la télévision, le théâtre, l'opéra et autres spectacles) ait racheté, en juin, la collection de costumes de la BBC.
Malgré treize kilomètres linéaires de portants, l'entrepôt de Hendon, au nord de Londres, peine à entasser ses cinq millions d'habits, des robes de princesses médiévales aux Bikinis des danseuses de cabaret. Chaussures, chapeaux, foulards, gants, lunettes, cannes, éventails, bijoux, casques, armures, boucliers, épées, Angels, avec son stock et ses ateliers de fabrication, traite près de 1000 demandes par an : studios hollywoodiens, productions publicitaires, théâtres de quartier... Avec, pour récompense, trente oscars du meilleur costume, de Hamlet en 1948 à Elizabeth, l'âge d'or en 2007, en passant par Le Docteur Jivago, Gatsby le Magnifique, Lawrence d'Arabie, Star Wars, Titanic, Le Dernier Empereur, Gladiator, Marie- Antoinette... Un nombre qui importe plus à Tim Angel, gardien de la cinquième génération du temple familial fondé en 1840, que son chiffre d'affaires, de 16 millions d'euros.
Les cent-trente employés, souvent issus d'écoles de mode, doivent bien connaître l'histoire du costume et aussi faire preuve de créativité : là, un "Ange"(surnom des salariés d'Angels) fouine dans le stock - entre éléments d'armure de Braveheart, casque Star Wars, lunettes d'aviateurs années 1930, masque africain et manteau en plume de paon - à la recherche de silhouettes pour une série Z mi-science fiction mi-horreur, voulant des "créatures de la nuit au look mi-chinois, mi-vaudou".
Les rangées contenant plus de 10.000 uniformes de toutes les armées, polices, pompiers, clergés, hôtesses de l'air du monde entier et à travers les âges, sont interminables. Il faut aux spécialistes du rayon des connaissances pointues pour retrouver, des pieds à la tête, l'habit d'un capitaine quartier-maître des armés napoléoniennes ou celui d'un douanier japonais des années 1980.
Beaucoup de clients ne se contentent pas du stock, mais font faire des costumes sur mesure et selon leur modèle, au moins pour les principaux personnages. Les budgets costumes des gros films historiques hollywoodiens peuvent atteindre un million d'euros. Un costume est habituellement taillé et cousu en moins d'une semaine.
En stock, plus de 5.000 perruques, naturelles et synthétiques, mais Angels peut en fabriquer à la main. Le groupe dispose aussi d'une chapellerie, et fait réaliser - sur demande - les autres accessoires (chaussures, bijoux, armes) à l'extérieur.
Parmi les films de 2009 que la firme fournit : Inglorious Bastards, le prochain Tarantino, avec Brad Pitt, et, en France, Coco Chanel et Igor Stravinsky de Jan Kounen, avec Anna Mouglalis.
Les habits, classés par genre (homme, femme, enfant), par époque (Tudor, années 1920...) et par thème (prisonniers, paysans...) s'entassent sur trois hauteurs dans cet entrepôt de 12.000 mètres carrés. Construit en 2002, il dispose d'un système anti-incendie très performant après le traumatisme de 1989, quand une bonne partie du stock a brûlé. L'assurance des cinq millions de costumes, estimés à une valeur de plus de cinquante millions, coûte chaque année à Angels 315 000 euros.

Angels The Costumiers 1 Garrick Road London NW9 6AA
tel: +44 (0)20 8202 2244
fax: +44 (0)20 8202 1820
email:
info@angels.uk.com
site web:
http://www.angels.uk.com/

mardi 28 octobre 2008

Les bijoutiers du spectacle


S’il est un métier dont on ne parle jamais, dont le grand public ignore totalement l’existence, c’est bien celui de Bijoutier du Spectacle. Il faut d’ailleurs en parler au passé. La dernière maison spécialisée a définitivement fermé il y a une quarantaine d’années. Héritière, en quelque sorte, d’une longue dynastie de fabriquants de bijoux de scène, la Bijouterie du Spectacle se devait de rendre hommage à ses prédécesseurs, artisans modestes et pourtant talentueux, grâce à qui de nombreuses scènes françaises et européennes, aux XIXe et XXe siècles, ont pu donner des spectacles magnifiques.
Puisant dans nos archives, mais grâce aussi à tous les habitués ou visiteurs de ce blog qui pourraient nous communiquer des informations, nous allons tenter d’écrire l’histoire de cet unique et merveilleux métier.
D’ores et déjà plusieurs articles sont en cours d’élaboration et nous les publierons dans les prochains mois. Au fil de ceux-ci, nous évoquerons successivement Eugène Granger – fondateur de cette longue lignée – qui en 1824 fut le premier à se spécialiser dans « les bijoux historiques pour costumes de théâtre », Le Blanc et Richard Gutperle ses successeurs et, enfin, la famille Boutillier qui poursuivit ces activités de 1920 à 1970.

jeudi 23 octobre 2008

Voyage dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle

Sur les écrans français à partir du 12 novembre prochain, The Duchess appartient à une catégorie de films décidément devenue très à la mode chez les cinéastes anglais et américains – le corset ripper – une amusante appellation de la presse anglo saxonne pour désigner les drames historiques, en costumes, dont le héros est une femme. En plus des deux volets d’Elizabeth de Shekhar Kapur, que nous avons déjà évoqués ici, ce genre s’est enrichi ces dernières années avec Deux Sœurs Pour un Roi de Justin Chatwic et le très remarqué Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Réalisé par Saul Dibb, The Duchess nous transporte dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, dans le sillage de Georgiana Spencer, duchesse de Devonshire, personnage marquant de l’aristocratie britannique. Adulée par les uns, critiquée par les autres, mêlée intiment à la vie politique, elle est aussi, il n’est pas inutile de le rappeler, une lointaine ancêtre de la princesse Lady Diana.

Ce film offre un superbe spectacle où la jeune comédienne Keira Knightley incarne avec beaucoup de justesse la peu conventionnelle duchesse de Devonshire. C’est Michael O’Connor (né le 27 octobre 1965 à Londres) qui est le chef costumier de cette magnifique reconstitution historique. Habitué depuis quelques années des films en costumes (Harry Potter et la chambre des secrets (2002), Nomad (2004), Miss Peltigrew lives for a Day (2008)) il travaille aussi pour le théâtre. Keira Knightley se souvient avec amusement des immenses perruques qu’elle devait porter : « Elles étaient si lourdes que je pouvais à peine lever la tête ». On pourra objecter que quelques bijoux (il y en a beaucoup dans le film) semblent peut-être un peu anachroniques. Mais dans l’ensemble presque tous les accessoires s’accordent parfaitement aux costumes.



vendredi 17 octobre 2008

Nicolas Le Floch

Le 28 octobre et le 4 novembre, France 2 va diffuser Nicolas Le Floch, une série en deux parties réalisée par Edwin Baily. Produite par la Compagnie des Phares et Balises, cette suite est la première adaptation à l’écran des romans policiers à succès de Jean-François Parot (Editions Lattès) dont le héros est un jeune et brillant commissaire au Châtelet, au temps du règne de Louis XV.
Tournés durant l’automne 2007, ces deux téléfilms vont nous plonger dans le Paris du XVIIIème siècle et ses mystères, dans le monde du crime, de la débauche et du vol. Jérôme Robart interprète l’habile enquêteur, vêtu, comme il se doit, d’un habit et tricorne noir. Les costumes sont l’œuvre de Charlotte Betaillole.

vendredi 10 octobre 2008

Bijoux de la famille d’Orléans

Comme nous l’annoncions le 10 juillet dernier, mardi prochain, 14 octobre, Christie’s proposera aux enchères une très belle collection d’objets et de meubles provenant de la succession du comte de Paris. L’ensemble est actuellement visible sur le site de cette maison : http://www.christies.com/
Parmi les bijoux qui figurent dans cette vente, nous en avons sélectionné quelques uns – représentatifs de l’époque Louis-Philippe et de la première moitié du XIXème siècle – qui méritent d’être admirés avant leur dispersion définitive.
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Bracelet en or avec miniature ovale sur ivoire, attribué à Mellerio dits Meller (vers 1830). La miniature est l’œuvre de François Meuret d'après F. Winterhalter.

A maillons articulés, en or ciselé à décor floral, il est orné d'un portrait de Victoire-Auguste-Antoinette-Louise de Saxe-Cobourg-Gotha, duchesse de Nemours (1822-1857) en robe blanche ornée de fleurs au décolleté, les cheveux en anglaises. Hauteur de la miniature : 35 mm; longueur du bracelet: 185 mm. (estimé entre 1500 et 2500 €, adjugé 4750 €)



Paire de bracelets en or et perles ornés de miniatures sur ivoire (attribués à Mellerio dits Meller). Les miniatures sont l’œuvre de François Meuret (1800-1887).

A maillons articulés en or formant des volutes ajourées entièrement pavées de demi-perles fines, ces deux bracelets sont ornés chacun, au centre, d'une miniature. La première représente Marie, duchesse d'Aumale (1822-1869) en robe noire garnie d'une rose, les cheveux en anglaises; la seconde, Victoire, duchesse de Nemours (1822-1857) en robe blanche ornée d'une broche, les cheveux en anglaises. Cette paire de bracelets provient d'Amélie d'Orléans, fille du premier Comte de Paris. Arrière-petite fille du roi Louis-Philippe.
Hauteur de chaque miniature: 32 mm. Longueur des bracelets: 237 mm. (estimé entre 6000 et 8000 €, adjugé 31.700 €)

Importante broche en or et diamants avec deux miniatures ovales sur émail, réversibles, peintes par Latreille, Bordeaux (vers 1830-1840).

En forme de cuir enroulé épaulé par trois anges retenant des phylactères et des fleurs partiellement émaillés, le pistil ponctué de diamants ronds taille ancienne et taillés en rose, orné au centre d'une miniature figurant le portrait de Louis-Philippe, roi des Français (1773-1850) en uniforme avec le cordon, la plaque et la croix de la Légion d'Honneur, dans un entourage de petits diamants taillés en rose et surmonté d'une couronne royale émaillée sertie de petits diamants taillés en roses, le revers orné d'une miniature représentant le portrait de Ferdinand, duc d'Orléans (1810-1842) en uniforme et avec les mêmes décorations, ainsi qu'une décoration fantaisiste
Hauteur des miniatures: 25 mm; hauteur de la broche: 95 mm. (estimé entre 20.000 et 30.000 €, adjugé 58.100 €)

Bracelet email, perles et diamants, signé sur le fermoir "Morel et Cie à Paris" (vers 1845).

A maillons formant des volutes émaillées ponctuées par des liens sertis de petites perles, le fermoir figurant un médaillon en or jaune émaillé décoré d'un bouquet serti d'une perle et de diamants taille ancienne retenu par deux anges en ronde bosse en argent. Longueur: 170 mm. (estimé entre 4000 et 6000 €, adjugé 11.875 €)

Paire de bracelets en or, perles, semences de perles et turquoises avec deux miniatures sur ivoire, attribués à Mellerio dits Meller. Les miniatures ont été exécutées par François Meuret (1800-1887).

A maillons en forme de X en or ciselé à décor filigrané entièrement pavés de petites perles, de semences de perles et de turquoises cabochons, le fermoir de chacun de ces bracelets et orné d’une miniature. La première représente Louis-Philippe, roi des Français (1773-1850) en uniforme, décoré de l'ordre de la Légion d'Honneur et de l'ordre belge de Léopold; la seconde, Marie-Amélie, reine des Français (1782-1866), en robe bleue, châle blanc, collier de perles, coiffe blanche à rubans bleus. Hauteur des miniatures : 31 mm; longueur des bracelets: 194 mm. (estimé entre 6000 et 8000 €, adjugé 26.900 €)

lundi 6 octobre 2008

Un "collier de fonction" de l'époque d'Henry VIII aux enchères

Un "collier de fonction" porté par un proche du roi Henry VIII d'Angleterre, le seul de l'époque des Tudor parvenu intact jusqu'à nos jours, sera mis en vente le 6 novembre par la maison d'enchères Christie's.
Le "collier de Coleridge" est estimé à entre 200.000 et 300.000 livres (entre 258.000 et 387.000 euros). Christie's précise que ce collier, dit aussi "collier d'office" et qui distinguait les grands officiers de la couronne, date de 1546 ou 1547 et a probablement été offert par Henry VIII à Sir Edward Montagu, l'un de ses plus proches conseillers. Il ressemble beaucoup à celui que porte Sir Thomas More dans le célèbre portrait de Hans Holbein le jeune. Montagu était membre du conseil privé et gouverneur du fils du souverain, le futur Edouard VI. Le collier a été porté par ses descendants jusqu'en 1875, en tant que présidents successifs de la "Court of the Common Pleas". Il est devenu ensuite la propriété de Lord Coleridge.
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Collier de "fonction" de Thomas More (1527)
peinture de Holbein le jeune (détail)

samedi 4 octobre 2008

Le bijou de sentiment de la Renaissance à nos jours

Médaillon coeur (1850-1860)
Ayant appartenu à l'impératrice Eugénie



A l’occasion du lancement de sa nouvelle collection de haute joaillerie, Le Grand Frisson, la Maison Chaumet présente, du 3 octobre au 7 novembre 2008, une exposition consacrée aux bijoux ayant pour thème la rencontre amoureuse.
Réalisée par l’historienne du bijou Diana Scarisbrick et la conservatrice du Musée Chaumet, Béatrice de Pinval, cette rétrospective expose cent-cinquante bijoux sentimentaux – provenant pour la plupart de collections privées – de la Renaissance à nos jours. Apparu au Moyen-Âge, le bijou dit «de sentiment» traduit, à travers de subtils symboles, le langage amoureux. Les bijoux en forme de cœurs, naturellement, mais aussi le serpent, qui symbolise l’amour éternel, ou la violette, emblème de l’amour innocent.
Parmi les pièces les plus remarquables, on pourra admirer des bijoux offerts par Napoléon 1er aux impératrices Joséphine et Marie-Louise.

Musée Chaumet
12 place vendôme Paris 1er
du lundi au vendredi de 11 heures à 18 heures

jeudi 2 octobre 2008

Vente de costumes de l’Opéra de Paris

Les samedi 15 et dimanche 16 novembre 2008, l’Opéra National de Paris organise une vente exceptionnelle de plus de 5000 costumes de scène issus de ses productions.

La vente se déroulera, pour la première fois cette année, dans le Grand Foyer du Palais Garnier où seront présentés costumes et accessoires de trente productions lyriques dont Faust, Don Giovanni, Guillaume Tell, Manon Lescaut, La Guerre et la Paix, Simon Boccanegra, Le Trouvère, La Chauve Souris, Don Quichotte … ainsi que ceux du ballet la IX Symphonie de Maurice Béjart.

Les abonnés de l’Opéra national de Paris et les membres de l’Arop seront prioritaires et pourront réserver leur billet d’accès avant le 5 octobre 2008 en consultant le site Internet http://www.operadeparis.fr/ (rubrique « mes offres personnelles ») ou en téléphonant au 08 92 89 90 90. Les réservations pourront également être effectuées aux guichets des deux théâtres.

Selon les places restantes, le public non abonné pourra acheter un billet par Internet, par téléphone ou aux guichets de l’Opéra Bastille et du Palais Garnier. Le billet d’accès à la vente est de 8 euros. Il donnera la possibilité d’acheter un costume et cinq accessoires.

lundi 22 septembre 2008

Les bijoux du calife

  Au printemps dernier, nous parlions ici même des maharadjahs de cinéma. Depuis, en rangeant nos collections, un lot de bijoux créés pour le film Iznogoud nous a fait souvenir que nous avions oublié de citer cette oeuvre parmi celles où apparaît un prince indou. Il est vrai qu’Haroun El Poussah n’est pas un maharadjah, c’est le calife de Bagdad. Qu’importe. Nous avons beaucoup aimé ses costumes du style « mille et une nuits » réalisés par Mimi Lempicka, librement inspirés par la bande dessinée que Patrick Braoudé a décidé d’adapter au cinéma. C’est aussi l’occasion de saluer ce grand artiste qu’était Jacques Villeret, dont ce fut le dernier film. Iznogoud est sorti sur les écrans le 9 février 2005, moins de deux semaines après la mort du comédien.
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Jacques Villeret montrant ses bijoux lors du tournage du film au Maroc
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Collier et bracelets portés par Jacques Villeret dans le film Iznogoud.
Les bracelets ont été réalisés à partir d'anciennes boucles de ceintures (collection Bijouterie du Spectacle)

vendredi 19 septembre 2008

Les tribulations du collier de l’ordre de Saint-Michel

Un collier de l'Ordre de Saint-Michel réalisé pour le spectacle
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Il est des bijoux de spectacle qui connaissent une existence mouvementée. Créés pour un film ou une pièce, ils disparaissent pendant des mois, voire de longues années, remisés dans un coin sombre d’une réserve d’accessoires ou de costumes. Et puis, un beau jour, un costumier les découvre, leur trouve un nouvel emploi et les voici à nouveau propulsés dans la lumière des projecteurs. Et c’est ainsi que telle couronne ou tel collier va voyager de film en film, de pièce en pièce, d’une scène à un studio, de Paris à Marseille, au gré de l’imagination et des besoins de différents créateurs de costumes.

Costume réalisé par Florica Malureanu pour Boris Godounov (1984)

Durant l’hiver 2006, galerie de Valois, au Palais Royal, nous nous arrêtons un instant pour admirer dans une vitrine de splendides vêtements exposés par le ministère de la Culture, en prélude à l’ouverture du futur Centre National du Costume de Scène. En particulier un habit chargé d’or réalisé par Florica Malureanu pour l’opéra Boris Godounov, joué au Palais Garnier, en 1984. Immédiatement notre attention est attirée par la curieuse ceinture qui en est l’ornement principal. Constituée de coquilles reliées entre elles par des aiguillettes, c’est en fait une reproduction d’un collier de l’Ordre de Saint-Michel. Ornement que nous connaissons bien puisqu’il est quasiment inséparable du Roi Louis XI, fondateur de cet Ordre de chevalerie en 1469. Par quel hasard et dans quelles circonstances a-t-il été transformé en ceinture ? Nous l’ignorons. Ce qui est certain, c’est que cette copie a été réalisée au début des années soixante, pour le cinéma. Elle apparaît dans le film Le miracle des loups, d’André Hunebelle, en 1961. Portée par Jean-Louis Barrault qui y interprète un Louis XI conforme à sa légende noire. On la retrouve ensuite à la télévision, dans une dramatique réalisée en 1980 par Jean-Claude Lubtchansky intitulée Louis XI, un seul roi pour la France. Quelques années plus tard, dépourvu de sa médaille de Saint-Michel, le collier s’est mué en ceinture pour la comédienne chanteuse Arielle Dombasle, qui pose pour la couverture d’un magazine. Enfin, il termine sa carrière à l’opéra avant de rejoindre le Centre National du Costume de Scène, à Moulins, pour y goûter une retraite bien méritée.

Le collier de l'Ordre de Saint-Michel
porté en ceinture par Arielle Dombasle

Anne d'Autriche au théâtre

La journée des dupes

En complément à notre article sur les bijoux d'Anne d'Autriche, publié en février dernier, il nous a paru intéressant de signaler que cette reine, assez souvent présentée au cinéma et à la télévision, figure actuellement dans deux pièces qui sont jouées à Paris. En effet, bénéficiant d'un étonnant don d'ubiquité la souveraine est à l'affiche, tous les soirs, à la fois du théâtre Montparnasse (Le diable rouge d'Antoine Rault, du 5 septembre au 30 décembre 2008) et du théâtre 14-Jean-Marie Serreau (La journée des dupes de Jacques Rampal, du 9 septembre au 25 octobre 2008).
Sur la scène du premier, c'est l'excellente Geneviève Casile qui l'interprète, donnant la réplique à Claude Rich revêtu de la soutane pourpre de Mazarin. Les costumes créés par Claire Belloc sont assez beaux quoique très éloignés de la réalité historique. Encore une fois l'effet Bollywood se fait sentir au niveau des bijoux. Ici point de collier de perles mais une parure beaucoup trop moderne. Louis XIV est interprété par le jeune Adrien Melin.
Les comédiens de la seconde pièce sont habillés de costumes réalisés par Eve-Marie Arnault, plutôt sobres et classiques. Cécile Paoli joue Anne d'Autriche, Emmanuel Dechartre, Richelieu, Julie Ravicz, Marie de Médicis, et Benoit Solès, Louis XIII.
Deux Anne d'Autriche simultanément sur les planches, ça n'arrive pas tous les jours.

Le diable rouge

vendredi 12 septembre 2008

Visages et costumes du Second Empire

Pour illustrer notre article d’hier, consacré aux costumes du Second Empire, et ne disposant pas encore de photographies de la prochaine exposition du musée Galliera, nous avons puisé dans les collections iconographiques de la Bijouterie du Spectacle – très riches sur cette période – pour en extraire quelques images significatives. Ce sont des portraits d’hommes, de femmes, d’enfants, appartenant pour la plupart à la bourgeoisie française, réalisés dans les années 1850-1860.
Ces images sont une précieuse source documentaire pour mieux connaître les costumes, les coiffures ou les accessoires (parfois les bijoux) du temps des crinolines
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jeudi 11 septembre 2008

La mode du Second Empire

Du 29 novembre 2008 au 26 avril 2009 le musée Galliera, à Paris, présente une exposition intitulée Sous l’Empire des crinolines, 1852-1870 consacrée à la mode du Second Empire "Robes, coiffures, bijoux, accessoires accompagnés de peintures, d’estampes et de photographies… plus de 300 pièces projettent le visiteur au temps où la silhouette féminine est toute en courbes, à l’image des modèles de Ingres. Les robes à crinoline symbolisent l’époque : corsage ajusté sur des épaules rondes, taille étranglée sous une volumineuse jupe faite de mètres et de mètres de moire, taffetas, dentelle, mousseline, tulle… La mode balance entre un style raffiné et un style tapageur aux couleurs criardes, nouvellement apparues dans le textile. Imprimées ou rayées, ces robes voyantes sont parées d’une accumulation d’ornements : volants, franges, guirlandes de fleurs, ruchés de dentelles et de rubans. Les femmes du monde – tout comme les cocottes – changent de toilette jusqu’à cinq fois par jour pour suivre le rythme effréné de la vie sociale : dîners, concerts, spectacles, réceptions… Les bals sont à la mode et les plus courus donnés à la cour de Napoléon III.

L'impératrice Eugénie tenant son fils dans les bras,
sur les marches de la terrasse du château de Compiègne
Octobre 1856 (photo Olympe Aguado)

L’exposition s’ouvre sur une Scène de bal. Mantelets et robes à crinoline sont accompagnés de carnets de bal, d’éventails, de porte-bouquets, de parures de tête… Quelques pièces ayant appartenu à l’impératrice Eugénie et à la princesse Mathilde sont présentées. Le parcours se poursuit avec la Vie moderne qui présente les vêtements de ville comme de villégiature : capes, robes retroussées, boléros, petits costumes (ancêtres du tailleur) ainsi que leurs indispensables accessoires : châles, ombrelles, chapeaux, bottines… La bonne société suit l’air du temps qui est à la modernisation – urbanisme, industrie, chemins de fer… – et part en voyage d’agrément à la montagne, dans les stations balnéaires ou les villes d’eau. Puis sont évoquées la production et la commercialisation des articles de mode. Le Second Empire voit les prémices de la Haute Couture – Charles Frederick Worth crée sa maison de couture en 1857 à Paris – tandis que les Grands magasins sont en plein essor : Au Louvre, Au Bon Marché, Au Printemps… Quant aux Expositions universelles de 1855 et 1867, elles reflètent un Paris vitrine internationale de l’excellence. Le final, avec la présentation de la Joaillerie – Mellerio dits Meller, Morel, Cartier, Boucheron –, consacre brillamment Paris dans son rôle de capitale de l’élégance et du luxe."

Musée Galliera
10, avenue Pierre 1er de Serbie – 75116 Paris
Tél.: 01 56 52 86 00
Tous les jours sauf le lundi
(de 14h à 18h les jours fériés)

dimanche 31 août 2008

Trésors de la collection Spada

Le Musée National de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, à Paris, va présenter du 19 novembre 2008 au 15 mars 2009, les trésors de la collection de l’ambassadeur Antonio Spada.
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Toison d'or du XVIe siècle

L’ambassadeur Antonio Benedetto Spada est un incroyable collectionneur qui, dès l'âge de seize ans, a constitué de nombreuses collections : livres anciens et gravures, argenterie, timbres, meubles et pendules, tableaux, reliures, coquillages rares. Jusqu'au jour où, aux puces de Saint-Ouen, à la fin des années soixante, il découvrit une plaque de l’ordre espagnol du Mérite militaire, dans son écrin d’origine. Il l’acheta aussitôt, la considérant comme un bel objet d’argenterie; puis il se mit à l’étudier. Dès lors, les ordres et décorations vont devenir sa principale passion, faisant de ce collectionneur infatigable un des plus grands experts du monde dans le domaine de la phaléristique.
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Aujourd’hui, la collection Spada, outre les décorations - sans doute le rassemblement le plus important au monde en des mains privées - comprend aussi des médailles, des uniformes, des armes, des bâtons de maréchaux, des drapeaux, des documents en tous genres couvrant une période allant du XVIe siècle à nos jours, reflet de l’histoire italienne et internationale.
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Le musée National de la Légion d'Honneur va donc exposer près de six-cents des plus belles pièces de ce collectionneur, toutes choisies en raison de leur rareté, beauté, ancienneté, curiosité et appartenance. Elles sont issues de près de quarante pays et illustrent cent ordres différents. Ce sont pour la plupart de magnifiques ouvrages d'orfèvrerie souvent enrichis de pierreries, tels que pendentifs, insignes finement ciselées et émaillées ou superbes colliers de cérémonie.

Musée et exposition en accès libre tous les jours sauf le lundi (mardi réservé aux groupes sur réservation)

Honneur & Gloire: Trésors de la collection Spada
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jeudi 21 août 2008

La barrette "Star Sissi" de retour en Autriche


Les médias autrichiens viennent d'annoncer que la barrette "Star Sissi" ornée de diamants, autrefois propriété de l'impératrice Elisabeth d'Autriche (1837-1898), vient enfin de retrouver son pays d'origine.
Volée en 1998 lors de l'exposition consacrée au centième anniversaire de la mort d'Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, connue sous le surnom de Sissi, épouse de l'empereur François-Joseph I, la barrette a enfin été restituée à l'Autriche par le Canada où a récemment pris fin le procès du ravisseur âgé de 35 ans.
Bien que le bijou ait été placé à l'abri derrière un vitrage blindé, le voleur avait réussi à la remplacer par un faux. Un agent de sécurité avait remarqué le subterfuge par accident.
La barrette n'a été retrouvée qu'au bout d'un an grâce à l'enquête menée au Canada sur le cambriolage d'une banque canadienne. Ainsi, la police a découvert la "star Sissi" à Winnipeg (province de Manitoba), dans la maison de la grand-mère de l'un des soupçonnés.
L'impératrice Elizabeth d'Autriche possédait une très belle chevelure qu'elle décorait souvent avec des barrettes précieuses.


Cette parure de rubis a été portée par Sissi comme on peut le voir sur le portrait peint par Georg Raab en 1875 (photo ci dessus). Elle a d'abord appartenu à la reine Marie-Antoinette puis à sa fille Madame Royal, laquelle l'a ensuite cédée aux Habsbourg. Elle fut portée par toutes les impératrices d'Autriche.

mardi 19 août 2008

Copies de bijoux royaux


Nicolas Cayrasso, fondateur de la société Aux Armes de France et de Navarre, s'est spécialisé depuis plusieurs années dans la reconstitution de bijoux royaux et ordres de chevalerie anciens. C'est ainsi que depuis 2006 il a entrepris de rééditer la plupart des joyaux personnels connus de Marie-Antoinette. Travail qui nécessite des recherches fastidieuses rarement entreprises dans l'histoire de la joaillerie française. Après avoir restitué la célèbre parure qui est à l'origine de la fameuse "affaire du collier de la reine" (700 pierres taillées à la main et serties sur argent), il vient de produire récemment une superbe copie du "Massimo", autre collier d'origine royale, autrefois propriété de la dauphine Marie-Thérèse, fille de Marie-Antoinette, composé de diamants ayant appartenu à la reine. Cette réplique se présente sous la forme d'une rivière de quarante-trois pierres baroques (30 coussins à colette ouverte et 13 poires en pierres de synthèse, totalisant 425 carats) montée sur argent massif. Aux Armes de France a également réédité la paire de pendant d'oreille ornée de deux diamants en "briolette" offerte par Louis XVI à Marie-Antoinette en 1774. Elle est en argent massif et cristal de roche naturel.
Parmi les autres joyaux reconstitués, une magnifique plaque de l'Ordre du Saint-Esprit (plus de 450 carats de pierreries sur une monture en argent massif) inspirée de celle qui fut commandée par Louis XV à l'orfèvre Jacquemin dans les années 1750, ou l'épaulette du Roi de Saxe Auguste le Fort, restituée d'après celle qui fut réalisée entre 1782 et 1789. Nicolas Cayrasso, qui travaille aussi pour le cinéma ou la télévision, propose également à la location la plupart de ses articles. C'est lui qui a fourni la plaque de l'ordre du Saint-Esprit de diamants que porte Louis XIV dans le docu-fiction Versailles, le rêve d'un roi (voir notre article du 25 février 2008).