mercredi 4 décembre 2013

Cartier, le style et l’histoire


Aujourd’hui débute l’exposition Cartier, le style et l’histoire, présentée dans le salon d’Honneur du Grand Palais, à Paris. Elle durera jusqu’au 16 février 2014.

 

  Pour Laurent Salomé, conservateur en chef du patrimoine et directeur scientifique de la RMN-Grand Palais, et Laure Dalon, conservateur du patrimoine adjoint, tous deux commissaires de l’exposition, la tâche n’a pas été simple. Mais ils ont relevé le défi, avec talent et imagination, de présenter une exposition qui brille, certes, mais qui ne se réduit pas qu’à une simple boutique de joaillerie.
  Il y a tellement à dire sur la Maison Cartier, si riche de créations depuis sa fondation, en 1847, jusqu’au milieu des années 1970, époque où s’arrête cette présentation. Plus de 600 pièces d’exception sont rassemblées ici pour la première fois, provenant principalement de la Collection Cartier, mais aussi de prêts privés, d’institutions et de collections de musées français et étrangers. Elles forment un ensemble unique témoignant de l’histoire complexe et foisonnante du joaillier des rois et roi des joailliers. Plus de 300 documents provenant des archives Cartier complètent ce parcours : cahiers d’idées, dessins, registres de commandes, livres de stock, empreintes en plâtre, autochromes et photographies dévoilent une part méconnue du processus créatif du joaillier. Au gré des styles, des inspirations et des personnalités emblématiques, c’est ainsi toute l’histoire de la Maison Cartier qui se révèle dans cet écrin prestigieux.

  Outre quelque 539 pièces provenant directement de la collection Cartier, une soixantaine d’objets – dont beaucoup de bijoux – ont été prêtés par d'illustres propriétaires. Parmi ceux-ci figurent quelques pièces exceptionnelles. Notamment le diadème Halo, réalisé en 1936, appartenant à la reine Elizabeth II et encore porté, en avril 2011, par Kate Middleton à l’occasion de son mariage avec le prince William. Il est composé de 739 diamants de taille brillant et de 149 autres de taille baguette. Egalement empruntée à la famille royale d’Angleterre, une broche fleur datée de 1953, avec en son centre le diamant rose Williamson (23,60 carats). A titre exceptionnel, la principauté de Monaco a aussi confié quelques bijoux ayant appartenu à Grace Kelly, comme sa bague de fiançailles ornée d’un magnifique diamant de taille émeraude. On peut ajouter à cette liste l’imposant saphir de Marie de Roumanie, magnifique pierre bleue de 487 carats, le grand collier de diamants du Maharajah de Patiala, le collier serpent fait de 2473 diamants et émeraudes de l’actrice mexicaine Maria Félix ou les bracelets Art déco, en cristal de roche et diamants, d’une autre actrice, Gloria Swanson.


Collier, Cartier Paris, 1951, transformé en 1953. Platine, or, diamants taille brillant, baguette et de forme fantaisie, 8 rubis birmans de forme coussin et ovale, facettés.Provenance: Elizabeth Taylor. 
Photo V. Vulveryck, Collection Cartier


Devant de corsage en platine, diamants ronds taille ancienne et taille rose, 
un saphir de forme poire, sept saphirs de forme coussin pour un poids total de 51 carats environ. 
Commande spéciale de 1907
Photo V. Vulveryck, Collection Cartier

Collier, Cartier Paris, commande de 1928 de Sir Bhupindar Singh, maharajah de Patiala. 
Monture en platine sertie de 2 930 diamants taille brillant, de deux rubis
et du célèbre diamant de Beers (234,69 carats), pour un poids total de 1000 carats. 
 Photo V. Vulveryck, Collection Cartier

Parure avec collier, broche et boucles d’oreilles en or, améthystes de forme ovale et poire facettées, écaille. Vers 1860, Cartier Paris.
 Photo V. Vulveryck, Collection Cartier

Cartier : le style et l’histoire 
Grand Palais, salon d’honneur, 3 avenue du général Eisenhower 75008 Paris.  Du 4 décembre 2013 au 16 février 2014.  Tous les jours de 10h à 20h, sauf le mardi.  Nocturnes jusqu’à 22h du mercredi au samedi jusqu’au 6 janvier, puis le mercredi seulement.  Vacances de Noël (du 21 décembre au 4 janvier) : Tous les jours de 9h à 22h, sauf le mardi.

samedi 10 mars 2012

Dessins de costumes aux enchères


Projets de costumes pour un opéra (lot n°286)
Cinq gouaches sur carton de Charles Betout
 22 x 30 cm. Estimation : 200/300 € Non adjugé



Vendredi 16 mars, à Drouot-Richelieu (Salle 2, 14h00), la maison de ventes aux enchères Million va procéder à la dispersion de la collection du décorateur Guillaume Monin (1908-1978).
Outre des livres, autographes, photographies, objets de curiosité, dont quelques costumes de ballets et d’opéra, de nombreuses gouaches de décors et de costumes, d’origines très diverses, seront proposées aux acheteurs. En voici quelques unes.

Département Arts et Spectacles
Gwenola de Cremiers
19, rue de la Grande Batelière 75009 Paris
Tél. : +33 1 48 00 99 44 - Port. : +33 6 34 27 58 96
gdecremiers@millon-associes.com


Costume de Peter Ustinov pour le film Lola Montés de Max Ophüls (lot n°276)
Gouache sur papier de Georges Annenkoff
Signée en bas à droite, 26 x 45 cm. Estimation : 400/600 € Adjugé 1300 €




Costume d’Anne Roussel pour la série télé Princesse Alexandra (lot n°290)
Gouache sur papier de Claude Catulle, avec échantillonnage et photographie jointe
Signée en bas à droite, 22 x 38 cm. Estimation : 150/200 €
Non adjugé
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Costume pour le film Le secret du chevalier d'Eon (lot n°295)
Gouache sur papier de Rosine Delamare
Signée en bas à droite, 30 x 50 cm. Estimation : 150/200 €
Non adjugé


Costume de Viviane Romance pour le film Le collier de la Reine de Marcel Lherbier (lot n°277)
Gouache sur papier de Georges Annenkoff
Signée en bas à droite, 35 x 50 cm. Estimation : 800/1200 € Adjugé 2000 €


Costume pour la série télé La chambre des dames (lot n°289)
Gouache sur papier de Claude Catulle, avec échantillonnage
Signée en bas à droite, 32 x 47 cm. Estimation : 150/200 €
Non adjugé


Projets de costumes pour un film, datés de 1919 (lot n°283)
Trois gouaches sur carton de GK Benda
Signées, 22 x 29 cm. Estimation : 120/150 €
Non adjugé


Retrouvez l'ensemble de la vente en images sur : www.millon-associes.com


mercredi 29 février 2012

Le « Beau Sancy » va être vendu aux enchères

Crédits photo : Jasper ''Yogi'' Gough/Sotheby's


   Le 15 mai prochain, la maison Sotheby’s va mettre aux enchères, à Genève, le Beau Sancy, un prestigieux diamant ayant appartenu à plusieurs maisons souveraines d’Europe.

   Son histoire débute à la fin du XVIème siècle, époque où il fut acheté à Constantinople par Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy, brillant ambassadeur français, grand financier et homme de guerre, mais aussi fin connaisseur et collectionneur de gemmes. D’où provenait ce diamant ? Probablement des mines de Golconde, en Inde, région d’où sont également issus d’autres pierres célèbres, tels le Hope ou le Régent. Il fut baptisé le Beau Sancy, en référence à son premier propriétaire, ou encore le Petit Sancy pour le distinguer du Grand Sancy, autre pierre magnifique acquise par ce même diplomate.

   Après l’avoir laissé en gage en Suisse, de 1589 à 1595, pour financer les troupes royales, Nicolas de Harlay tenta ensuite de le vendre au duc de Mantoue puis au roi d’Angleterre, moyennant 35.000 écus. En vain. Ce fut finalement Marie de Médicis, l’épouse d’Henri IV, qui l’acheta en 1604, pour 25.000 écus, prix bien inférieur à sa valeur réelle. La reine le conserva parmi ses joyaux personnels et l’utilisa, notamment, pour orner le sommet de sa couronne le jour de son sacre, le 13 mai 1610. Elle emporta la pierre lorsqu’elle quitta furtivement la France, en 1631, pour se réfugier à Bruxelles. Au terme d’une dizaine d’années d’exil elle mourut à Cologne, le 3 juillet 1642, criblée de dettes et dans le plus grand dénuement. Cependant elle avait gardé le Beau Sancy. Lorsqu’on vendit ses biens pour rembourser ses créanciers, la pierre fut alors achetée par le prince Frédéric-Henri d’Orange pour 80.000 florins.

   En novembre 1677, Guillaume III d’Orange-Nassau, qui avait hérité du diamant, l’offrit en cadeau de mariage à son épouse, Marie Stuart. Le couple monta sur le trône d’Angleterre et s’éteignit sans descendance. Le Beau Sancy passa alors par héritage à Frédéric III, prince électeur de Brandebourg qui, à partir de 1701, devint roi de Prusse sous le nom de Frédéric 1er. Dès lors, il fut conservé parmi les joyaux de cet Etat. Frédéric le Grand, qui l’avait trouvé fixé sur la couronne royale, l’utilisa par la suite comme principal ornement d’une broche de diamants. Son neveu et successeur Frédéric-Guillaume II, pour sa part, préféra l’utiliser comme pendentif d’un collier constitué de vingt-deux diamants taillés en roses. Au début du XXe siècle, on retrouve la pierre montée sur un autre collier, formé de vingt-deux brillants; enfin, dans les dernières décennies, on fera le choix d’une simple monture pour ne la porter qu’en pendentif isolé. Jusqu’à ce jour, elle est restée la propriété de la maison de Hohenzollern, princes de Prusse.

   Magnifique diamant blanc de 34,98 carats, taillé en poire-pendeloque en double rose, le Beau Sancy mesure 22,4 mm de hauteur, 19,5 mm de largeur et 11,1 mm d’épaisseur. Sa partie centrale présente la forme d’une étoile de huit facettes en forme de losanges. Au cours des cinquante dernières années, il n'a été présenté au public que quatre fois : en 1972, à Helsinki, aux côtés du Grand Sancy; en 1985, à Hambourg; en 2001, une nouvelle fois avec le Grand Sancy, au Musée national d'histoire naturelle de Paris et enfin, en 2004, à Munich. Avant d’être proposé aux enchères il va être exposé dans plusieurs capitales, notamment chez Sotheby’s, à Paris, les 24 et 25 avril prochains. Il est estimé entre deux et quatre millions de dollars.

Bibliographie : Bernard Morel, Les joyaux de la couronne de France, Albin Michel, 1988, p.137