mardi 31 mars 2009

La 23e cérémonie des Molières


La 23ème cérémonie des Molières aura lieu le 26 avril prochain, dans le cadre du théâtre de Paris, et sera diffusée sur France 2. Cette année, la remise des prix sera présidée par le comédien Bernard Giraudeau et présentée par Frédéric Mitterrand, directeur de la Villa Médicis.

Dans la catégorie des meilleurs costumes, ont été sélectionnés :

Emmanuel Peduzzi pour Les deux canards de Tristan Bernard et Alfred Athis, mis en scène par Alain Sachs.
De 1977 à 1996, il collabore avec le créateur de costumes Jacques Schmidt à plus de cent dix spectacles. Depuis 1996, il a réalisé les costumes de théâtre pour les metteurs en scène suivants : Roger Planchon (Triomphe de l'amour, L'Avare), Patrice Kerbrat (En attendant Godot), Jacques Rosner (La Mer, Jules César, Rodogune), Alain Milianti (Chabada Bada), Robert Fortune (La Surprise de l'amour), Adrian Brine (Le Bel air de Londres), David Leveaux (Trahisons), Thierry Harcourt (Outrage aux mœurs), etc.

Claire Risterucci pour Madame de Sade de Yukio Mishima, mis en scène par Jacques Vincey.
Depuis 1999, elle a réalisé les costumes de théâtre pour les metteurs en scène suivants : Alain Ollivier ( Toute nudité sera châtiée, les Nègres, Le Marin), Claude Yersin (Electre-Oreste et Bamako), Marc Paquien (La Mère, Le Baladin du monde occidental, La Dispute, L’assassin sans scrupules, Le mariage secret, la Ville), Marc Paquien (La Noce chez les petits bourgeois… créoles, Les aveugles, La dispute, L’Assassin sans scrupules, Le Mariage secret, La ville), Jacques Vincey (Le Belvédère, Mademoiselle Julie, Madame de Sade), Pierre Hoden (Le Procès de Lucullus), Blandine Savetier (Le Président), etc.

Claire Belloc pour Le Diable rouge d’Antoine Rault, mis en scène par Christophe Lidon.
Depuis 1986, elle a réalisé les costumes de théâtre pour les metteurs en scène suivants : Laurence Février (Hosanna), Philippe Adrien (Les Acteurs de bonne foi-la méprise, Doux oiseaux de jeunesse, Andromaque, Phèdre, L’Ecclésiaste), Tilly (A la folie pas du tout), Patrick Simon (Au bout de la plage), Hervé Van Der Meulen (Les Trente millions de Gladiator), Christophe Lidon (L’Antichambre, Le Diable rouge), etc.

Thibault Vancraenenbroeck pour Tartuffe de Molière, mis en scène par Stéphane Braunschweig.
Depuis 1993, il a réalisé les costumes de théâtre pour les metteurs en scène suivants : Frédéric Dussenne (Noces de Sang), Stéphane Braunschweig (Dans la jungle des villes, Woyzeck, La Mouette, L’Exaltation du labyrinthe, Pométhée enchaîné, La Famille Schroffenstein, Brand, Le misanthrope, Vêtir ceux qui sont nus, Les Trois sœurs, Tartuffe), Olga de Soto (Incorporer, Ce qui reste), etc.

jeudi 26 mars 2009

Le Costume de Cour en Europe 1650 – 1800


Du 31 mars au 28 juin 2009 au château de Versailles

L’exposition Fastes de Cour et cérémonies royales – le Costume de Cour en Europe 1650-1800 retrace l’histoire du costume de Cour en Europe et met ainsi en lumière l’influence majeure de la France dans ce domaine du milieu du XVIIe siècle au début du XIXe siècle. Pour la première fois, plus de 200 oeuvres (costumes, joyaux, iconographie) liées à des monarchies européennes prestigieuses sont ici rassemblées pour une exposition qui ne sera présentée qu’à Versailles. Le Victoria & Albert Museum, le Palais Pitti à Florence, le musée du Louvre, le musée Galliera, les Arts Décoratifs, les Archives nationales, ainsi que des collectionneurs privés ont accepté de prêter leurs oeuvres. Les collections royales de Londres, de Dresde, du Danemark (château de Rosenborg), de Suède (Livrustkammaren), du Portugal (Palais d’Ajuda), mais aussi les collections impériales de Vienne (Kunsthistorisches Museum), des tsars de Russie (musée de l’Ermitage), et de la Cathédrale de Cologne seront pour la première fois présentées en dehors de leur pays d’origine.
Cet événement s’inscrit dans le cycle des expositions évoquant la vie de Cour aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme Versailles et les tables royales en Europe XVIIe – XIXe siècles en 1993-1994.
Avec le costume de Cour se développe un véritable langage politique, dont la première fonction est de traduire visuellement la hiérarchie du pouvoir. Les costumes présentés dans l’exposition évoquent à la fois les circonstances extraordinaires fondatrices de la Monarchie, de la vie des monarques européens et de leurs courtisans, (sacre, couronnement et cérémonies d’Ordres royaux), mais également des circonstances prestigieuses qu’on retrouve dans toutes les cours comme les mariages. Les tenues portées lors de ces événements se singularisent par leur soumission au formalisme de l’Étiquette de la Cour. Ce sont le luxe des matériaux, des étoffes, des broderies, des dentelles, des passementeries et l’accumulation des joyaux et des pierreries, qui font que les vêtements de cour s’adaptent à telle ou telle circonstance. Le costume s’impose ainsi comme une vitrine du commerce de luxe, dont il emploie les innovations techniques et esthétiques. Avec la montée en puissance de la mode et le renouvellement accéléré des formes vestimentaires, le costume de cour évoluera vite. Cependant, les nombreuses commandes royales européennes, passées à Paris, attestent du rayonnement de la France et de son influence majeure en matière de costume de cour et de mode à travers la qualité remarquable atteinte par les artisans parisiens.

Scénographie : Giada Ricci

L’exposition est organisée par l’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles avec la collaboration de Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.

Informations pratiques :
Lieux : Salles d’Afrique et de Crimée du château de Versailles
Tous les jours sauf le lundi, de 9h à 17h30,
et à partir du 1er avril 2009 de 9h à 18h30.
Renseignements : 01 30 83 78 00

dimanche 22 mars 2009

Nouveaux tournages de fictions historiques



France 2 exploite à fond les richesses de notre patrimoine historique et culturel en fiction. Après Cartouche, actuellement en tournage dans le Périgord, Frédéric Diefenthal endossera l'habit de l'écrivain Châteaubriand fin avril. Toujours au rayon "écrivain", Michel Aumont et Dominique Blanc débuteront fin août le tournage de Rabelais, écrit et réalisé par Hervé Baslé. Francis Renaud (l'Affaire Grégory), lui, incarnera François Villon en juin. Romane Boringher sera Blanche Maupas, cette institutrice engagée dont le mari fut fusillé pendant la Première Guerre Mondiale. Autres victimes de la Grande Guerre, les gueules cassées auxquelles Bruno Lochet et Popeck rendront hommage dans Bas les coeurs. Fin 2009, Henri Helman (Lagardère, Charlotte Corday, Cartouche) dirigera Jacques Perrin dans Louis XI.

mercredi 11 mars 2009

Agnès Nègre et La cagnotte


C’est un joli téléfilm que nous a offert hier France 2. En dehors des comédiens et des décors – de bonne facture – la Cagnotte nous a aussi permis d’admirer le magnifique travail d’Agnès Nègre. Créatrice de costumes pour le cinéma et la télévision, Agnès Nègre a fêté l’année dernière sa 200e participation à une œuvre en costumes d’époque. En effet, depuis son arrivée dans ce métier, en 1967, la costumière s’est spécialisée dans l’habillement des films à caractère historique. Sur une vaste période, cependant, qui va de l’Antiquité aux années soixante-dix. Récompensée à plusieurs reprises (Prix des Métiers d’Arts, deux «Sept d’or », une nomination au César 1991 des meilleurs costumes pour La Gloire de mon père et Le Château de ma mère), elle a plus d’une corde à son arc. Elle est aussi peintre et graveur, a été chargée de cours à la FEMIS (1990-1991), et participe régulièrement à des conférences liées à ces sujets. Elle est également membre du CERPCOS (Collectif d’Etudes et de Recherches Pluridisciplinaires « corps et costumes de scène »).

jeudi 5 mars 2009

The Young Victoria


On parle beaucoup de The Young Victoria dont la première a eu lieu il y deux jours à Londres. Réalisé par le cinéaste québécois Jean-Marc Vallée, cette grande fresque historique raconte les jeunes années passionnées de la reine Victoria, notamment sa romance avec le prince Albert.
Tourné entièrement en Grande Bretagne, ce long métrage au gros budget de 35 millions de dollars est produit par Graham King, de la société Initial Entertainment Group, et Martin Scorsese.
Les rôles principaux sont interprétés par Emily Blunt (Victoria) et Rupert Friend (le prince Albert).
En ce qui concerne les costumes, les premières images du film, actuellement disponibles, permettent d’en avoir un assez bon aperçu. Ils ont été réalisés avec un souci du détail, une réelle recherche de l’authenticité, qui devraient satisfaire les amateurs de ce genre de productions. Il est vrai que la chef costumière, Sandy Powell, bénéficie d’une solide expérience des films d’époque. La qualité de son travail a d’ailleurs été récompensée à deux reprises par un Oscar. Le premier, en 1999, pour le film Shakespeare in Love (1998) et le second, en 2005, pour The Aviator (2004).
Pour l’instant, aucune date n’a encore été communiquée pour la sortie en France de The Young Victoria.




le site du film :

samedi 28 février 2009

Madeline Fontaine, César des meilleurs costumes


Hier, au Théâtre du Châtelet, à l’occasion de la 34ème cérémonie des César, Madeline Fontaine a reçu le César des « meilleurs costumes » pour Séraphine de Martin Provost. C’est le second César qu’elle reçoit après celui obtenu, il y a quatre ans, pour Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.
En venant prendre possession de la précieuse sculpture, la sympathique costumière à salué « toute la bande de funambules qui a réussi le pari de faire le film de Séraphine, sur un fil ». Sans oublier d’associer à son succès Jean-Patrick Godry et Véronique Elise pour leur précieux concours. Ce témoignage de sympathie devrait apporter un peu de baume au cœur de Jean-Patrick qui nous confiait, il y a un mois, vouloir prendre ses distances avec ce petit monde « où il est de plus en plus difficile de faire les choses idéalement ».
Pour revenir à Madeline Fontaine, dont nous avons déjà évoqué la carrière sur ce blog, rappelons simplement qu’elle est, entre autres, la costumière favorite de Jean-Pierre Jeunet. Avec lui elle a travaillé sur les costumes de La cité des enfants perdus (1995), Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001) Un long dimanche de Fiançailles (2004) et, enfin, Micmacs à Tire-larigot (2008) que l’on devrait voir sur les écrans en novembre prochain.

jeudi 26 février 2009

Une boîte à portrait de Louis XIV entre au Louvre


Le 25 février dernier, lors de la vente de la collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, chez Christie's, le département des Objets d'Art du Louvre a préempté une importante et très rare boîte à portrait de Louis XIV. Estimée entre 200.000 et 300.000 euros, elle a finalement été emportée pour 481.000 euros.
Haute de 7,2 cm, elle est composée d'une miniature représentant Louis XIV en armure de parade, portant le cordon de l'ordre du Saint-Esprit, entourée d'une monture ovale formée de dix diamants taillés en rose et de quarante petits diamants, et surmontée d'une couronne de cinq diamants à neuf facettes et vingt-trois petits diamants. Le revers est émaillé du chiffre royal et de rinceaux feuillagés, roses et noirs, sur un fond blanc. Réalisée dans les années 1680, elle est l'œuvre de Jean Petiot (1607-1691) pour la miniature et de Pierre ou Laurent Le Tessier de Montarsy, pour la monture.
A l'origine, les boîtes à portrait étaient conçues avec des coffrets pour être offertes comme cadeaux diplomatiques. On sait que plus de trois-cents boîtes, destinées à cet usage, ont été fabriquées au cours du règne de Louis XIV. Seules quelques unes sont parvenues jusqu'à nous. Des trois boîtes à portrait du roi, que l'on connait actuellement, l'exemplaire acquis par le Louvre est de loin le plus complet.

mardi 24 février 2009

La fuite de Louis XVI à Varennes

Après l’assassinat d’Henri IV, en janvier, c’est le second téléfilm de la série « Ce jour là tout a changé » que nous a offert, ce soir, France 2.
Réalisé par Arnaud Sélignac, ce nouveau récit était consacré, cette fois, à la fuite de Louis XVI et son arrestation à Varennes, en juin 1791. Malgré quelques anachronismes, l’ensemble nous a semblé supérieur en qualité au premier numéro de cette collection. Mais il est vrai que la fin du XVIIIe siècle est plus facile à représenter à l’écran que le début du XVIIe siècle. Les costumes, en partie loués en Grande-Bretagne, étaient de bonne facture. Peu de bijoux, quelques croix de Saint-Louis en métal ou en cannetille, quelques ordres de la toison d’or, complétaient les tenues sans trop d’ostentation. En revanche, certaines perruques paraissaient incongrues. Est-ce en raison de la présence du coiffeur Léonard à qui les auteurs du scénario accordent un rôle important ? Si Antoine Gouy s’est glissé avec beaucoup de talent dans les habits de Louis XVI, on peut regretter, à la rigueur, que le réalisateur ne lui ait pas préféré un acteur ayant une morphologie plus conforme à celle du roi. Ce dernier était un colosse d’environ 1,93 m, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, avec un nez caractéristique des Bourbons.

dimanche 22 février 2009

Au siècle de Maupassant

Dès le 10 mars prochain, France 2 va commencer la diffusion de sa collection "Au siècle de Maupassant", une série de huit films de soixante minutes. C'est La cagnotte, de Labiche et Alfred Delacour, un téléfilm réalisé par Philippe Monnier, qui inaugurera ce cycle. Avec, dans les rôles principaux, Anne Chazel (Léonida Champbourcy), Eddy Mitchell (Champbourcy), Philippe Chevallier (Cordenbois), Louise Blachère (Blanche), Alain Doutey (Colladan)… Cet inédit sera suivi, le même jour, d'une rediffusion de La parure, réalisé par Claude Chabrol, (première diffusion en mars 2007).
Les sept autres titres que l'on pourra voir au cours des mois suivants, sont : Le bonheur dans le crime, La maison du chat qui pelote, Claude Gueux, Boubouroche, Le petit vieux des Batignolles, Les trois messes basses et Pour une nuit d'amour.

jeudi 19 février 2009

Costumes de films historiques



A tous ceux qui s’intéressent aux films en costumes, nous signalons The costumer’s guide, un site en anglais extrêmement riche en images et en références de toutes sortes. Le costume féminin y tient une place éminente. Peu de films français. Une visite s’impose.

http://http://www.costumersguide.com/about.shtml

lundi 16 février 2009

La Commanderie

La maison forte de Pisy (Yonne)


France 2 et la société de production Tétra Média commencent aujourd'hui le tournage de La Commanderie. Réalisée par Didier Le Pêcheur, cette série en huit épisodes devait au départ être tournée dans le Périgord. Finalement, après de nombreuses recherches, c’est en Bourgogne et en Ile-de-France qu’auront lieu les prises de vues. En particulier au château de Pisy, à une vingtaine de kilomètres d’Avallon.
L’histoire se déroule en 1375, dans les territoires du Périgord plongés au cœur d’une guerre qui va durer cent ans, où la peste noire a déjà décimé plus d’un tiers de la population, la précarité, et les pillages sont quotidiens, les épidémies chroniques. Dans ces temps de désolation, la majeure partie de la population a peur et a faim.
Il existe cependant un lieu d’aide et de réconfort incarné par une simple ferme fortifiée, seul refuge d’une population qui tente d’échapper aux difficultés de l’époque. Cette ferme fortifiée, c’est la Commanderie d’Assier, seigneurie de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et de Rhodes.
Ancienne possession templière léguée par le roi de France après la disparition de l’Ordre du Temple, la Commanderie rassemble en son sein une dizaine de chevaliers tout à la fois moines, soldats, médecins et agriculteurs qui accueillent pèlerins, mendiants et malades venus chercher refuge et hospitalité.
En choisissant un lieu emblématique où miséreux et laissés pour compte viennent chercher refuge, où se rencontrent, pour un jour ou pour un soir, toutes les couches de la société, la série nous plonge dans un moyen-âge au quotidien; pas celui des batailles, des mariages royaux et des grandes dates mais l’aventure des anonymes, la vie ordinaire d’un monde rural où chaque moisson est un combat, chaque vendange une victoire…
Le tournage doit se dérouler jusqu'au 10 juin, avec Clément Sibony (Thomas), Louise Pasteau (Constance), Carlo Brandt (le commandeur), Pascal Elso (Geoffroy), Antoine Chollet (Géraud) etc. La chef costumière de cette fiction est Claire Gueneau.

mercredi 11 février 2009

La Reine et le Cardinal


Que penser du téléfilm historique La Reine et le Cardinal que vient de diffuser France 2 les 10 et 11 février ?
D'abord, il faut reconnaître les efforts considérables qui ont présidé à sa création. Car il a fallu trois ans et demi pour monter ce projet, doté d’un budget de 5,7 millions d’euros. Cela dit, dans notre article du 24 novembre 2008, nous formulions des réserves sur cette histoire d’amour entre Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin. Jacques Santamaria, le scénariste, parait assumer son interprétation toute personnelle de l’histoire par cette formule : "ne refusons pas à l'histoire sa part de romanesque". A voir.
Par ailleurs, nous avons déjà salué le travail de Florence Sadaune, la costumière, qui parait s’être acquittée fort honorablement de sa mission d’habiller quatre-vingt-trois rôles « lourds » et quelques centaines de figurants (deux heures et demie de préparation chaque jour pour Alessandra Martines). Faisons l’impasse sur les erreurs inhérentes à ce genre de reconstitution, tant il devient de plus en plus difficile de louer, ou de faire fabriquer, un ensemble cohérent de costumes d’une époque donnée. Pour notre part, nous regrettons un peu le manque d’authenticité et de réalisme de la plupart des bijoux. Une bonne note pour les colliers d’un rang de perles ou les boucles d'oreilles de perles-poires, parfaitement conformes au XVIIe siècle. Par contre, Anne d’Autriche nous parait avoir été passablement maltraitée, avec quelques rares colliers pas très « royaux » et ces deux modestes et uniques croix qu’elle semble porter tout au long de sa vie. Elle qui possédait de merveilleux joyaux ! Nous n’avons pu savoir si cette histoire des deux bagues commandées par le cardinal était authentique. Deux bagues composées chacune d’un gros rubis, souvent présentes à l’écran, et dont on nous dit qu’elles comportaient les initiales des deux amants ainsi que le signe cryptique « S » fermé, symbole de l’amour éternel.

lundi 9 février 2009

La crise et le cristal

La crise commence à toucher l'industrie du luxe. Avec des conséquences parfois inattendues. Ainsi, hier, la télévision autrichienne ORF a annoncé que la célèbre maison Swarovski s'apprêterait à supprimer cent-cinquante emplois supplémentaires dans son usine de cristal de Wattens, dans le Tyrol. L'année dernière, suite à une diminution de ses ventes, l'entreprise a déjà supprimé sept-cent-cinquante des six mille postes que comptait le site de Wattens. Cette baisse s'expliquait, selon elle, par une forte augmentation de l'inflation concomitante avec la faiblesse du dollar.

Il semblerait, toujours selon ORF, que Swarovski envisage aussi de délocaliser plusieurs unités de production en République tchèque et en Chine, ce qui pourrait entraîner, à terme, de nouvelles suppressions de postes en Autriche.

Swarovski, qui emploie 22.000 personnes dans le monde, a déclaré un chiffre d'affaires de 2,56 milliards d'euros en 2007.

vendredi 6 février 2009

La mode en images

Petit coup de cœur pour le site Ancarpost, qui ne figure pas parmi les bases de données les plus consultées. Découvert par hasard, comme beaucoup d'autres, en feuilletant les pages d'internet. On y trouve de nombreuses illustrations anciennes dont notamment toute une série sur la mode de 1794 à 1894. Egalement, pour les amateurs, des photos de l'armée française et des planches d'uniformes.

http://www.ancarpost.org/index.php?/additional_page/1

mardi 3 février 2009

George Sand


En mars prochain, débutera le tournage du téléfilm George et Franchette réalisé par Jean-Daniel Verghaeghe. Ce biopic destiné à France 3 retracera la vie de George Sand. L’actrice Ariane Ascaride incarnera l’écrivain.
Ce n’est pas la première fois que la célèbre femme de lettres est incarnée à l’écran. Voici une petite liste (non exhaustive) de films ou téléfilms où elle fait une apparition : La chanson de l’adieu d’Albert Valentin (1934)(interprétée par Lucienne Le Marchand), Pontcarral, colonel d’Empire de Jean Delannoy (1942)(Alberte Bayol), A song to remember de Charles Vidor (1945)(Merle Oberon), Rêves d’amour de Christian Stengel (1947)(Mila Parély), George qui ? de Michèle Rosier (1973)(Anne Wiazemsky), Notorious Woman de Waris Hussein (1974)(Rosemary Harris), Impromtu de James Lapine (1991)(Judy Davis), George Sand, une femme libre de Gérard Poitou-Weber (1994)(Christine Citti), Les enfants du siècle de Diane Kurys (1999)(Juliette Binoche).

samedi 31 janvier 2009

Dans les coulisses de Cartouche


Florence Clamond (à gauche) et une partie de son équipe : assistante, chef d’atelier, couturières et stagiaires


Le tournage de la minisérie Cartouche, réalisée par Henri Helman, va débuter le 9 février prochain. Filmé en décors naturels, en Gironde et en Dordogne, ce téléfilm en deux parties devrait s’achever vers le 10 avril.
Depuis la mi décembre, la costumière Florence Clamond a constitué une équipe d’une douzaine de personnes avec laquelle elle travaille, sans relâche, à la préparation des quelque trois-cents costumes qui seront nécessaires à cette importante production.
Avec son charmant accent du Sud de la France, d’où elle est originaire, elle sait parler avec chaleur et enthousiasme de ce métier dont elle a ressenti dès l’âge de seize ans la vocation. Un bac littéraire en poche, elle a d’abord suivi les cours du Lycée professionnel La Source, à Nogent-sur-Marne, afin d’acquérir une formation de costumière de production. Puis, au cours des années suivantes, elle est passée par toutes les étapes de cette profession, travaillant en atelier de fabrication, montant des costumes en série pour le film Germinal de Claude Berri ou dépensant son énergie, pendant quatre ans, pour la survie de la maison Aux Costumes de Paris dirigée par Gladys de Segonzac. Forte de cette expérience, elle a naturellement trouvé sa place dans les équipes chargées de concevoir les costumes de quelques beaux films de ces dernières années. Faisant déjà quelques incursions dans le XVIIIe siècle, en collaborant au Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006) ou au téléfilm Jeanne Poisson, marquise de Pompadour de Robin Davis (2006).
Désormais chef costumière, Florence Clamond a su gagner la confiance des réalisateurs les plus exigeants. Comme Henri Helman avec qui elle a travaillé sur Charlotte Corday, La saison des immortelles (une histoire de résistants, en 1944, que l’on verra bientôt sur France 3) et, enfin, Cartouche.
Avec ce téléfilm, dont le rôle titre a été confié à Frédéric Diefenthal, Florence Clamond s’attaque à une époque qui n’a pas souvent été traitée à la télévision ou au cinéma : la régence. Période charnière faisant suite au long règne de Louis XIV, au cours de laquelle le costume a progressivement évolué. Pari difficile mais pas impossible. En fouillant dans les stocks du Vestiaire (successeur de l’Atelier du Costume), à Paris, ceux de Cornejo, à Madrid, sans oublier les uniformes loués chez Maratier, à La Courneuve, la costumière a réussi à reconstituer une garde robe fort honorable. Mais il lui a fallu procéder à de nombreuses modifications, sur la plupart de ces vêtements, pour obtenir un ensemble cohérent et historiquement correct. Que de trésors d’imagination, d’heures de travail, de retouches, pour parvenir à habiller acteurs et figurants. Sur les portants s’alignent des dizaines de robes flottantes, battantes ou volantes, à « pli Watteau », des costumes de cour, de chasse, des habits civils, militaires et ecclésiastiques, des tenues de bourgeois ou de voleurs. La collection est impressionnante. Cartouche sera-t-il une reconstitution fidèlement historique ? Non bien sûr. C’est d’abord et avant tout un film d’aventure et d’action. Tant pis si on y trouve le lieutenant général de police La Reynie (en réalité mort depuis 1709), si les acteurs s’expriment parfois en langage moderne et si le brigand, à la fin, n’est pas roué vif en place de grève mais s’enfuit au Canada. Tant pis si le metteur en scène a préféré « l’esthétique pratique » à l’authentique. L’essentiel est qu’il nous offre une agréable distraction.
Le fait que La Bijouterie du Spectacle ait participé très modestement à cette minisérie – en fournissant une partie des bijoux – nous la rend d’autant plus sympathique.
Dotée d’un budget de 5,2 millions d’euros et produite par Linda Chabert (DEMD), elle devrait être diffusée fin 2009 ou début 2010 par France 2, ainsi qu’en Belgique par la RTBF et en Suisse par la TSR.







mercredi 28 janvier 2009

La Compagnie du Costume


Depuis le 1er janvier 2009 la Compagnie du Costume a changé d’adresse. Elle vient de s’installer dans de nouveaux locaux de 1200m² à 10 minutes au nord de Paris.
Spécialisée dans la location de costumes civils et militaires, ainsi que leurs accessoires, elle possède un stock qui couvre presque toutes les époques, allant de la préhistoire à nos jours. Avec son atelier de couture de 250 m² et son personnel qualifié, maîtrisant parfaitement l’histoire du costume, elle est à même de répondre aux commandes les plus variées.
Depuis sa création, la Compagnie a beaucoup travaillé pour le cinéma, la télévision et le théâtre. On lui doit, entre autres, les costumes de la série Nicolas Le Floch qu’on a pu suivre récemment sur France 2, ceux de King Guillaume, actuellement sur les écrans, les deux séries Chez Maupassant ou Barbe Bleue qui sera diffusé prochainement.

La Compagnie du Costume
2 rue des Gaillards
95140 Garges-lès-Gonesse
Tel: 01 39 86 84 84
Fax : 01 39 86 84 85
Email : costume@compagnie-du-costume.com
Site : http://www.compagnie-du-costume.com/


dimanche 25 janvier 2009

César des meilleurs costumes



La 34e Cérémonie des César aura lieu au Théâtre du Châtelet, à Paris, le vendredi 27 février 2009. Dans la catégorie « Meilleurs costumes » ont été sélectionnés :

Madeline Fontaine pour Séraphine de Martin Provost (La costumière a déjà obtenu le César 2005 pour Un long dimanche de fiançailles).

Pierre-Jean Larroque pour Les femmes de l'ombre de Jean-Paul Salomé (A obtenu le César du meilleur costume en 1999 pour Lautrec de Roger Planchon et a aussi été sélectionné pour Arsène Lupin, en 2005, et Les brigades du tigres, en 2007).

Virginie Montel pour Mesrine de Jean-François Richet.

Nathalie du Roscoät pour Sagan de Diane Kurys (La costumière a aussi été sélectionnée en 1999 (avec Elisabeth Tavernier) pour Place Vendôme de Nicole Garcia).

Carine Sarfati pour Faubourg 36 de Christophe Barratier.

jeudi 22 janvier 2009

Le trésor des Icéniens

Un trésor constitué de 824 pièces d'or vient d'être découvert dans le Suffolk, en Grande-Bretagne, enterré au milieu d'un champ. Les premières observations indiquent que cet ensemble monétaire, dont l'âge est estimé entre 40 avant J.C. et l'an 15 de notre ère, a été produit par les Icéniens, un peuple ayant vécu en Angleterre entre le 1er siècle – avant – et le 1er siècle – après – Jésus Christ.
Cette population est connue pour les offrandes qu'elle faisait aux dieux, sous forme d'objets précieux déposés dans des lieux sacrés.
Cette découverte, dont on peut estimer la valeur à environ 270.000 euros, constitue la plus grande réserve de monnaies d'or de l'âge du fer mise au jour dans ce pays depuis 1849.

lundi 19 janvier 2009

Expositions en or


Voici quelques expositions, actuelles ou à venir, où l'or a une place particulière :

Du 29 novembre 2008 au 30 juin 2009, la Ville de Saint-Dizier, en Haute-Marne, présente, en partenariat avec l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), une exposition exceptionnelle consacrée à trois sépultures d’aristocrates francs découvertes en 2002 dans cette commune. Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication / Direction des musées de France cette présentation, baptisée Nos ancêtres les Barbares, présente quelques beaux bijoux du VIe siècle, en particulier des bagues en or (photo ci dessus), fibules, boucles de ceinture et de chaussure, pommeau d'épée… Espace Camille-Claudel, 9, avenue de la République, 52100 Saint-Dizier, 03.25.07.31.50.
Du 4 avril 2009 au 11 janvier 2010, la galerie de Minéralogie et de Géologie du Jardin des Plantes, à Paris, accueillera l'Or des Amériques. Quatre grands thèmes y seront développés : La nature de l'or présentera tout d'abord les qualités du minéral sous son aspect naturel. L'or des dieux exposera ensuite les trésors précolombiens. Occasion d'expliquer comment la convoitise de ce précieux métal, suite à la découverte du continent américain, a profondément bouleversé les civilisations établies de part et d'autre de l'Atlantique. L'or des fous retracera les ruées successives, depuis la Californie jusqu'au Brésil, pour s'achever par l'orpaillage contemporain en Guyane. Pour finir, seront aussi évoquées la valeur financière, l'utilisation technologique ou alimentaire actuelles de l'or.

En 2009, parmi les grandes manifestations organisées par les musées du Kremlin, à Moscou, d'eux d'entre elles feront la part belle aux objets anciens en or. En février, lors de l'exposition consacrée à la joaillerie indienne de l'époque des Grands Moghols et, en juin, à l'occasion de celle organisée autour des trésors d'Augsbourg.

vendredi 16 janvier 2009

Une bannière classée « trésor national »

Après avoir bénéficié de quelque cinq cents heures d'un minutieux travail de restauration, une bannière datant de la fin du XVIIe siècle vient d'être restituée à la commune de Saint-Frégant, petite commune rurale située à quelques kilomètres de Lesneven, dans le Finistère.
Son originalité consiste, principalement, en son iconographie : « Elle est l'une des seules de ce département à représenter la Sainte Famille », explique Isabelle Gargadennec, conservateur des antiquités et objets d'art du Finistère. Une rareté qui lui a valu d'être classée « trésor national ».
Les trésors nationaux sont des biens culturels qui, présentant un intérêt majeur pour le patrimoine national au point de vue de l’histoire, de l’art ou de l’archéologie, ont fait l’objet d’un refus temporaire de sortie du territoire.

Les bijoux aussi peuvent être classés trésors nationaux. Ce fut le cas d'un ensemble comportant un bracelet, une torsade et un collier rigide en or, de l'âge du bronze (acquis en 2003 pour le musée des antiquités nationales), d'une parure en or et mosaïque, offerte par Napoléon 1er à l’Impératrice Marie-Louise, créée par M. Nitot en 1810 (acquis en 2001 par préemption par le musée du Louvre) ou d'un coffret à bijoux de la reine Marie-Antoinette, réalisé par Martin Carlin vers 1770 (acquis en 1997 pour le musée national du château de Versailles).

mercredi 14 janvier 2009

L'assassinat d'Henri IV : De l'importance des costumes dans les reconstitutions historiques

Hier, France 2 nous a fait voyager dans le temps avec le premier numéro de la collection Ce jour-là tout a changé. C’est avec beaucoup de curiosité que nous avons suivi L’assassinat d’Henri IV, proposé par Jacques Malaterre, à la fois directeur artistique de la série et réalisateur de ce docu-fiction. Intérêt d’autant plus grand que le tournage, « minutieusement préparé » selon le dossier de presse, s’est appuyé sur les précieux conseils de Janine Garrisson, spécialiste de l’histoire politique et religieuse du XVIe siècle et auteur de plusieurs ouvrages sur Henri IV.
Cette tragique journée du 14 mai 1610, reconstituée d’une manière assez nouvelle à la télévision, promettait d’être passionnante. Nous attendions surtout de voir les costumes et coiffures du XVIIe siècle restitués grâce à "une importante recherche iconographique" de la chef costumière, Amandine Catala.

Il faut dire que, un peu renseignés par les photos du tournage et une bande annonce en circulation depuis plusieurs mois, nous espérions que de ce côté-là cette œuvre allait être très novatrice. Ce que nous avons vu hier ne nous a malheureusement pas convaincu. Beaucoup de vêtements « sonnaient » un peu faux (couleurs, formes, matières). Combien d’entre eux ont été fabriqués spécialement pour ce tournage ? Avec quelle documentation ? On pouvait reconnaître de nombreux modèles anglais loués chez Angels The Costumiers, à Londres. Il ne s'agit pas, bien évidemment, de juger le travail d'Amandine Catala pour qui L'Assassinat d'Henri IV était, à notre connaissance, une première dans le domaine de la reconstitution historique. Une petite critique constructive nous a paru nécessaire, essentiellement limitée à l'aspect "costumes" de ce téléfilm au sujet duquel, au demeurant, il y aurait encore beaucoup à dire.

Venons-en maintenant à l'apparence vestimentaire d'Henri IV, ce 14 mai 1610. Voici quelques observations, à caractère anecdotique, et que nous serons sans doute les seuls à formuler. Dans ce film, le roi apparait habillé d'un pourpoint bleu à passements dorés, de chausses et de bottes noires. Or, les témoignages de ceux qui ont assisté à ses derniers instants, même s'ils sont assez pauvres en détails, nous apprennent que le jour de son assassinat Henri était vêtu d'un habit de satin noir, esgratigné *, sans passement. Nos recherches approfondies dans les comptes de son argenterie – pour une série d'articles à venir – confirment que la garde robe royale ne comptait, en 1610, aucun vêtement de couleur bleue. Le noir y tenait une place éminente, suivi par le gris, le brun et, plus modestement, le blanc. C'est donc un Henri IV, tout habillé de noir – comme il est représenté sur un tableau de Pourbus – qu'il aurait fallu montrer. Portant l'ordre du Saint-Esprit, sous la forme d'une croix en métal émaillé, suspendue à son cou par un ruban bleu, d'une part, et d'une autre croix en broderie d'or et d'argent, cousue au revers de son manteau. A l'extérieur, sur la tête (et non pas à la main) un chapeau de castor noir avec ou sans panache. Les mains protégées par des gants de peau (cerf, chamois, loup-marin…). Les bottes à entonnoir, qu'il porte tout au long du film, n'existent pas encore à cette époque. Henri IV n'enfile que des bottes souples en cuir de vache, moulant le mollet et la cuisse coupées au genouil (genou) garnies de velours et à trois semelles, ou à grandes genouillères et à quatre semelles. On s'étonne, par ailleurs, de le voir ainsi chaussé pour monter en carrosse. Il ne se fait botter que lorsqu'il va à cheval. Plus vraisemblablement, il porte des bas de soie noirs, assortis à ses chausses, et des souliers de maroquin de Flandre. Chaussures à bouts légèrement arrondis, ouvertes sur les côtés, dont le système d'attache - sur le dessus du pied - est couvert d'une rose de taffetas noir garni de dentelles. En descendant dans la cour du Louvre, le roi est enveloppé d'un manteau de velours ou de drap noir. Comme il fait beau ce 14 mai, il le retire avant de monter en voiture. Sous son pourpoint, il a aussi une chemise (en fine toile de Hollande) plissée aux manches et terminée au col par une fraise ou un collet de batiste. On sait que, peu après le décès du roi, le chirurgien Bérard lui retira cette chemise percée et sanglante et que Dominique de Vic, gouverneur de Calais, la demanda et l’emporta.

En ce qui concerne le personnel domestique que l’on voit autour du roi (habillé dans le téléfilm en jaune !) il était vêtu, en réalité, d’une livrée aux couleurs des Bourbons : incarnat (rouge), blanc et bleu.

Quant aux bijoux, le téléfilm aurait gagné à faire dans la simplicité. Pourquoi ces grosses chaînes et croix dorées portées par les ecclésiastiques ? Et ce curieux Ordre de la Toison d’or au cou d’Epernon ? Nous possédons l'inventaire complet des joyaux personnels de la reine, rédigé précisément au début de 1610. Les diamants y occupent une place prédominante puisqu'ils totalisent le chiffre, incroyable pour l'époque, de 11.538 pierres de toutes dimensions et formes. Elle possédait, entre autres, six colliers ornés de diamants, onze chaînes de formes variées, quatre enseignes de diamants, des croix, des chapelets, des bouquets, des bracelets, des pendants de ceintures, des boucles d'oreilles, des bagues, etc. A cela il convient d'ajouter 5878 perles, pour la plupart rondes et de belles dimensions. D'un point de vue historique, il eût été préférable de représenter l'épouse d'Henri IV avec un rang de grosses perles, comme on peut la voir sur beaucoup de tableaux et gravures de cette époque, plutôt que de la parer de colliers de modèles inconnus au début du XVIIe siècle.

A l’attention de Janine Garrisson qui confiait à propos de l’Assassinat de Henri IV : J'ai effectué plusieurs relectures du scénario; il y avait quelques détails erronés, mais cela n'allait pas plus loin qu'un revers de bottes mal tourné ou une expression anachronique nous signalons, en toute sympathie, quelques oublis. En 1610, le roi n’aurait pas dit venez dans mon bureau mais plutôt dans mon cabinet ou entrez en carrosse à la place de allez, au carrosse. Détail très peu connu : il était obligé de porter des lunettes pour lire. Enfin, à propos des scènes où on le représente mangeant avec ses courtisans, il faut savoir que, à l’exception de la reine (qui déjeune le plus souvent de son côté), Henri IV n’admet aucun de ses sujets à sa table ; ainsi le veut le protocole. Et quand il a des convives, ceux-ci s’installent autour d’une ou plusieurs tables séparées de la sienne.

* Egratigné : signifie donner une certaine façon à un tissu de soie ou de satin avec la pointe d’un fer. Dans le langage du gaufreur, c'est découper un tissu (satin ou taffetas) avec un petit canif ou encore, selon le glossaire de Victor Gay, c’est probablement en effiler les bords.

Henri IV (vers 1610)
Frans Pourbus le jeune

dimanche 11 janvier 2009

Ors et Trésors


Paru très récemment, ce livre somptueux confirme la fascination et l’émerveillement qu’a toujours suscité le spectacle des bijoux, depuis l'Antiquité jusqu’à nos jours. Ors et Trésors propose une histoire mondiale de l'orfèvrerie et de la joaillerie à travers un choix de pièces prestigieuses : masque mortuaire en or de Toutankhamon, parures en or grecques et romaines, trésors des cultures précolombiennes, joyaux de la maison Cartier, etc.
Ce très bel ouvrage, grâce à un ensemble photographique de grande qualité, réunit et présente les plus beaux « trésors » du monde entier. Incontestable témoignage de la primauté absolue de l'or, à toutes les époques et dans toutes les civilisations. Mais il explique aussi les événements qui ont entouré la constitution de ces amas de merveilles, fruits de la rencontre entre le roi des métaux (souvent associé aux pierres précieuses), le génie créateur des orfèvres et des joailliers, et le goût des commanditaires aux exigences raffinées.

Sous la direction de Gianni Guadalupi, Editions White Star, 349 p., 29,90 Euros

jeudi 8 janvier 2009

La mode parisienne des années 1870-1880

Monsieur et Madame Galin devant le Jockey club (1877)
Jean Béraud

Le 21 janvier prochain, à Londres, Christie’s va disperser une très belle collection de tableaux européens du XIXe siècle. Parmi ceux-ci, des œuvres de Camille-Léopold Cabaillot-Lassale (1839-1888) ou de Jean Béraud (1849-1936) qui constituent de remarquables illustrations de la mode parisienne des années 1870-1880. Comme Le Salon de 1874, estimé 100.000 euros, Une parisienne, estimé 30.000 euros ou Monsieur et Madame Galin devant le Jockey club (1877) estimé 80.000 euros.
Les toiles peuvent être admirées, plus en détail, sur le site de la maison Christie’s : http://www.christies.com/

Une parisienne
Jean Béraud

Le salon de 1874
Camille-Léopold Cabaillot-Lassale

dimanche 4 janvier 2009

La splendeur des tsars


Du 10 décembre 2008 au 29 mars 2009, Le musée Victoria and Albert, de Londres, accueille une exposition exceptionnelle consacrée à la garde-robe des tsars de Russie et de leur cour.
Intitulée Magnificence of the Tsars, cette manifestation présente une collection de plus de quarante habits d’apparat, manteaux, uniformes, livrées, portés par les souverains russes et leur entourage entre 1720 et 1917. Époque où la mode était alors très fortement influencée par la France. Beaucoup de pièces présentées n’avaient jamais quitté la Russie, ou n’avaient jamais été exposées dans ce pays, depuis leur création. Restaurées spécialement pour cette manifestation, elles proviennent en partie du Palais des Armures, installé dans l’enceinte du Kremlin, à Moscou.

L’exposition s’articule autour d’une série de vitrines, chacune consacrée à un tsar différent, où se succèdent les précieux costumes, irremplaçable témoignage de la culture des apparences du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle.
On peut y admirer, notamment, une veste rouge du jeune empereur Pierre II, enrichie de riches broderies d’argent, qui constitue un bel exemple d’un costume à la française des années 1727-1730. De même que d’autres pièces de sa garde robe, en soie, or et argent, toutes aussi caractéristiques de l’importance de la mode européenne, à la cour impériale, au XVIIIe siècle. Encore plus spectaculaire, une immense traîne de brocard d’or, doublée d’une fourrure constituée de 2700 hermines, longue de cinq mètres et pesant pas moins de treize kilos. Elle a été réalisée pour le couronnement, en 1896, de Nicolas II. C’est aussi au dernier tsar de Russie qu’a appartenu ce luxueux manteau rehaussé d’or, de gemmes et de perles, qu’il arborait à l’occasion de l’ultime bal costumé organisé par la monarchie russe, en 1903.
A côté des uniformes d’apparat, plus dépouillés, portés par Paul 1er et Alexandre III, lors de leurs couronnement, en 1797 et 1883, on découvre également toute une série de vêtements de pages et de postillons (vestes colorées et chamarrées, manteaux brodés, bas et haut-de-chausses). Quelques objets précieux, comme un télescope en orfévrerie ou des boîtes à priser, ainsi que des portraits, viennent compléter cette splendide exposition impériale.



Le site de l’exposition : http://www.vam.ac.uk/collections/fashion/tsars/