vendredi 12 septembre 2008

Visages et costumes du Second Empire

Pour illustrer notre article d’hier, consacré aux costumes du Second Empire, et ne disposant pas encore de photographies de la prochaine exposition du musée Galliera, nous avons puisé dans les collections iconographiques de la Bijouterie du Spectacle – très riches sur cette période – pour en extraire quelques images significatives. Ce sont des portraits d’hommes, de femmes, d’enfants, appartenant pour la plupart à la bourgeoisie française, réalisés dans les années 1850-1860.
Ces images sont une précieuse source documentaire pour mieux connaître les costumes, les coiffures ou les accessoires (parfois les bijoux) du temps des crinolines
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jeudi 11 septembre 2008

La mode du Second Empire

Du 29 novembre 2008 au 26 avril 2009 le musée Galliera, à Paris, présente une exposition intitulée Sous l’Empire des crinolines, 1852-1870 consacrée à la mode du Second Empire "Robes, coiffures, bijoux, accessoires accompagnés de peintures, d’estampes et de photographies… plus de 300 pièces projettent le visiteur au temps où la silhouette féminine est toute en courbes, à l’image des modèles de Ingres. Les robes à crinoline symbolisent l’époque : corsage ajusté sur des épaules rondes, taille étranglée sous une volumineuse jupe faite de mètres et de mètres de moire, taffetas, dentelle, mousseline, tulle… La mode balance entre un style raffiné et un style tapageur aux couleurs criardes, nouvellement apparues dans le textile. Imprimées ou rayées, ces robes voyantes sont parées d’une accumulation d’ornements : volants, franges, guirlandes de fleurs, ruchés de dentelles et de rubans. Les femmes du monde – tout comme les cocottes – changent de toilette jusqu’à cinq fois par jour pour suivre le rythme effréné de la vie sociale : dîners, concerts, spectacles, réceptions… Les bals sont à la mode et les plus courus donnés à la cour de Napoléon III.

L'impératrice Eugénie tenant son fils dans les bras,
sur les marches de la terrasse du château de Compiègne
Octobre 1856 (photo Olympe Aguado)

L’exposition s’ouvre sur une Scène de bal. Mantelets et robes à crinoline sont accompagnés de carnets de bal, d’éventails, de porte-bouquets, de parures de tête… Quelques pièces ayant appartenu à l’impératrice Eugénie et à la princesse Mathilde sont présentées. Le parcours se poursuit avec la Vie moderne qui présente les vêtements de ville comme de villégiature : capes, robes retroussées, boléros, petits costumes (ancêtres du tailleur) ainsi que leurs indispensables accessoires : châles, ombrelles, chapeaux, bottines… La bonne société suit l’air du temps qui est à la modernisation – urbanisme, industrie, chemins de fer… – et part en voyage d’agrément à la montagne, dans les stations balnéaires ou les villes d’eau. Puis sont évoquées la production et la commercialisation des articles de mode. Le Second Empire voit les prémices de la Haute Couture – Charles Frederick Worth crée sa maison de couture en 1857 à Paris – tandis que les Grands magasins sont en plein essor : Au Louvre, Au Bon Marché, Au Printemps… Quant aux Expositions universelles de 1855 et 1867, elles reflètent un Paris vitrine internationale de l’excellence. Le final, avec la présentation de la Joaillerie – Mellerio dits Meller, Morel, Cartier, Boucheron –, consacre brillamment Paris dans son rôle de capitale de l’élégance et du luxe."

Musée Galliera
10, avenue Pierre 1er de Serbie – 75116 Paris
Tél.: 01 56 52 86 00
Tous les jours sauf le lundi
(de 14h à 18h les jours fériés)

dimanche 31 août 2008

Trésors de la collection Spada

Le Musée National de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, à Paris, va présenter du 19 novembre 2008 au 15 mars 2009, les trésors de la collection de l’ambassadeur Antonio Spada.
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Toison d'or du XVIe siècle

L’ambassadeur Antonio Benedetto Spada est un incroyable collectionneur qui, dès l'âge de seize ans, a constitué de nombreuses collections : livres anciens et gravures, argenterie, timbres, meubles et pendules, tableaux, reliures, coquillages rares. Jusqu'au jour où, aux puces de Saint-Ouen, à la fin des années soixante, il découvrit une plaque de l’ordre espagnol du Mérite militaire, dans son écrin d’origine. Il l’acheta aussitôt, la considérant comme un bel objet d’argenterie; puis il se mit à l’étudier. Dès lors, les ordres et décorations vont devenir sa principale passion, faisant de ce collectionneur infatigable un des plus grands experts du monde dans le domaine de la phaléristique.
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Aujourd’hui, la collection Spada, outre les décorations - sans doute le rassemblement le plus important au monde en des mains privées - comprend aussi des médailles, des uniformes, des armes, des bâtons de maréchaux, des drapeaux, des documents en tous genres couvrant une période allant du XVIe siècle à nos jours, reflet de l’histoire italienne et internationale.
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Le musée National de la Légion d'Honneur va donc exposer près de six-cents des plus belles pièces de ce collectionneur, toutes choisies en raison de leur rareté, beauté, ancienneté, curiosité et appartenance. Elles sont issues de près de quarante pays et illustrent cent ordres différents. Ce sont pour la plupart de magnifiques ouvrages d'orfèvrerie souvent enrichis de pierreries, tels que pendentifs, insignes finement ciselées et émaillées ou superbes colliers de cérémonie.

Musée et exposition en accès libre tous les jours sauf le lundi (mardi réservé aux groupes sur réservation)

Honneur & Gloire: Trésors de la collection Spada
Téléphone : 01.40.62.84.25. Fax : 01.40.62.84.96
Mail : musee@legiondhonneur.fr
www.musee-legiondhonneur.fr


 

jeudi 21 août 2008

La barrette "Star Sissi" de retour en Autriche


Les médias autrichiens viennent d'annoncer que la barrette "Star Sissi" ornée de diamants, autrefois propriété de l'impératrice Elisabeth d'Autriche (1837-1898), vient enfin de retrouver son pays d'origine.
Volée en 1998 lors de l'exposition consacrée au centième anniversaire de la mort d'Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, connue sous le surnom de Sissi, épouse de l'empereur François-Joseph I, la barrette a enfin été restituée à l'Autriche par le Canada où a récemment pris fin le procès du ravisseur âgé de 35 ans.
Bien que le bijou ait été placé à l'abri derrière un vitrage blindé, le voleur avait réussi à la remplacer par un faux. Un agent de sécurité avait remarqué le subterfuge par accident.
La barrette n'a été retrouvée qu'au bout d'un an grâce à l'enquête menée au Canada sur le cambriolage d'une banque canadienne. Ainsi, la police a découvert la "star Sissi" à Winnipeg (province de Manitoba), dans la maison de la grand-mère de l'un des soupçonnés.
L'impératrice Elizabeth d'Autriche possédait une très belle chevelure qu'elle décorait souvent avec des barrettes précieuses.


Cette parure de rubis a été portée par Sissi comme on peut le voir sur le portrait peint par Georg Raab en 1875 (photo ci dessus). Elle a d'abord appartenu à la reine Marie-Antoinette puis à sa fille Madame Royal, laquelle l'a ensuite cédée aux Habsbourg. Elle fut portée par toutes les impératrices d'Autriche.

mardi 19 août 2008

Copies de bijoux royaux


Nicolas Cayrasso, fondateur de la société Aux Armes de France et de Navarre, s'est spécialisé depuis plusieurs années dans la reconstitution de bijoux royaux et ordres de chevalerie anciens. C'est ainsi que depuis 2006 il a entrepris de rééditer la plupart des joyaux personnels connus de Marie-Antoinette. Travail qui nécessite des recherches fastidieuses rarement entreprises dans l'histoire de la joaillerie française. Après avoir restitué la célèbre parure qui est à l'origine de la fameuse "affaire du collier de la reine" (700 pierres taillées à la main et serties sur argent), il vient de produire récemment une superbe copie du "Massimo", autre collier d'origine royale, autrefois propriété de la dauphine Marie-Thérèse, fille de Marie-Antoinette, composé de diamants ayant appartenu à la reine. Cette réplique se présente sous la forme d'une rivière de quarante-trois pierres baroques (30 coussins à colette ouverte et 13 poires en pierres de synthèse, totalisant 425 carats) montée sur argent massif. Aux Armes de France a également réédité la paire de pendant d'oreille ornée de deux diamants en "briolette" offerte par Louis XVI à Marie-Antoinette en 1774. Elle est en argent massif et cristal de roche naturel.
Parmi les autres joyaux reconstitués, une magnifique plaque de l'Ordre du Saint-Esprit (plus de 450 carats de pierreries sur une monture en argent massif) inspirée de celle qui fut commandée par Louis XV à l'orfèvre Jacquemin dans les années 1750, ou l'épaulette du Roi de Saxe Auguste le Fort, restituée d'après celle qui fut réalisée entre 1782 et 1789. Nicolas Cayrasso, qui travaille aussi pour le cinéma ou la télévision, propose également à la location la plupart de ses articles. C'est lui qui a fourni la plaque de l'ordre du Saint-Esprit de diamants que porte Louis XIV dans le docu-fiction Versailles, le rêve d'un roi (voir notre article du 25 février 2008).

jeudi 31 juillet 2008

Deux blogs consacrés aux costumes du XVIe siècle

La période estivale permet de flâner davantage sur le net, toujours à la recherche d’informations nouvelles sur l’histoire du costume et des bijoux. C’est ainsi que nous venons de découvrir les deux blogs d’Andelot.
Le premier est consacré aux Derniers Valois http://derniersvalois.canalblog.com/. Il s’agit d’un recensement explicatif des portraits de cette famille royale dans la seconde moitié du XVIe siècle. Remarquablement illustré et documenté il constitue une somme incontournable sur ce sujet.

Le second blog, intitulé Le costume historique http://lecostume.canalblog.com/ s’intéresse aux vêtements sous l’ancien régime en France et en Europe. Du même niveau de qualité que le précédent et doté, lui aussi, d’une abondante iconographie, ce site explique l’évolution de pièces d’habillements tels que le col, la fraise ou le haut-de-chausse, principalement au XVIe siècle. Deux excellentes bases pour toutes les costumières qui auront à travailler sur cette époque.
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Henri III (Musée Condé, Chantilly)

vendredi 11 juillet 2008

La reine Elizabeth 1ère au cinéma

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Pour en revenir à l’article que nous avons publié le 8 juillet, outre l’australienne Cate Blanchett qui a interprété le rôle d’Elizabeth dans les deux films de Shekar Kapur : Elizabeth (1998) et Elizabeth : l’âge d’or (2002), nombreuses sont les comédiennes qui ont eu le redoutable privilège d’incarner cette célèbre souveraine à l’écran.
D’une façon assez inattendue, la première est une française, en l’occurrence la grande tragédienne Sarah Bernhardt, à qui Henri Desfontaines et Louis Mercanton confièrent ce rôle dans un film muet intitulé Les amours de la Reine Elisabeth (1912). Un an plus tard, Violet Hopson coiffe la couronne dans Drake’s love story de Hay Plumb. Puis Aimée Martinek, dans The Life of Shakespeare de Franck R. Growcott (1914). En 1923, Elizabeth apparaît dans deux films : sous les traits de Ellen Compton dans The Loves of Mary, Queen of Scots de Denison Clift et sous ceux de Diana Maners dans The Virgin Queen de J. Stuart Blackton. En 1936, c’est Athene Seyler qui reprend ce rôle dans Drake of England de Arthur B. Woods et, l’année suivante, Florence Eldridge dans Mary of Scotland de John Ford. Retour en France, en 1937, où Yvette Pienne endosse – entre autres – les habits de la reine dans Les perles de la couronne de Sacha Guitry.
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Bette Davis
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En poursuivant ce recensement (non exhaustif) on trouve aussi Jean Simmons dans Young Bess de George Sidney (1953) (sorti en France sous le nom de La Reine vierge), Irene Worth dans Seven Seas to Calais (1962), ou Judith Anderson dans la série américaine Elizabeth The Queen (1968). Enfin, plus récemment, n’oublions pas les prestations de Judi Dench dans Shakespeare in Love de John Madden (1998) et d’Anne-Marie Duff dans The Virgin Queen un feuilleton télévisé de Coky Giedroyc (2005).
Glenda Jackson dans Elizabeth R
Pour compléter cette liste, signalons que Cate Blanchett n’est pas la seule à avoir prêté son visage, au moins à deux reprises, à la reine vierge. Il y a d’abord eu l’inoubliable Bette Davis qui composa une étonnante Elizabeth dans The Private lives of Elizabeth and Essex de Michael Curtiz, en 1939, puis dans The Virgin Queen de Henry Koster, en 1955. Ensuite, l’inquiétante Flora Robson dans Fire Over England de William K. Howard, en 1937, et dans The Sea Hawk de Michael Curtiz, en 1940 (sorti en France en 1947 sous le nom de l’Aigle des mers). Puis Glenda Jackson, en 1971, dans le film Mary, Queen of Scots de Charles Jarrott et dans une série très remarquée de la BBC Elizabeth R, où elle se métamorphose aux différents âges de la reine d’une manière surprenante. L’une des meilleures compositions à nos yeux et dont nous gardons encore aujourd’hui un agréable souvenir.


L'une des robes portées par Glenda Jackson dans Elizabeth R
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Mention particulière à Helen Mirren qui, après joué dans Elizabeth I, un téléfilm en deux parties de Tom Hooper (2005), s’est glissé avec la même facilité dans le rôle d’Elizabeth II pour The Queen de Stephen Frears (2006). Double performance recompensée successivement par un Emmy Award et un Oscar.

Helen Mirren dans Elizabeth I

jeudi 10 juillet 2008

Les trésors de la famille d’Orléans aux enchères

Christie’s vient d’annoncer qu’il va mettre en vente, le 14 octobre prochain, près de six-cents lots d’objets ayant appartenu au comte et à la comtesse de Paris. L’ensemble, provenant de l’appartement que le couple habitait rue de Miromesnil, à Paris, est estimé entre 600.000 et un million d’euros.
Parmi ces souvenirs, un portefeuille brodé par Marie-Antoinette lors de sa captivité au Temple et donné par la reine elle-même à Madame de Tourzel, gouvernante du dauphin; une boîte ornée d’une miniature représentant le jeune Louis XVII (un des rares portraits connus de l'enfant en captivité - daté du 24 décembre 1794 - et provenant de sa sœur Madame Royale); une mèche de cheveux de Louis XVI ou les alliances de mariage de Philippe Égalité, duc d'Orléans, et de Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre. Parmi les bijoux, quatre bracelets romantiques, ornés de miniatures, de la collection de Marie-Amélie des Deux-Siciles, dernière reine des Français, des broches, des boîtes en or. Mais aussi de l’argenterie, une soixantaine de sceaux en or, ivoire ou pierre dure aux armes des Orléans, ainsi que des objets plus personnels, comme le rasoir du roi Louis-Philippe (estimé entre 150 à 200 €), la paire de gants de la reine Amélie du Portugal, en passant par la plume avec laquelle le roi Louis-Philippe signa l'acte d'abdication du 24 février 1848.
L'exposition de toutes ces pièces aura lieu du 10 au 13 octobre, à Paris.

mardi 8 juillet 2008

Les costumes d’Elizabeth 1ère, reine d’Angleterre

Le film Elizabeth : l’âge d’Or, sorti sur les écrans en décembre 2007, est à présent disponible en DVD.
C’est l’occasion de voir, ou de revoir, cette deuxième partie de la saga que le réalisateur Shekhar Kapur a consacrée à la grande reine. Le premier volet, paru en 1998, évoquait la jeunesse de la souveraine. Cette fois, nous sommes en 1585 et Elizabeth règne sur l’Angleterre depuis près de trente ans. Cate Blanchett incarne à nouveau, avec majesté et talent, la reine; même si elle avoue avoir longtemps hésité à reprendre le rôle.
Les costumes ont évidemment une grande place dans cette superbe réalisation. Ils sont l’œuvre d’Alexandra Byrne (née en 1962) qui s’est déjà illustrée dans le premier Elizabeth (1998) ou d’autres films historiques comme Hamlet (1997) et Le fantôme de l’Opéra (2005). Cette fois ci, sa prestation – très remarquée – lui a valu l’Oscar des meilleurs costumes, en février 2008. La costumière avoue avoir voulu créer des vêtements qui impressionnent le public, comme c’était sans doute le cas au temps d’Elizabeth, dont les tableaux d’époque nous rapportent les tenues étonnantes. En fait, plutôt que d’essayer d’approcher la vérité historique, la créatrice a surtout cherché à restituer l’esprit de la souveraine, autant dans sa vie privée que publique. N’hésitant pas, au besoin, à prendre certaines libertés pour les rendre plus confortables et d’un accès plus facile. A cette occasion, sa principale source d’inspiration fut le styliste espagnol Christobal Balenciaga, lequel, dans les années cinquante, élaborait ses créations à partir de tableaux contemporains du règne d’Elizabeth. Quant aux bijoux, ils sont en harmonie avec les costumes. Plus proches du cinéma de bollywood que de ceux portés au XVIe siècle. Qu’importe qu’Alexandra Byrne ait préféré l’imagination à l’authenticité, ce n’est pas le but du film. On peut tout pardonner quand ce genre de cinéma nous fait rêver.
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lundi 23 juin 2008

Les joyaux de la couronne de France du Muséum national d’histoire naturelle


Le 19 juin dernier, le Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, a réuni quelques blogueurs dans la galerie des minéraux afin de leur réserver une "grande surprise" : La présentation des joyaux de la couronne de France légués à cet établissement en 1799 et 1887.

Benoît de Sagazan, auteur de Patrimoine en blog a eu le privilège d’y être invité. Il nous en parle sur son site :http://blog.pelerin.info/patrimoine-en-blog/2008/06/les_joyaux_de_la_couronne_de_f_1.html

A cette occasion, François Farges, minéralogiste et professeur au Muséum et à l'université de Stanford (USA), a extrait de la salle des trésors, fermée par une lourde porte blindée, un grand coffret rectangulaire bleu, dans laquelle sont précieusement rangés - dans des petites boites de carton – un certain nombre de gemmes issus des collections royales. En particulier, la grande topaze des joyaux de la couronne, le saphir bicolore de Louis XIV (Il a été monté en bague pour Marie Leczinska, épouse de Louis XV), la grande émeraude de Louis XIV qui, vraisemblablement, ornait son chapeau, diverses perles, dont deux poires montées sur des épingles qui auraient été la propriété de Marie-Antoinette, la grande opale ayant appartenu à Louis XVIII, le diamant–portrait de l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon 1er (monté à l’origine au milieu d’un bracelet) et, enfin, le grand saphir de Louis XIV (photo). L’unique pierre restée intacte des joyaux de la couronne et qui, curieusement, et la seule qui n’ait pas disparu lors du vol de ces bijoux, en septembre 1792. Ce splendide saphir cubique, de 135,80 carats, a une longue histoire. Provenant probablement de Ceylan, il est passé entre les mains de la famille italienne Ruspoli, avant d’intégrer les collections du roi de France, ce qui lui vaut ce nom de Grand saphir de Louis XIV .

Ces merveilleuses pierres ne sont pas visibles du public et ne sortent qu'exceptionnellement des réserves. Outre la vidéo qui les présente sur le blog Patrimoine en blog, on peut en examiner quelques unes - dont le grand saphir de Louis XIV - sur la galerie virtuelle du Muséum qui est accessible sur le net depuis le 20 juin. Trois-cents minéraux y sont présentés dont une trentaine en 3D.


Le grand Saphir de Louis XIV

jeudi 29 mai 2008

La nouvelle Galerie des Bijoux du Victoria and Albert Museum de Londres

00 bijoux exceptionnels retraçant toute l'histoire de la joaillerie. x
Le 24 mai, à Londres, vient d’ouvrir la nouvelle Galerie des Bijoux du Victoria and Albert Museum : The William and Judith Bollinger Jewellery Gallery. Elle présente, parmi les collections du plus grand musée d'arts décoratifs au monde, une sélection de plus de 3500 bijoux exceptionnels retraçant toute l'histoire de la joaillerie.


Le cœur des collections de bijoux du Victoria and Albert Museum se concentre sur l'histoire de la joaillerie européenne depuis plus de 800 ans : splendeur des cours princières, merveilleux modèles des plus grands joailliers du 20ème siècle, pièces majeures de créateurs contemporains.

Des pièces historiques y sont exposées tels que les pendants qu'offrait Elisabeth 1ère à ses favoris ou des diamants ayant appartenu à Catherine la Grande. Elle conserve aussi certains des plus beaux bijoux du Premier Empire français dont les célèbres Emeraudes Beauharnais, cadeau de l'empereur Napoléon 1er à sa fille adoptive Stéphanie de Beauharnais (photo), ainsi que des diadèmes et des pierres portés par l'impératrice Joséphine.
La nouvelle galerie présente également les acquisitions les plus récentes de la collection du Victoria and Albert Museum parmi lesquelles un superbe ensemble de bijoux signés Lalique ainsi que le bandeau «Tutti Frutti» de lady Mountbatten en rubis, saphirs, émeraudes et diamants, une merveilleuse pièce dont elle fit l'acquisition en 1928 chez Cartier

La nouvelle galerie présente aussi une sélection de pièces rares des plus grands joailliers de la planète en provenance de New York, Paris, Londres, ou Saint Pétersbourg dont deux diadèmes en diamants de Cartier, un bracelet en émail "plique à jour" et perles par Boucheron et un jonc en or au cœur en rubis et diamants signé Chaumet. Parmi les objets Fabergé, la nouvelle galerie expose une exceptionnelle boîte à priser émaillée avec le monogramme du tsar Nicolas II en diamants.

La collection est, par ailleurs, particulièrement riche en pièces du 19ème siècle : rivières de diamants montées "en tremblant", modèles "à l’antique" ou dans le style Renaissance. La récente donation Judith H. Siegel a permis de renforcer les fonds en modèles de Castellani and Giuliano avec notamment le collier "Hélène de Troie" dessiné par sir Edward Poynter.
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Plus de 140 joailliers ou orfèvres vivants sont désormais représentés dans les collections de la galerie. Les pièces contemporaines comprennent notamment des collections de bagues de Wendy Ramshaw, une aiguille gravée en acrylique recyclé de Peter Chang, un étonnant ras du cou en papier mâché de Marjorie Schick. Sera également présentée une sélection de pièces du Royal College of Art Visiting Artists Collection.

La rénovation de la galerie des bijoux du Victoria and Albert Museum – qui a duré quatre ans - a été rendue possible grâce à une donation exceptionnelle de William et Judith Bollinger (un couple de riches amateurs de joaillerie). L’architecture intérieure en a été confiée à Eva Jiricna qui a redessiné les espaces, y ajoutant un escalier de verre en spirale permettant d’atteindre une mezzanine. Des vidéos et des modules interactifs, in situ et sur le site Internet du musée, permettront de s’informer sur les techniques et l’histoire de la joaillerie, notamment grâce à une base de données de 7000 images de bijoux.

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vendredi 25 avril 2008

Un des bijoux de la Couronne acquis par le Louvre



Un Grand nœud de diamants ayant appartenu à l'Impératrice Eugénie, qui avait été vendu en 1887 avec de nombreux autres bijoux de la couronne, vient enfin d'être racheté par le Musée du Louvre qui avait déjà vainement tenté de l'acquérir chez Sotheby's en 2002. Il devrait prochainement retrouver les autres pièces, de provenances royales ou impériales, exposées dans la galerie d'Apollon.
A l'origine, ce nœud de ceinture aux deux glands, crée par le joaillier François Kramer, avait été offert par Napoléon III à l'Impératrice Eugénie à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1855. En 1864 il a été adapté en broche de devant de corsage (22,5 x 11cm) avant d'être aliéné, vingt plus tard, par la République.
Le louvre, par l'intermédiaire de Christie's à New York, a racheté ce joyau pour 6,72 millions d'euros. Ce montant a pu être réuni en grande partie grâce à la mise à la disposition par les Amis du Louvre de 5 millions d'euros provenant du legs universel consenti par M. et Mme Michel Rouffet.

jeudi 24 avril 2008

Bijoux et costumes romains

 

   Notre amie Martine Mulotte, la chef costumière de tous les spectacles de Robert Hossein, vient de nous faire parvenir quelques photos inédites de Ben Hur (voir message du 5 avril 2007). Nous ne résistons pas au plaisir de les publier, pour la beauté et le réalisme des costumes – ornés de bijoux prêtés par la Bijouterie du Spectacle – et la grâce des modèles.

   Nous avons jugé intéressant de reproduire aussi, ci dessous, quelques portraits de dames de l’antiquité. Ce sont des peintures du Fayoum (réalisées vers les années 98-117 de l’époque romaine). Simplement pour noter qu'en matière de reconstitution historique, aussi bien au cinéma qu'à la télévision, tout est possible à condition de s'en donner les moyens.




mardi 22 avril 2008

Maharadjah de cinéma

Pierre Brasseur dans l’Or du duc

  Dès les années trente, l’Inde a souvent exercé une incroyable fascination auprès des réalisateurs occidentaux. Nous n’entreprendrons pas de faire l’inventaire de tous les films qui ont – à des degrés divers – traité de ce pays. Pour notre part, outre les décors ou le côté pittoresque des personnages, c’est souvent aux costumes que nous avons le plus souvent prêté attention. Un de nos meilleurs souvenirs restant, évidemment, le diptyque de Fritz Lang Le tigre du Bengale et Le tombeau hindou, réalisé à la fin des années cinquante. Même si, avec le recul, on peut s’amuser de l’image idéalisée et un peu stéréotypée sous laquelle on y présente Chandra, le riche et cruel maharadjah d’Eschnapur (interprété par Walther Reyer).
  Le cinéma français n’est pas en reste avec toute une série de films où ces grands princes apparaissent presque toujours sous un aspect caricatural. Avec turbans, diamants et aigrettes. Pour n’en citer que quelques uns, le maharadjah de Dutane (joué par Jean Galland) dans Princesse Tam-Tam de Edmond T. Gréville (1935), le maharadjah de Paripatan (Jean Tissier) dans Les gaietés du Palace de Walter Kapps (1936), celui interprété par Pierre Duncan dans Les aventures d’Arsène Lupin de Jacques Becker (1957), le maharadjah légataire d’un bus en or (Pierre Brasseur) dans L’or du duc de Jacques Baratier (1965) (photo), le maharadjah de Kimpura (Michel Thomass) dans Fantomas contre Scotland Yard d’André Hunebelle (1967), sans oublier Jean-Paul Belmondo déguisé en prince indou dans Le Guignolo.

La Bijouterie du Spectacle a prêté ses bijoux pour ce maharadjah, au théâtre (2005)

lundi 21 avril 2008

Les joyaux de la Couronne de Bohême


Les joyaux de la Couronne de Bohême sont exposés du 19 au 29 avril dans la salle Vladislas du Château de Prague. Un événement, car cela n’arrive que dans des occasions extraordinaires. Cette année, ce sont les 90 ans écoulés depuis la fondation de la Tchécoslovaquie et la réélection du président de la République, Vaclav Klaus.

Cela faisait cinq ans qu’ils étaient cachés dans l’ombre du coffre-fort de la Chambre de la couronne de la chapelle Saint-Venceslas, à la cathédrale Saint-Guy. Il n’en sortent vraiment pas souvent : neuf fois au cours du XXe siècle et deux fois depuis le début de ce siècle. Charles IV, roi de Bohême et empereur du Saint Empire romain au XIVe siècle qui a commandé les joyaux de la Couronne de Bohême pour son couronnement et fait construire le château de Karlstejn pour les abriter, avait émis le vœu qu’ils ne soient exposés que dans les grandes occasions.
Retour sur l’histoire de ces joyaux avec l’historien et directeur du bureau du tourisme de l’administration du Château de Prague, Frantisek Kadlec :
« L’objet le plus important est la couronne. Elle est très ancienne et a été fabriquée avant 1347, probablement en 1346. La pomme impériale et le sceptre sont plus récents. Les originaux que Charles IV tenait dans les mains sont aujourd’hui au château de Hoffburg à Vienne. Au XVIe siècle, Ferdinand 1er commanda une nouvelle pomme et un nouveau sceptre. Le manteau de couronnement est des plus précieux. Il a été commandé par Ferdinand IV pour son couronnement en 1653. L’épée de couronnement est l’objet le plus ancien de la collection. Elle est appelée épée Saint-Venceslas. »

Sortir les joyaux de la Couronne de Bohême de leur cachette bien gardée n’est pas si simple que cela, comme l’explique Petr Chotebor, employé au service de la protection des monuments historiques du Château de Prague qui a participé, vendredi, à l’ouverture de la Chambre du couronnement et de son coffre-fort :

« C’est un lieu fermé au commun des mortels qui ne peut être ouvert, tout comme le coffre-fort, que par sept clés différentes. Les dignitaires qui en ont la garde sont le président de la République, le chef du gouvernement, le président du Sénat, le président de la Chambre des députés, l’archevêque de Prague, le prévôt du chapitre métropolitain et le maire de Prague. »

Les joyaux de la Couronne de Bohême sont comme tous les trésors entourés de légendes. L’une d’elle dit que quiconque usurpera le droit de poser la couronne sur sa tête mourra dans l’année d’après. On raconte que le protecteur du Reich allemand en Bohême Moravie, Reinhard Heydrich, posa la couronne sur sa tête un soir de novembre 1941. Le 4 juin 1942, il décédait des suites d’un attentat réalisé par la Résistance tchèque.

jeudi 10 avril 2008

La couronne d’Isabelle Adjani


Dans l’Express du 8 avril Paola Genone a recueilli quelques confidences d’Isabelle Adjani, notamment à propos de bijoux. Ainsi, à la question « si vous étiez un accessoire de mode ? » l’actrice répond : « Une tiare, pour prendre de la hauteur sur la mode. J'ai adoré porter une couronne dans La Reine Margot et j'ai une passion pour les diadèmes. Malheureusement, je ne peux pas en porter parce que je serais immédiatement repérée par les paparazzi. »

Pour mémoire, le film La Reine Margot a été tourné par Patrice Chéreau entre le 10 mai et le 3 décembre 1993. Les costumes – épurés et vraisemblables – ont été créés par Moidele Bickel qui a reçu, à cette occasion, le César du meilleur costume.
Enfin, la fameuse couronne dont parle Isabelle Adjani a tout spécialement été fabriquée par Madame Bijoux – qui la détient toujours – en utilisant une bâte en laiton achetée chez Janvier-Grusson ainsi qu’un certain nombre de pierres (grenats, perles poires…) tirées de ses collections.


vendredi 4 avril 2008

Un an déjà !


Il y a un an exactement que notre blog existe. Pour le grand plaisir, apparemment, de tous ceux qui nous consultent régulièrement. Soit plus de 3000 visiteurs depuis notre création



Merci de votre fidelité et de vos encouragements

Si vous avez des commentaires, des suggestions, des questions ou des informations à propos de tout ce qui concerne les bijoux, le spectacle et l'histoire, n'hésitez pas à nous contacter.
Nous nous ferons un plaisir de vous répondre
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01 40 28 43 79

vendredi 7 mars 2008

Diamants de divas

Collier et boucles d'oreilles Bulgari portés par Sophia Loren
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Du 11 avril au 8 juin prochain, le Musée du Diamant d’Anvers, en Belgique, ouvrira ses portes à une exposition organisée par l'Antwerp World Diamond Centre (AWDC) intitulée « Diamond Divas » http://www.diamonddivas.be/

On pourra y admirer, entre autres, divers bijoux portés par les princesses Mathilde et Marie Bonaparte, les impératrices Joséphine et Eugénie, et de nombreuses grandes dames du cinéma, du théâtre ou de la chanson. En autres, les bracelets de Gloria Swanson, le collier serpent de Maria Felix, les bagues et le "collier de chien" que portait Monica Bellucci dans la trilogie futuriste The Matrix, le célèbre collier "Moon of Baroda" - un diamant jaune-canari de 24.04 carats originaire des Indes - porté par Marilyn Monroe pendant la campagne de promotion du film Gentlemen Prefer Blondes (Les hommes préfèrent les blondes), le collier et les boucles d’oreilles Bulgari choisis par Sophia Loren en vue d'une séance photos dans Vogue, ou la tiare portée par Madonna le jour de son mariage avec le producteur de cinéma Guy Ritchie.
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Devant de corsage porté par Catherine Deneuve
dans le film "Le Temps retrouvé"

En ce qui concerne plus particulièrement le monde du spectacle français, outre une broche-pince, en platine, or blanc et diamants, de la maison Cartier (1944), achetée par Madeleine Renaud, on remarquera aussi le bracelet Lézard, du même bijoutier, ayant appartenu à Josette Day, de même qu’un bracelet et une bague dessinés par Alphonse Mucha et crées en 1899 par Georges Fouquet pour Sarah Bernhardt. Sans oublier le magnifique devant-de-corsage en platine et diamants, créé par Cartier (pour la baronne de Gunzburg) en 1909, qui fut porté par Catherine Deneuve dans le film Le Temps Retrouvé, quatre-vingt-dix ans plus tard.
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