La Bijouterie du Spectacle est une société culturelle qui prolonge l’histoire de l’association La Biographie du Spectacle et de sa publication La Lettre des Comédiens dont les activités ont pris fin en 2000. Elle est chargée de la conservation d’une des plus importantes collections privées de bijoux de scène et de cinéma. Elle s’est fixée également d’autres missions : étudier l’histoire des bijoux, notamment ceux de théâtre, accroître et restaurer ses collections, organiser des expositions. Elle gère en outre un ensemble de bijoux disponibles à la location.

mardi 27 septembre 2016

Réplique de la croix de l’ordre du Saint-Esprit




  La Bijouterie du Spectacle vient de réaliser, en tirage très limité, une très belle réplique de la croix de l’Ordre du Saint-Esprit. Créé en 1578 par Henri III, cet ordre a été la plus prestigieuse récompense de l’ancienne monarchie. Ce très beau modèle, reconstitué à partir de recherches approfondies, est la copie conforme d’une croix du XVIIIe siècle dont il n’existe plus aujourd’hui que quelques exemplaires. Notre copie présente la particularité de reproduire, sur son autre face, le premier modèle de cette décoration tel qu’il apparait dans l’iconographie des XVIe et XVIIe siècles. Ainsi, cette réplique pourra aussi bien être portée pour des reconstitutions du XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle.
  Une partie de ces croix est destinée à la location et à des expositions, une autre proposée à la vente (quelques exemplaires).



lundi 26 septembre 2016

Bracelet de camées (fin XVIe siècle)




Les bijoux du XVIe siècle sont assez rares et particulièrement les bracelets. C’est pour cela qu’il a paru intéressant de présenter ce magnifique bracelet conservé au département Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque Nationale (Camée 624). 
Réalisé dans les années 1575-1600, en or, il est composé d’un fermoir de forme ovale décoré d’un camée auquel sont attachés six autres médaillons avec camées de même forme, plus petits. Le camée du fermoir, sculpté sur coquille, représente trois chevaux dont un couché. Les six autres camées présentent respectivement un cerf, un lévrier, un lion, un loup et un taureau. Chaque médaillon est émaillé, sur son pourtour, en bleu et blanc et pourvu de quatre anneaux émaillés de bleu. Ces derniers sont reliés entre eux par une attache en forme de fleur émaillée en vert et blanc. Le bracelet se ferme par un fermoir à cliquet en or dont la boite pourvue d’une décoration émaillée et gravée (deux C enlacés) est soudée sous le médaillon principal. Une lame pliée en deux, fixée à l’autre extrémité du bracelet, vient se bloquer en position dans ce boîtier. L’ensemble mesure 17 cm de long sur 2 cm de large.






dimanche 6 mars 2016

La bague de Jeanne d’Arc est-elle authentique ?




  Le Puy du Fou a annoncé vendredi dernier qu’il venait d’acheter aux enchères, en Grande-Bretagne, un anneau ayant appartenu à Jeanne d’Arc. 

  Estimée au départ 19.051 euros, la précieuse relique a finalement atteint la coquette somme de 376.883 euros. C’est très cher payé pour un objet qui, à notre avis, suscite bien des interrogations sur son authenticité. La société britannique de vente aux enchères Timeline Auction s’était pourtant couverte, sur son site internet, en ne parlant que d’un anneau « associé à Jeanne d’Arc ». On attend avec impatience la conférence de presse du Puy-du-fou, le 20 mars prochain, au cours de laquelle la fameuse bague sera présentée ainsi que les documents attestant son ancienneté. D’ores et déjà il y a une contradiction entre l’affirmation de son nouveau propriétaire qui indique qu’elle est restée « six-cents ans en Angleterre jusqu’à cette vente aux enchères » et cet entrefilet paru dans la revue « Le Pays-Lorrain » en 1953 :  Un collectionneur anglais, le docteur James Hasson, vient de donner à la France un petit coffret contenant une bague réputée être la bague de Jeanne d’Arc. Cette relique, curieuse, aurait été recueillie par le cardinal Henry de Beaumont, confesseur de Jeanne d’Arc, après la mort de celle-ci.  Pourquoi toutes ces allées et venues de part et d’autre de la Manche ? On sait, par la maison de vente aux enchères, que l’anneau est apparu lors d’une vente en février 1929 et est resté dans une collection privée jusqu’en 1947. Il est alors racheté, toujours aux enchères, par le docteur Hasson. Celui-ci semble avoir déjà voulu le donner à la France en 1953. Le don a-t-il eu lieu ? Ce qui est certain c’est qu’il a été conservé par l’un des héritiers de James Hasson jusqu’à sa remise en vente tout récemment.

  Olivier Bouzy docteur en Histoire médiévale et spécialiste de Jeanne d’Arc est un des premiers à avoir émis des doutes sur l’historicité de l’anneau acquis par Le Puy-du-Fou. "Il y a une contradiction majeure entre l'anneau vendu et la description faite de la relique par Jeanne d'Arc elle-même, explique-t-il sur France Info, et rappelle que la pucelle avait à l'époque décrit un anneau en cuivre alors que celui qui a été vendu est en argent. Elle affirmait aussi que cet anneau était entre les mains des Bourguignons. En effet, rien ne prouve que les Bourguignons l'ont donné au cardinal anglais Henri Beaufort comme la légende de l'anneau vendu le dit". 

  En ce qui nous concerne nous penchons pour une bague fabriquée de toutes pièces au siècle dernier ou, à défaut, une bague du XVe siècle sur laquelle on aurait ajouté les inscriptions qui figuraient sur celle de Jeanne d’Arc. Il parait qu’il est difficile de faire des expertises sur des métaux qui datent d’avant le XVIe siècle. Il parait aussi que si on rassemblait toutes les reliques de la vraie croix du Christ, on pourrait s’en servir pour construire une nouvelle réplique de l’Hermione.

M. J.