mardi 19 août 2008

Copies de bijoux royaux


Nicolas Cayrasso, fondateur de la société Aux Armes de France et de Navarre, s'est spécialisé depuis plusieurs années dans la reconstitution de bijoux royaux et ordres de chevalerie anciens. C'est ainsi que depuis 2006 il a entrepris de rééditer la plupart des joyaux personnels connus de Marie-Antoinette. Travail qui nécessite des recherches fastidieuses rarement entreprises dans l'histoire de la joaillerie française. Après avoir restitué la célèbre parure qui est à l'origine de la fameuse "affaire du collier de la reine" (700 pierres taillées à la main et serties sur argent), il vient de produire récemment une superbe copie du "Massimo", autre collier d'origine royale, autrefois propriété de la dauphine Marie-Thérèse, fille de Marie-Antoinette, composé de diamants ayant appartenu à la reine. Cette réplique se présente sous la forme d'une rivière de quarante-trois pierres baroques (30 coussins à colette ouverte et 13 poires en pierres de synthèse, totalisant 425 carats) montée sur argent massif. Aux Armes de France a également réédité la paire de pendant d'oreille ornée de deux diamants en "briolette" offerte par Louis XVI à Marie-Antoinette en 1774. Elle est en argent massif et cristal de roche naturel.
Parmi les autres joyaux reconstitués, une magnifique plaque de l'Ordre du Saint-Esprit (plus de 450 carats de pierreries sur une monture en argent massif) inspirée de celle qui fut commandée par Louis XV à l'orfèvre Jacquemin dans les années 1750, ou l'épaulette du Roi de Saxe Auguste le Fort, restituée d'après celle qui fut réalisée entre 1782 et 1789. Nicolas Cayrasso, qui travaille aussi pour le cinéma ou la télévision, propose également à la location la plupart de ses articles. C'est lui qui a fourni la plaque de l'ordre du Saint-Esprit de diamants que porte Louis XIV dans le docu-fiction Versailles, le rêve d'un roi (voir notre article du 25 février 2008).

jeudi 31 juillet 2008

Deux blogs consacrés aux costumes du XVIe siècle

La période estivale permet de flâner davantage sur le net, toujours à la recherche d’informations nouvelles sur l’histoire du costume et des bijoux. C’est ainsi que nous venons de découvrir les deux blogs d’Andelot.
Le premier est consacré aux Derniers Valois http://derniersvalois.canalblog.com/. Il s’agit d’un recensement explicatif des portraits de cette famille royale dans la seconde moitié du XVIe siècle. Remarquablement illustré et documenté il constitue une somme incontournable sur ce sujet.

Le second blog, intitulé Le costume historique http://lecostume.canalblog.com/ s’intéresse aux vêtements sous l’ancien régime en France et en Europe. Du même niveau de qualité que le précédent et doté, lui aussi, d’une abondante iconographie, ce site explique l’évolution de pièces d’habillements tels que le col, la fraise ou le haut-de-chausse, principalement au XVIe siècle. Deux excellentes bases pour toutes les costumières qui auront à travailler sur cette époque.
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Henri III (Musée Condé, Chantilly)

vendredi 11 juillet 2008

La reine Elizabeth 1ère au cinéma

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Pour en revenir à l’article que nous avons publié le 8 juillet, outre l’australienne Cate Blanchett qui a interprété le rôle d’Elizabeth dans les deux films de Shekar Kapur : Elizabeth (1998) et Elizabeth : l’âge d’or (2002), nombreuses sont les comédiennes qui ont eu le redoutable privilège d’incarner cette célèbre souveraine à l’écran.
D’une façon assez inattendue, la première est une française, en l’occurrence la grande tragédienne Sarah Bernhardt, à qui Henri Desfontaines et Louis Mercanton confièrent ce rôle dans un film muet intitulé Les amours de la Reine Elisabeth (1912). Un an plus tard, Violet Hopson coiffe la couronne dans Drake’s love story de Hay Plumb. Puis Aimée Martinek, dans The Life of Shakespeare de Franck R. Growcott (1914). En 1923, Elizabeth apparaît dans deux films : sous les traits de Ellen Compton dans The Loves of Mary, Queen of Scots de Denison Clift et sous ceux de Diana Maners dans The Virgin Queen de J. Stuart Blackton. En 1936, c’est Athene Seyler qui reprend ce rôle dans Drake of England de Arthur B. Woods et, l’année suivante, Florence Eldridge dans Mary of Scotland de John Ford. Retour en France, en 1937, où Yvette Pienne endosse – entre autres – les habits de la reine dans Les perles de la couronne de Sacha Guitry.
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Bette Davis
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En poursuivant ce recensement (non exhaustif) on trouve aussi Jean Simmons dans Young Bess de George Sidney (1953) (sorti en France sous le nom de La Reine vierge), Irene Worth dans Seven Seas to Calais (1962), ou Judith Anderson dans la série américaine Elizabeth The Queen (1968). Enfin, plus récemment, n’oublions pas les prestations de Judi Dench dans Shakespeare in Love de John Madden (1998) et d’Anne-Marie Duff dans The Virgin Queen un feuilleton télévisé de Coky Giedroyc (2005).
Glenda Jackson dans Elizabeth R
Pour compléter cette liste, signalons que Cate Blanchett n’est pas la seule à avoir prêté son visage, au moins à deux reprises, à la reine vierge. Il y a d’abord eu l’inoubliable Bette Davis qui composa une étonnante Elizabeth dans The Private lives of Elizabeth and Essex de Michael Curtiz, en 1939, puis dans The Virgin Queen de Henry Koster, en 1955. Ensuite, l’inquiétante Flora Robson dans Fire Over England de William K. Howard, en 1937, et dans The Sea Hawk de Michael Curtiz, en 1940 (sorti en France en 1947 sous le nom de l’Aigle des mers). Puis Glenda Jackson, en 1971, dans le film Mary, Queen of Scots de Charles Jarrott et dans une série très remarquée de la BBC Elizabeth R, où elle se métamorphose aux différents âges de la reine d’une manière surprenante. L’une des meilleures compositions à nos yeux et dont nous gardons encore aujourd’hui un agréable souvenir.


L'une des robes portées par Glenda Jackson dans Elizabeth R
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Mention particulière à Helen Mirren qui, après joué dans Elizabeth I, un téléfilm en deux parties de Tom Hooper (2005), s’est glissé avec la même facilité dans le rôle d’Elizabeth II pour The Queen de Stephen Frears (2006). Double performance recompensée successivement par un Emmy Award et un Oscar.

Helen Mirren dans Elizabeth I

jeudi 10 juillet 2008

Les trésors de la famille d’Orléans aux enchères

Christie’s vient d’annoncer qu’il va mettre en vente, le 14 octobre prochain, près de six-cents lots d’objets ayant appartenu au comte et à la comtesse de Paris. L’ensemble, provenant de l’appartement que le couple habitait rue de Miromesnil, à Paris, est estimé entre 600.000 et un million d’euros.
Parmi ces souvenirs, un portefeuille brodé par Marie-Antoinette lors de sa captivité au Temple et donné par la reine elle-même à Madame de Tourzel, gouvernante du dauphin; une boîte ornée d’une miniature représentant le jeune Louis XVII (un des rares portraits connus de l'enfant en captivité - daté du 24 décembre 1794 - et provenant de sa sœur Madame Royale); une mèche de cheveux de Louis XVI ou les alliances de mariage de Philippe Égalité, duc d'Orléans, et de Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre. Parmi les bijoux, quatre bracelets romantiques, ornés de miniatures, de la collection de Marie-Amélie des Deux-Siciles, dernière reine des Français, des broches, des boîtes en or. Mais aussi de l’argenterie, une soixantaine de sceaux en or, ivoire ou pierre dure aux armes des Orléans, ainsi que des objets plus personnels, comme le rasoir du roi Louis-Philippe (estimé entre 150 à 200 €), la paire de gants de la reine Amélie du Portugal, en passant par la plume avec laquelle le roi Louis-Philippe signa l'acte d'abdication du 24 février 1848.
L'exposition de toutes ces pièces aura lieu du 10 au 13 octobre, à Paris.

mardi 8 juillet 2008

Les costumes d’Elizabeth 1ère, reine d’Angleterre

Le film Elizabeth : l’âge d’Or, sorti sur les écrans en décembre 2007, est à présent disponible en DVD.
C’est l’occasion de voir, ou de revoir, cette deuxième partie de la saga que le réalisateur Shekhar Kapur a consacrée à la grande reine. Le premier volet, paru en 1998, évoquait la jeunesse de la souveraine. Cette fois, nous sommes en 1585 et Elizabeth règne sur l’Angleterre depuis près de trente ans. Cate Blanchett incarne à nouveau, avec majesté et talent, la reine; même si elle avoue avoir longtemps hésité à reprendre le rôle.
Les costumes ont évidemment une grande place dans cette superbe réalisation. Ils sont l’œuvre d’Alexandra Byrne (née en 1962) qui s’est déjà illustrée dans le premier Elizabeth (1998) ou d’autres films historiques comme Hamlet (1997) et Le fantôme de l’Opéra (2005). Cette fois ci, sa prestation – très remarquée – lui a valu l’Oscar des meilleurs costumes, en février 2008. La costumière avoue avoir voulu créer des vêtements qui impressionnent le public, comme c’était sans doute le cas au temps d’Elizabeth, dont les tableaux d’époque nous rapportent les tenues étonnantes. En fait, plutôt que d’essayer d’approcher la vérité historique, la créatrice a surtout cherché à restituer l’esprit de la souveraine, autant dans sa vie privée que publique. N’hésitant pas, au besoin, à prendre certaines libertés pour les rendre plus confortables et d’un accès plus facile. A cette occasion, sa principale source d’inspiration fut le styliste espagnol Christobal Balenciaga, lequel, dans les années cinquante, élaborait ses créations à partir de tableaux contemporains du règne d’Elizabeth. Quant aux bijoux, ils sont en harmonie avec les costumes. Plus proches du cinéma de bollywood que de ceux portés au XVIe siècle. Qu’importe qu’Alexandra Byrne ait préféré l’imagination à l’authenticité, ce n’est pas le but du film. On peut tout pardonner quand ce genre de cinéma nous fait rêver.
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lundi 23 juin 2008

Les joyaux de la couronne de France du Muséum national d’histoire naturelle


Le 19 juin dernier, le Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, a réuni quelques blogueurs dans la galerie des minéraux afin de leur réserver une "grande surprise" : La présentation des joyaux de la couronne de France légués à cet établissement en 1799 et 1887.

Benoît de Sagazan, auteur de Patrimoine en blog a eu le privilège d’y être invité. Il nous en parle sur son site :http://blog.pelerin.info/patrimoine-en-blog/2008/06/les_joyaux_de_la_couronne_de_f_1.html

A cette occasion, François Farges, minéralogiste et professeur au Muséum et à l'université de Stanford (USA), a extrait de la salle des trésors, fermée par une lourde porte blindée, un grand coffret rectangulaire bleu, dans laquelle sont précieusement rangés - dans des petites boites de carton – un certain nombre de gemmes issus des collections royales. En particulier, la grande topaze des joyaux de la couronne, le saphir bicolore de Louis XIV (Il a été monté en bague pour Marie Leczinska, épouse de Louis XV), la grande émeraude de Louis XIV qui, vraisemblablement, ornait son chapeau, diverses perles, dont deux poires montées sur des épingles qui auraient été la propriété de Marie-Antoinette, la grande opale ayant appartenu à Louis XVIII, le diamant–portrait de l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon 1er (monté à l’origine au milieu d’un bracelet) et, enfin, le grand saphir de Louis XIV (photo). L’unique pierre restée intacte des joyaux de la couronne et qui, curieusement, et la seule qui n’ait pas disparu lors du vol de ces bijoux, en septembre 1792. Ce splendide saphir cubique, de 135,80 carats, a une longue histoire. Provenant probablement de Ceylan, il est passé entre les mains de la famille italienne Ruspoli, avant d’intégrer les collections du roi de France, ce qui lui vaut ce nom de Grand saphir de Louis XIV .

Ces merveilleuses pierres ne sont pas visibles du public et ne sortent qu'exceptionnellement des réserves. Outre la vidéo qui les présente sur le blog Patrimoine en blog, on peut en examiner quelques unes - dont le grand saphir de Louis XIV - sur la galerie virtuelle du Muséum qui est accessible sur le net depuis le 20 juin. Trois-cents minéraux y sont présentés dont une trentaine en 3D.


Le grand Saphir de Louis XIV

jeudi 29 mai 2008

La nouvelle Galerie des Bijoux du Victoria and Albert Museum de Londres

00 bijoux exceptionnels retraçant toute l'histoire de la joaillerie. x
Le 24 mai, à Londres, vient d’ouvrir la nouvelle Galerie des Bijoux du Victoria and Albert Museum : The William and Judith Bollinger Jewellery Gallery. Elle présente, parmi les collections du plus grand musée d'arts décoratifs au monde, une sélection de plus de 3500 bijoux exceptionnels retraçant toute l'histoire de la joaillerie.


Le cœur des collections de bijoux du Victoria and Albert Museum se concentre sur l'histoire de la joaillerie européenne depuis plus de 800 ans : splendeur des cours princières, merveilleux modèles des plus grands joailliers du 20ème siècle, pièces majeures de créateurs contemporains.

Des pièces historiques y sont exposées tels que les pendants qu'offrait Elisabeth 1ère à ses favoris ou des diamants ayant appartenu à Catherine la Grande. Elle conserve aussi certains des plus beaux bijoux du Premier Empire français dont les célèbres Emeraudes Beauharnais, cadeau de l'empereur Napoléon 1er à sa fille adoptive Stéphanie de Beauharnais (photo), ainsi que des diadèmes et des pierres portés par l'impératrice Joséphine.
La nouvelle galerie présente également les acquisitions les plus récentes de la collection du Victoria and Albert Museum parmi lesquelles un superbe ensemble de bijoux signés Lalique ainsi que le bandeau «Tutti Frutti» de lady Mountbatten en rubis, saphirs, émeraudes et diamants, une merveilleuse pièce dont elle fit l'acquisition en 1928 chez Cartier

La nouvelle galerie présente aussi une sélection de pièces rares des plus grands joailliers de la planète en provenance de New York, Paris, Londres, ou Saint Pétersbourg dont deux diadèmes en diamants de Cartier, un bracelet en émail "plique à jour" et perles par Boucheron et un jonc en or au cœur en rubis et diamants signé Chaumet. Parmi les objets Fabergé, la nouvelle galerie expose une exceptionnelle boîte à priser émaillée avec le monogramme du tsar Nicolas II en diamants.

La collection est, par ailleurs, particulièrement riche en pièces du 19ème siècle : rivières de diamants montées "en tremblant", modèles "à l’antique" ou dans le style Renaissance. La récente donation Judith H. Siegel a permis de renforcer les fonds en modèles de Castellani and Giuliano avec notamment le collier "Hélène de Troie" dessiné par sir Edward Poynter.
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Plus de 140 joailliers ou orfèvres vivants sont désormais représentés dans les collections de la galerie. Les pièces contemporaines comprennent notamment des collections de bagues de Wendy Ramshaw, une aiguille gravée en acrylique recyclé de Peter Chang, un étonnant ras du cou en papier mâché de Marjorie Schick. Sera également présentée une sélection de pièces du Royal College of Art Visiting Artists Collection.

La rénovation de la galerie des bijoux du Victoria and Albert Museum – qui a duré quatre ans - a été rendue possible grâce à une donation exceptionnelle de William et Judith Bollinger (un couple de riches amateurs de joaillerie). L’architecture intérieure en a été confiée à Eva Jiricna qui a redessiné les espaces, y ajoutant un escalier de verre en spirale permettant d’atteindre une mezzanine. Des vidéos et des modules interactifs, in situ et sur le site Internet du musée, permettront de s’informer sur les techniques et l’histoire de la joaillerie, notamment grâce à une base de données de 7000 images de bijoux.

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vendredi 25 avril 2008

Un des bijoux de la Couronne acquis par le Louvre



Un Grand nœud de diamants ayant appartenu à l'Impératrice Eugénie, qui avait été vendu en 1887 avec de nombreux autres bijoux de la couronne, vient enfin d'être racheté par le Musée du Louvre qui avait déjà vainement tenté de l'acquérir chez Sotheby's en 2002. Il devrait prochainement retrouver les autres pièces, de provenances royales ou impériales, exposées dans la galerie d'Apollon.
A l'origine, ce nœud de ceinture aux deux glands, crée par le joaillier François Kramer, avait été offert par Napoléon III à l'Impératrice Eugénie à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1855. En 1864 il a été adapté en broche de devant de corsage (22,5 x 11cm) avant d'être aliéné, vingt plus tard, par la République.
Le louvre, par l'intermédiaire de Christie's à New York, a racheté ce joyau pour 6,72 millions d'euros. Ce montant a pu être réuni en grande partie grâce à la mise à la disposition par les Amis du Louvre de 5 millions d'euros provenant du legs universel consenti par M. et Mme Michel Rouffet.

jeudi 24 avril 2008

Bijoux et costumes romains

 

   Notre amie Martine Mulotte, la chef costumière de tous les spectacles de Robert Hossein, vient de nous faire parvenir quelques photos inédites de Ben Hur (voir message du 5 avril 2007). Nous ne résistons pas au plaisir de les publier, pour la beauté et le réalisme des costumes – ornés de bijoux prêtés par la Bijouterie du Spectacle – et la grâce des modèles.

   Nous avons jugé intéressant de reproduire aussi, ci dessous, quelques portraits de dames de l’antiquité. Ce sont des peintures du Fayoum (réalisées vers les années 98-117 de l’époque romaine). Simplement pour noter qu'en matière de reconstitution historique, aussi bien au cinéma qu'à la télévision, tout est possible à condition de s'en donner les moyens.




mardi 22 avril 2008

Maharadjah de cinéma

Pierre Brasseur dans l’Or du duc

  Dès les années trente, l’Inde a souvent exercé une incroyable fascination auprès des réalisateurs occidentaux. Nous n’entreprendrons pas de faire l’inventaire de tous les films qui ont – à des degrés divers – traité de ce pays. Pour notre part, outre les décors ou le côté pittoresque des personnages, c’est souvent aux costumes que nous avons le plus souvent prêté attention. Un de nos meilleurs souvenirs restant, évidemment, le diptyque de Fritz Lang Le tigre du Bengale et Le tombeau hindou, réalisé à la fin des années cinquante. Même si, avec le recul, on peut s’amuser de l’image idéalisée et un peu stéréotypée sous laquelle on y présente Chandra, le riche et cruel maharadjah d’Eschnapur (interprété par Walther Reyer).
  Le cinéma français n’est pas en reste avec toute une série de films où ces grands princes apparaissent presque toujours sous un aspect caricatural. Avec turbans, diamants et aigrettes. Pour n’en citer que quelques uns, le maharadjah de Dutane (joué par Jean Galland) dans Princesse Tam-Tam de Edmond T. Gréville (1935), le maharadjah de Paripatan (Jean Tissier) dans Les gaietés du Palace de Walter Kapps (1936), celui interprété par Pierre Duncan dans Les aventures d’Arsène Lupin de Jacques Becker (1957), le maharadjah légataire d’un bus en or (Pierre Brasseur) dans L’or du duc de Jacques Baratier (1965) (photo), le maharadjah de Kimpura (Michel Thomass) dans Fantomas contre Scotland Yard d’André Hunebelle (1967), sans oublier Jean-Paul Belmondo déguisé en prince indou dans Le Guignolo.

La Bijouterie du Spectacle a prêté ses bijoux pour ce maharadjah, au théâtre (2005)

lundi 21 avril 2008

Les joyaux de la Couronne de Bohême


Les joyaux de la Couronne de Bohême sont exposés du 19 au 29 avril dans la salle Vladislas du Château de Prague. Un événement, car cela n’arrive que dans des occasions extraordinaires. Cette année, ce sont les 90 ans écoulés depuis la fondation de la Tchécoslovaquie et la réélection du président de la République, Vaclav Klaus.

Cela faisait cinq ans qu’ils étaient cachés dans l’ombre du coffre-fort de la Chambre de la couronne de la chapelle Saint-Venceslas, à la cathédrale Saint-Guy. Il n’en sortent vraiment pas souvent : neuf fois au cours du XXe siècle et deux fois depuis le début de ce siècle. Charles IV, roi de Bohême et empereur du Saint Empire romain au XIVe siècle qui a commandé les joyaux de la Couronne de Bohême pour son couronnement et fait construire le château de Karlstejn pour les abriter, avait émis le vœu qu’ils ne soient exposés que dans les grandes occasions.
Retour sur l’histoire de ces joyaux avec l’historien et directeur du bureau du tourisme de l’administration du Château de Prague, Frantisek Kadlec :
« L’objet le plus important est la couronne. Elle est très ancienne et a été fabriquée avant 1347, probablement en 1346. La pomme impériale et le sceptre sont plus récents. Les originaux que Charles IV tenait dans les mains sont aujourd’hui au château de Hoffburg à Vienne. Au XVIe siècle, Ferdinand 1er commanda une nouvelle pomme et un nouveau sceptre. Le manteau de couronnement est des plus précieux. Il a été commandé par Ferdinand IV pour son couronnement en 1653. L’épée de couronnement est l’objet le plus ancien de la collection. Elle est appelée épée Saint-Venceslas. »

Sortir les joyaux de la Couronne de Bohême de leur cachette bien gardée n’est pas si simple que cela, comme l’explique Petr Chotebor, employé au service de la protection des monuments historiques du Château de Prague qui a participé, vendredi, à l’ouverture de la Chambre du couronnement et de son coffre-fort :

« C’est un lieu fermé au commun des mortels qui ne peut être ouvert, tout comme le coffre-fort, que par sept clés différentes. Les dignitaires qui en ont la garde sont le président de la République, le chef du gouvernement, le président du Sénat, le président de la Chambre des députés, l’archevêque de Prague, le prévôt du chapitre métropolitain et le maire de Prague. »

Les joyaux de la Couronne de Bohême sont comme tous les trésors entourés de légendes. L’une d’elle dit que quiconque usurpera le droit de poser la couronne sur sa tête mourra dans l’année d’après. On raconte que le protecteur du Reich allemand en Bohême Moravie, Reinhard Heydrich, posa la couronne sur sa tête un soir de novembre 1941. Le 4 juin 1942, il décédait des suites d’un attentat réalisé par la Résistance tchèque.

jeudi 10 avril 2008

La couronne d’Isabelle Adjani


Dans l’Express du 8 avril Paola Genone a recueilli quelques confidences d’Isabelle Adjani, notamment à propos de bijoux. Ainsi, à la question « si vous étiez un accessoire de mode ? » l’actrice répond : « Une tiare, pour prendre de la hauteur sur la mode. J'ai adoré porter une couronne dans La Reine Margot et j'ai une passion pour les diadèmes. Malheureusement, je ne peux pas en porter parce que je serais immédiatement repérée par les paparazzi. »

Pour mémoire, le film La Reine Margot a été tourné par Patrice Chéreau entre le 10 mai et le 3 décembre 1993. Les costumes – épurés et vraisemblables – ont été créés par Moidele Bickel qui a reçu, à cette occasion, le César du meilleur costume.
Enfin, la fameuse couronne dont parle Isabelle Adjani a tout spécialement été fabriquée par Madame Bijoux – qui la détient toujours – en utilisant une bâte en laiton achetée chez Janvier-Grusson ainsi qu’un certain nombre de pierres (grenats, perles poires…) tirées de ses collections.


vendredi 4 avril 2008

Un an déjà !


Il y a un an exactement que notre blog existe. Pour le grand plaisir, apparemment, de tous ceux qui nous consultent régulièrement. Soit plus de 3000 visiteurs depuis notre création



Merci de votre fidelité et de vos encouragements

Si vous avez des commentaires, des suggestions, des questions ou des informations à propos de tout ce qui concerne les bijoux, le spectacle et l'histoire, n'hésitez pas à nous contacter.
Nous nous ferons un plaisir de vous répondre
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01 40 28 43 79

vendredi 7 mars 2008

Diamants de divas

Collier et boucles d'oreilles Bulgari portés par Sophia Loren
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Du 11 avril au 8 juin prochain, le Musée du Diamant d’Anvers, en Belgique, ouvrira ses portes à une exposition organisée par l'Antwerp World Diamond Centre (AWDC) intitulée « Diamond Divas » http://www.diamonddivas.be/

On pourra y admirer, entre autres, divers bijoux portés par les princesses Mathilde et Marie Bonaparte, les impératrices Joséphine et Eugénie, et de nombreuses grandes dames du cinéma, du théâtre ou de la chanson. En autres, les bracelets de Gloria Swanson, le collier serpent de Maria Felix, les bagues et le "collier de chien" que portait Monica Bellucci dans la trilogie futuriste The Matrix, le célèbre collier "Moon of Baroda" - un diamant jaune-canari de 24.04 carats originaire des Indes - porté par Marilyn Monroe pendant la campagne de promotion du film Gentlemen Prefer Blondes (Les hommes préfèrent les blondes), le collier et les boucles d’oreilles Bulgari choisis par Sophia Loren en vue d'une séance photos dans Vogue, ou la tiare portée par Madonna le jour de son mariage avec le producteur de cinéma Guy Ritchie.
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Devant de corsage porté par Catherine Deneuve
dans le film "Le Temps retrouvé"

En ce qui concerne plus particulièrement le monde du spectacle français, outre une broche-pince, en platine, or blanc et diamants, de la maison Cartier (1944), achetée par Madeleine Renaud, on remarquera aussi le bracelet Lézard, du même bijoutier, ayant appartenu à Josette Day, de même qu’un bracelet et une bague dessinés par Alphonse Mucha et crées en 1899 par Georges Fouquet pour Sarah Bernhardt. Sans oublier le magnifique devant-de-corsage en platine et diamants, créé par Cartier (pour la baronne de Gunzburg) en 1909, qui fut porté par Catherine Deneuve dans le film Le Temps Retrouvé, quatre-vingt-dix ans plus tard.
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lundi 25 février 2008

Docu-fiction sur Versailles



  Le jeudi 3 janvier dernier, France 2 a diffusé le docu-fiction intitulé Versailles, le rêve d’un roi - dont nous avons parlé sur ce blog - réalisé par Thierry Binisti. Ce programme a réuni 5.3 millions de personnes, soit 20.5% de PDA.
  Satisfaite de ce score, la chaîne compte renouveler l'expérience. Selon Télé Star, la chaîne du service public prépare actuellement deux nouveaux numéros, qui seront tournés en octobre, sur le même thème, l'un sous Louis XV, et l'autre sous Louis XVI.

vendredi 8 février 2008

Les bijoux d'Anne d'Autriche (suite)

Ci-dessus voici un nouveau tableau représentant la reine avec son fameux collier de perles rondes (Ecole française du XVIIe siècle, Château de Versailles)
Outre celui-ci, Anne d’Autriche porte une paire de boucles d’oreilles de perles poires, une croix de six grosses perles poires, et deux bracelets dont - celui qui est visible – est orné d’un grand diamant rectangulaire taillé en table.
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Sur ce portrait la reine Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV, porte elle aussi le célèbre collier d’Anne d’Autriche (Ecole française du XVIIe siècle, Château de Versailles). On remarquera les boucles d’oreilles constituées d’une grosse perle poire suspendue à un diamant, la broche de poitrine en diamants avec une perle poire et les guirlandes de diamants et de perles.
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Sur cet autre tableau d’Anne d’Autriche, encore jeune (Rubens, Musée du Louvre), la souveraine ne porte pas son collier préféré mais une somptueuse parure de diamants et de perles. Notamment un diadème formé d’un rang de diamants taillés en table alternés avec des perles en poire, des boucles d’oreilles composées de trois petits diamants auxquels est accrochée une perle poire. Au devant de corsage, maintenu par un nœud d’étoffe noire, un bijou de poitrine orné d’un très grand diamant taillé en pointe carrée serti dans un cercle de fil d’or où pend une énorme perle en poire. D’une épaule à l’autre se balance une imposante chaîne de grands diamants taillés en table rectangulaires, parmi lesquels se mêlent deux pointes octogonales à faces, tous séparés par deux grosses perles. Enfin, la ceinture se compose d’une ligne alternant diamants taillés en rose et perles. On ignore si ces bijoux ont réellement existé où s’ils sont dus à l’imagination du peintre.

On remarquera que la ceinture se ferme par un flot d’étoffe terminé par deux ferrets métalliques. Ce ne sont pas les fameux « ferrets de la reine » chers à Alexandre Dumas, somptueux joyaux évoqués dans Les trois mousquetaires, mais de simples garnitures d'aiguillettes. En réalité, les ferrets sont des bijoux de second ordre. A sa mort, Anne d’Autriche en possédait trois séries : six avec petits diamants d’une valeur de 700 livres, six avec perles et diamants de 700 livres également, et 18 en or et acier évalués à seulement 60 livres.

jeudi 7 février 2008

Le collier de perles d'Anne d'Autriche


Utilisé pendant plusieurs siècles, surtout aux XVIIe et XVIIIe siècle, le collier de perles est un bijou qui a paré le cou de nombreuses dames. Aussi, est-il normal de le retrouver au cinéma comme à la télévision, dans beaucoup de reconstitutions historiques. De plus, c'est un accessoire facile à trouver et à porter.
Incarnée à de nombreuses reprises à l'écran, notamment dans Les Trois mousquetaires, la reine Anne d'Autriche (1601-1666) en possédait un magnifique dont il nous a paru intéressant de retracer l'histoire.
Mariée dès son plus jeune âge à Louis XIII, l'infante d'Espagne Ana Maria Mauricia est arrivée en France en 1615. Elle amenait avec elle, selon les Mémoires de Madame Campan, "un collier de perles d'un seul rang dont la plus petite avait la grosseur d'une aveline". La reine semblait aimer ce type de bijou. Elle en possédait sans doute plusieurs. On sait qu'en 1618 elle en portait un composé de quatre-vingt perles de 800 écus pièce. Dans une lettre du 21 septembre de la même année, Simon Contarini, ambassadeur de Venise, rapporte une anecdote à propos de celui-ci : «Anne d'Autriche se trouvant dans sa chambre avec les dames attachées à sa personne posa sur une table un collier de quatre-vingt perles qu'elle venait d'ôter de son cou. A peine la reine eut-elle le dos tourné, que le collier disparut. Surprise et indignée d'un pareil fait, elle fit fermer les portes et rechercha la coupable. On s'aperçut alors qu'une Espagnole nommée Isabelica, seconde dame de la reine, jetait quelque chose par la fenêtre. Cette dame avait enlevé le collier et, de l'air le plus indifférent du monde, elle lançait les perles sur un buisson qui se trouvait sous la fenêtre. On envoya ramasser les perles, mais on n'en trouva que quarante-cinq : les autres manquaient».


Mais son préféré semble-t-il, celui que l'on aperçoit dans plusieurs portraits de la souveraine - notamment dans les peintures de Rubens - est le magnifique tour de cou qu'elle avait apporté d'Espagne. Il était composé de trente-et-une grosses perles rondes, du plus bel orient, dont la plus grosse était légèrement ovale et la plus petite fixée au fermoir. A l'origine, l'ensemble totalisait trois-cents carats, soit 1200 grains anciens. Quant elle ne le portait pas, la reine le conservait, - avec ses bijoux les plus précieux - dans une cassette couverte de maroquin fleurdelisé, fermée par deux serrures d'une seule clé.
A la mort d'Anne d'Autriche, en 1666, la cassette fut portée cachetée au château de Saint-Germain où séjournait le jeune Louis XIV. Le roi prit en premier lieu le «collier de perle de la Reyne, estant au nombre de trente perles et une autre qui sert de clavier, pezant trois cents quarats», estimé à l'époque 105.000 livres. On dit que le monarque l'avait déjà porté sur sa cuirasse, lors du grand carrousel du Louvre, en 1662.
Tout au long de son règne le roi conserva le collier de perles parmi les joyaux de la couronne. Sans doute fut-il porté par son épouse, Marie-Thérèse d'Autriche. On le reconnaît sur un portrait de la reine, peint par Pierre Mignard, conservé au musée du Prado à Madrid. Louis XIV le fit légèrement transformer, faisant remplacer les plus petites perles de l'arrière du cou par de nouvelles, beaucoup plus grosses. C'est ainsi que, sans que sa longueur en soit diminuée, il ne fut plus composé que de vingt-cinq perles. C'est sous cette forme qu'il apparaît en 1691, dans l'inventaire des joyaux de la couronne, où il est estimé à 250.000 livres.
Madame Campan affirme qu'il fut offert par Louis XV à la Dauphine, Marie-Antoinette, lors de son arrivée en France. Quoiqu'il en soit, l'inventaire de 1774, dressé à la mort du roi, ne l'estime plus qu'à 100.000 livres.
A la révolution, il suivi le destin de l'ensemble des joyaux de la couronne. La reine dû s'en séparer pour le remettre aux commissaires de l'Assemblée Nationale. Au cours de l'inventaire que l'on fit, en 1791, chacune des 25 perles du collier fut pesée séparément. Leurs poids s'échelonnaient de 37 grains à 95,55 grains métriques, soit un total de 1566 grains (1524 grains anciens). Cependant, on ne l'estima qu'à 90 600 livres, loin de sa valeur d'origine. Il est vrai qu'il avait été très souvent porté et que, en près de 180 ans, les perles avaient probablement dû vieillir.
Conservé au garde meuble (installé alors place de la concorde), le collier fut volé ainsi qu'un grande partie des joyaux de la couronne, en septembre 1792. Dans les années qui suivirent, si un certain nombre de ceux-ci purent être récupérés, on ne retrouva jamais le fil de perles d'Anne d'Autriche. Probablement dépecé et vendu à l'étranger.

vendredi 25 janvier 2008

Les enseignes de chapeau au XVIe siècle

Henri IV (Musée de la Rochelle)
Le roi porte une bordure de chapeau constituée de chatons de pierreries
et une enseigne composée de neuf diamants
x
A l’origine, l’enseigne ou insigne était une sorte de broche, généralement en plomb ou en étain, que l’on portait au chapeau ou parfois sur la cape. Très en vogue du XIIe siècle au XVIe siècle, ces petits objets furent d’abord des souvenirs ramenés de lieux de pèlerinages (Saint-Jacques de Compostelle, Rome, Jérusalem, le Mont Saint-Michel, etc.) avant de se diversifier, dès le XIVe siècle, pour devenir des insignes profanes. Emblèmes politiques, commémoratifs, érotiques, fantastiques, corporatifs et de métiers, ils orneront bien des coiffures, contribuant à préciser l’identité, le statut ou la personnalité de leurs propriétaires, quand ils n’étaient pas utilisés comme amulettes.
Avant de disparaître, au début du XVIIe siècle, ces broches serviront aussi à orner les chapeaux des grands seigneurs. En or, émaillés, garnis de pierres précieuses, ce furent alors des bijoux de prix destinés à renforcer le luxe des habillements. Très peu ont été conservés.

Enseigne de chapeau (XVIe siècle)

Bibliothèque Nationale (Département des Monnaies, Médailles et Antiques)

Le célèbre portrait de François 1er peint par Clouet, exposé au Louvre, le représente portant une enseigne à son chapeau. Le département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque Nationale, quant à lui, détient un bijou de ce type qui aurait peut-être appartenu à ce grand roi. Il s’agit d’une plaque ovale en or, ciselée et émaillée, figurant un combat de cavaliers (photo).
Dans l'inventaire après décès de François II, en 1560, on trouve « une enseigne d'or, le fond de lapis et dessus une figure d'une Lucrèce. Une autre enseigne sur un fond de jayet où il y a ung homme esmaillé de blanc et ung armet d'acier sur un pied d'estier (piédestal) où est ung saphir; une enseigne d'un David sur un Goliat. la teste, les bras et les jambes d'agate; une enseigne garnie d'or où il y a une Cérés appliquée sur une agate, le corps d'argent et l'habillement d'or; et quatre petites enseignes de feuilles d'or estampées de dévotions.»
Dans celui du prince de Condé, dressé en 1588, on remarque « une enseigne d'or où il y a ung pourtrait d'homme ayant une espée en main et le monde en l'autre; ainsi qu’une enseigne d'or en laquelle y a un portrait de femme.»
En 1591, parmi les bijoux ayant appartenu à Henri III figurent une enseigne en forme de plume ornée de trois grands cabochons de rubis, onze grands diamants et le reste couvert de petits diamants et rubis; une autre enseigne émaillée de blanc, vert, rouge et azur ornée de sept diamants en triangle et huit petits diamants au milieu, avec un rubis cabochon et dix-neuf perles autour; une autre enseigne d'or émaillé de blanc garnie au milieu d'une émeraude en cabochon, de huit petites émeraudes et de plusieurs petits rubis; une autre enseigne émaillée de rouge, vert et azur avec sept diamants, celui du milieu manquant, et une dernière enseigne sertie de petits diamants.
En juin 1591, Henri IV achète au joaillier François Mallard «une enseigne d'or faicte en pannache et enrichie de plusieurs dyamans, et le pannache au bout de ladicte enseigne enrichy de plusieurs dyamans de prix» pour 14 000 écus.

Bien sûr, il y en avait de plus modestes et accessibles aux petites bourses. Bernard Palissy écrit en 1575 « Je m'asseure (j'affirme) avoir veu, donner pour trois sols la douzaine des figures d’enseignes que l'on portoit aux bonnet, lesquelles estoient si bien labourées (travaillées) et leurs esmaux si bien parfendus (appliqués) sur le cuivre qu'il n'y avoit nulle peinture si plaisante. »

mercredi 23 janvier 2008

D'où viennent les couleurs du saphir et du rubis ?

Un saphir de 478 carats ayant appartenu à la Reine Marie de Roumanie (AFP)

Les pierres précieuses, c'est un peu le monde à l'envers. Tandis que le diamant ruisselle de mille feux grâce à sa limpidité et à sa pureté cristalline, les pierres précieuses, rubis, saphir, mais aussi émeraude, topaze et une trentaine d'autres, sont devenues précieuses parce qu'elles sont… impures. Car c'est bien parce qu'elles contiennent des impuretés qu'elles ont autant de valeur. Sans leurs impuretés, ces pierres ne seraient certainement que de vulgaires cailloux que personne ne convoiterait.
Les pierres précieuses fascinent les hommes, sans doute depuis toujours. Les Perses pensaient même que la Terre reposait sur un gigantesque saphir dont les reflets coloraient le ciel en bleu. Le saphir est la pierre divine par excellence. On en trouve pratiquement sur tous les continents : en Asie du Sud-Est, en Chine, au Sri Lanka, à Madagascar, en Australie et aux États-Unis, les plus réputés étant ceux de Birmanie et du Cachemire. La France a eu un petit gisement de saphirs dans le Cantal qui n'est aujourd'hui plus qu'une curiosité géologique.
Le rubis, la pierre de l'amour, est lui une pierre précieuse dont toute la valeur repose sur la couleur : elle passe en revue tous les rouges, de l'écarlate «sang de pigeon» ou «sang de taureau» au léger «framboise clair» ou «groseille». Le rubis est un peu plus fragile que le saphir, mais ce sont les pierres les plus dures, juste après le diamant.
Contrairement au diamant, qui est fait de cristaux de carbone, les saphirs et les rubis sont constitués de cristaux d'atomes d'aluminium et d'oxygène. Ils appartiennent à la famille des corindons. À l'état pur, ils sont incolores. Mais, le plus souvent, d'autres atomes viennent se mêler à ceux d'aluminium, les remplacer en plus ou moins grand nombre. Ainsi, le bleu du saphir est provoqué par la présence de fer et de titane. Le rouge du rubis est créé par la présence de chrome et de vanadium. Les saphirs verts mélangent les impuretés responsables du bleu, fer et titane, avec celles donnant le jaune (une forme particulière d'atome de fer). Il existe toute une gamme de saphirs roses, orange ou lavande. En fonction de la concentration de ces atomes « colorés», la couleur sera plus ou moins vive et la présence ou non d'autres impuretés déterminera la transparence de la pierre. La dureté du saphir et du rubis varie selon l'orientation des cristaux, une donnée importante à connaître pour la taille.
Parmi les saphirs bleus les plus gros, on peut citer le «saphir Logan» qui atteint 423 carats, soit presque 85 grammes (un carat pèse 0,2 g). Le «saphir Logan» est taillé en coussin dans un cristal provenant du Sri Lanka et est conservé à la Smithsonian Institution à Washington. Citons également un saphir de 258 carats, d'un très beau bleu vif qui appartint à la couronne de Russie ; l'«Étoile de l'Inde», un saphir étoilé de 563 carats, à l'American Museum de New York ou encore l'«Étoile de minuit », couleur bleu noir, de 116 carats, l'«Étoile d'Asie» de 330 carats.
Le saphir est bien plus répandu que sa pierre jumelle, le rubis, du fait que ses substances colorantes sont bien plus courantes. Le saphir reste la pierre la moins coûteuse des quatre principales pierres précieuses en tenant compte de critères «moyens». Mais un saphir de 15 à 20 carats taillé commence à devenir une rareté. En dessous de ces poids, on en trouve plus facilement. D'autant que depuis une vingtaine d'années, les saphirs sont devenus beaucoup plus accessibles grâce à un procédé de chauffage. Les pierres qui auparavant avaient des couleurs ternes et manquaient d'éclat acquièrent couleur vive et clarté par un passage au four à haute température. Et le pire est qu'il n'y a pas de différences visibles entre une pierre traitée ou non.
Les mesures de sécurité antiterroristes ont d'ailleurs eu une conséquence inattendue sur les pierres précieuses. Car devant les menaces causées par les poudres blanches dans les courriers, il avait été décidé d'irradier les enveloppes. Des dizaines de carats de saphirs bleus ainsi transportés sont ainsi devenus jaune orange tandis que des perles blanches devenaient grises ou noires.
La chronique de Jean-Luc Nothias (Le Figaro, 23 janvier 2008)

mardi 15 janvier 2008

Les cheveux de la dernière femme d'Henry VIII vendus aux enchères

Une mèche de cheveux vieille de 500 ans, censée avoir appartenu à Catherine Parr, la sixième et dernière femme du roi Henry VIII, a été vendue aux enchères aujourd'hui à Londres pour 2.160 livres (2.850 euros) .
La mèche blonde a été acquise par Charles Hudson, qui réside à Wyke Manor, dans le Worcestershire (ouest de l'Angleterre), une propriété donnée selon lui à Catherine Parr par son époux. "C'est assez incroyable de quitter Londres avec les cheveux de la femme d'Henry VIII dans ma poche", a-t-il déclaré.
La poignée de cheveux, sous un cadre oval, a été vendue pour près de quinze fois le prix estimé de 150 livres (200 euros).
"La provenance de l'objet a été vérifiée et nous pensons que ce sont les cheveux de Catherine Parr. Aucun test ADN n'a cependant été effectué", a expliqué une porte-parole de la maison d'enchères Bonhams.
Catherine Parr avait épousé Henry VIII en 1543, à l'âge de 31 ans, et était restée à ses côtés jusqu'à sa mort en 1547.

jeudi 10 janvier 2008

Les bagues de Monsieur, frère du roi

Il y a quelques jours, à propos de Louis XIV, nous avons souligné que le monarque ne portait pas de bagues. Bien sûr, si de nouveaux documents venaient infirmer cette allégation nous ne manquerons pas d'en faire état.
Par contre, son frère Philippe dit Monsieur, en possédait beaucoup. Curieux prince, qui raffolait des joyaux et était, en la matière, un arbitre des élégances. Voila le portrait qu'en fait Saint-Simon : « C'était un petit homme ventru, monté sur des échasses tant ses souliers étaient hauts, toujours paré comme une femme, plein de bagues, de bracelets et de pierreries partout, avec une longue perruque toute étalée devant, noire et poudrée et des rubans partout où il pouvait mettre, plein de sortes de parfums et en toutes choses la propreté même. »
A sa mort, en 1701, on dressa l'inventaire de tous ses biens lesquels comprenaient, entre autres, pour 1 621 522 livres de joyaux divers. Parmi ceux ci, un certain nombre de bagues dont voici la description.
La plus importante était composée d'un grand diamant provenant du cardinal de Richelieu ainsi décrite : "Une bague d'un grand diamant brillant à douze pans d'eau bellissime dit le Cardinal de Richelieu, prisé la somme de vingt mil livres" (il pouvait peser de 12 à 15 carats). Suivaient une bague ornée d'un beau rubis d'Orient et de deux roses aux côtés estimée 1200 livres, une bague d'un rubis d'Orient et de deux diamants de 800 livres, une d'un rubis cabochon en cœur entouré de douze diamants en table estimée 110 livres, une d'un spinelle à huit pans et de six roses, estimée 300 livres, une d'une topaze d'Orient et de six diamants pour 600 livres, une d'un très beau saphir violet et de deux brillants pour 400 livres, une d'un petit saphir et de seize petits brillants pour 50 livres, une d'une émeraude cabochon et de six diamants pour 160 livres, une d'une turquoise de vieille roche avec dix-huit diamants pour 260 livres, puis deux bagues, l'une d'un diamant triangle avec [un morceau] de la Vraie Croix dessous entouré de petits diamants et l'autre d'un diamant plat avec un chiffre dessous, estimées 500 livres et, enfin, dix-huit bagues de toutes sortes de pierres de couleur de peu de conséquence, dont quelques-unes n'avaient que des portraits, et estimées 120 livres.

mardi 8 janvier 2008

Louis XIV à la télévision

Notre recensement des acteurs qui ont interprété Louis XIV ne serait pas complet si nous ne disions pas deux mots de ceux qui ont joué ce rôle à la télévision.
Dans l’ordre : Jean Leuvrais, dans Mademoiselle Molière de Jean-Paul Sassy (1964) ; Michel Pilorgé dans Le château perdu de François Chatel (1973) ; Denis Manuel dans Molière pour rire et pour pleurer (1973) ; Olivier Lefort (Louis XIV enfant), Daniel Mesguich (Louis XIV adulte) dans Le cardinal de Retz de Bernard d’Abrigeon (1975), Paul Barge dans Le Lauzun de la Grande Mademoiselle de Yves-André Hubert (1976) ; Jean-Claude Penchenat dans Molière d’Ariane Mnouchkine (1978), Roger Mollien dans Le pain de fougère d’Alain Boudet (1981), Didier Sandre dans L’Allée du roi de Nina Companéez (1995) ; Raymond Aquaviva dans Julie, chevalier de Maupin de Charlotte Brandstrom (2004); Samuel Theis dans Versailles, le rêve d'un roi de Thierry Binisti (2007).

lundi 7 janvier 2008

Louis XIV au cinéma

Sacha Guitry dans Si Versailles m'était conté

En rédigeant l'article précédent, consacré à Louis XIV, nous nous sommes plongés dans les archives pour savoir quels ont été les acteurs qui ont interprété le souverain à l'écran. Nous n'imaginions pas que la liste était si longue. Elle commence aux débuts du cinéma, en 1904, où pour la première fois le roi apparaît sous les traits de Vincent Denizot dans Le Règne de Louis XIV, de Vincent Lorant-Heilbronn. Cinq ans plus tard, en 1909, c'est René d'Auchy qui l'interprète dans Molière de Léonce Perret. Puis, en 1911, Emile Chautard dans Fouquet, l'homme au masque de fer, réalisé par Camille de Morlhon. En 1935, c'est un Louis XIV jeune que compose Jean Bara dans Jérôme Perreau, héros des barricades d'Abel Gance. Trois ans après, en 1938, dans Remontons les champs-Elysées de Robert Bibal et Sacha Guitry ce sont deux acteurs, cette fois, qui jouent le grand roi : Jacques Erwin est Louis XIV jeune, et Maurice Schutz, Louis XIV âgé.
En 1945, Maurice Escande l'incarne à son tour dans Echec au Roy de Jean-Paul Paulin. Naturellement, dans son merveilleux film Si Versailles m'était conté, qu'il tourne en 1954, Sacha Guitry se réserve le rôle du roi âgé et confie à Georges Marchal celui du roi jeune. L'année suivante, dans l'Affaire des poisons de Henri Decoin, on se souvient à peine de Raymond Gérôme, tout comme de Philippe Noiret qui coiffe lui aussi la couronne dans Les Amours célèbres de Michel Boisrond, tourné en 1961. Henri Decoin, toujours lui, réalise Le masque de fer (1962) et confie cette fois le rôle à Jean-François Poron. Entre 1964 et 1966, dans sa série des Angelique, Bernard Borderie choisit Jacques Toja, de la Comédie Française, qui compose un élégant Louis XIV dans les trois premiers films.
Grand moment de cinéma, en 1966, quand Roberto Rossellini tourne – à l'origine pour la télé – le mémorable La prise du pouvoir par Louis XIV où il confie à un jeune inconnu, Jean-Marie Patte, l'illustre fonction.
Passons sur Le fou du roi d'Yvan Chiffre, en 1984, qui voit Jean Desailly camper lui-aussi le monarque, et Monsieur de Pourceaugnac, l'année d'après, réalisé par Michel Mitrani qui s'est réservé le rôle.
En 1993, Roger Planchon relève le défi avec son Louis, enfant roi, joué par Maxime Mansion, suivi par La fille de d'Artagnan, de Bertrand Tavernier, en 1994, où Stéphane Legros fait une royale apparition.
Un peu plus tard, en 1997, Thierry Lhermitte est un Louis XIV, quasiment chauve, dans Marquise de Vera Belmont. En 2000, c'est un roi plus jeune que joue l'anglais Julian Sands dans Vatel de Roland Joffé, et un autre, plus âgé, qu'illustre Jean-Pierre Kalfon dans Saint-Cyr de Patricia Mazuy. Mention spéciale, au très beau film Le Roi danse de Gérard Corbiau, lui aussi réalisé en l'an 2000, où Benoit Magimel interprète un Louis XIV virevoltant. Dernier en date, Jean de la Fontaine, de Daniel Vigne, tourné en 2007, dans lequel le rôle du monarque a été attribué à Jocelyn Quivrin.

vendredi 4 janvier 2008

Louis XIV et Versailles


Annoncé depuis plusieurs semaines, le documentaire-fiction Versailles, le rêve d’un roi a enfin été diffusé avant-hier sur France 2. Réalisé par Thierry Binisti (co-production Les films d'ici et France 2) durant l'été 2007, il retrace l'histoire de Louis XIV et, parallèlement, toutes les étapes de la construction du château de Versailles.
Spectacle magnifique, décors somptueux, rigueur des informations et des faits historiques, rien n'a manqué à ce film de télévision pour combler le spectateur le plus exigeant.
Il serait mesquin de juger le travail de la créatrice de costumes (Valérie Adda) dont nous ne pouvons que saluer l'excellent résultat, compte tenu des moyens mis à sa disposition. Les costumes royaux, entre autres, ont été reconstitués avec beaucoup de réalisme. Et l'acteur choisi pour incarner le roi, Samuel Theis – dont c'était le premier rôle à la télévision – nous a paru posséder la morphologie de l'illustre monarque. En effet, contrairement à une idée encore largement répandue, Louis XIV était grand, même très grand par rapport à ses contemporains. Il mesurait cinq pieds huit pouces, c'est-à-dire 1,84 m.
Les bijoux, les fameux bijoux du roi. C'est peut-être le seul aspect de ce docu-fiction qui nous a laissé sur notre faim. Tout au long des 90 minutes du film, le comédien qui incarne Louis XIV arbore sur son habit la même plaque de l'ordre du Saint-Esprit, comme si le souverain n'en changeait jamais, et la même épingle de cravate, en faux diamants. C'est trop peu pour illustrer le raffinement dont ce monarque a toujours fait preuve dans le choix de ses bijoux. Mais le plus surprenant, pour nous, a été de découvrir aux doigts de Samuel Theis pas moins de cinq bagues, assez anachroniques d'ailleurs. En réalité, Louis XIV n'en a jamais porté, il suffit d'observer la plupart de ses portraits. D'ailleurs, Saint-Simon le confirme dans ses Mémoires : "Il était toujours vêtu de couleur plus ou moins brune avec une légère broderie, jamais sur les tailles, quelquefois rien qu'un bouton d'or, quelquefois du velour noir. Toujours une veste de drap ou de satin rouge, ou bleue ou verte, fort brodée. Jamais de bague, et jamais de pierreries qu'à ses boucles de souliers, de jarretières, et de chapeau toujours bordé de pont d'Espagne avec un plumet blanc. Toujours le cordon bleu dessous, excepté des noces ou autres fêtes pareilles qu'il le portait par dessus, fort long avec pour huit ou dix millions de pierreries."
On sait que Louis XIV avait une passion pour les pierres précieuses. Il en a acheté pendant toute sa vie. L'inventaire de l'ensemble des diamants et pierreries de la couronne de France, en 1691, permet d'imaginer la splendeur et l'inestimable valeur de sa collection. Parmi ceux-ci, le Sancy, estimé 600 000 livres (qu'il portait généralement au chapeau), le Diamant Bleu, évalué 400 000 livres et le Grand Saphir, 40 000 livres, montés chacun sur un bâtonnet d'or émaillé, dont il se servait comme épingles pour fixer sa cravate de dentelles. Il possédait plusieurs parures de diamants, composées de centaine de boutons, de fleurons, de boutonnières, pour ses vestes et justaucorps, de crochets de joaillerie pour orner ses chapeaux, de boucles pour ses jarretières et ses chaussures. Enfin, le roi avait aussi plusieurs croix de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit dont il portait généralement deux exemplaires, l'un accroché sur le côté gauche de son justaucorps et l'autre suspendu à un cordon bleu qui lui barrait la poitrine. C'est sous son règne que ce type de décoration fut exécuté pour la première fois en joaillerie. Une de ces croix, fabriquée en 1663, était composée de 112 diamants, une autre, fournie en 1672, en comptait 120.